lundi 20 juin 2016

12 juillet 2014 Roger 3

Jérusalem le douze juillet deux mil quatorze à dix sept heures quarante cinq, heure israélienne.

AnneAnne,

As-tu vu le soleil ?
As-tu lu le soleil ?
Tu as vu Serge, Malie, Soraya, Djamchid, en mil neuf cent cinquante neuf.
Je n'ai jamais pris de photos. Ces photos ont été prises par Malie.
J'ai reçu en 1982 en cadeau un appareil photographique avec des films que l'on devait porter dans un magasin de développement qui, après une semaine, vous remettait contre remboursement les photos noir et blanc ou en couleurs.
Je n'avais jamais pris de photos de ma vie. J'ai commencé à en prendre pour cataloguer mes tableaux.
Je suis passé ensuite aux appareils numériques, mais comme je n'aime pas lire les notices, j'ai toujours des problèmes. De toutes les façons, je m'aperçois que de plus en plus, je ne fais pas de progrès pour comprendre les manipulations des appareils comme le téléphone, la machine pour faire travailler les objets de loin, ou mettre en marche le four électrique. Je sais encore changer une ampoule, mais j'ai peur de monter sur un tabouret depuis que j’avais failli me tuer, une fois, quand le tabouret avait glissé.

J'ai été très heureux à Shiraz, courant de concerts en répétitions, parlant avec les musiciens, me promenant avec Djamchid quand il n'était pas en train de répéter.
J'étais nourri, logé avec tous les billets gratuits, grâce à mon statut de chercheurs et à la gentillesse du Ministre de la Culture.
La ville était très belle. Je me sentais comme dans un paradis. J’avais lu dans mes livres d'enfants une description de ce pays.
Le temps est passé très vite. Le festival s'est terminé au bout de trois semaines. La fin du festival, comme toute fin, m'a traumatisé au point que je ne me souviens plus de mon retour vers Téhéran.
J'ai retrouvé Djamchid dans cette capitale. Il m'a amené au Souk, ce marché dont les marchands ont entretenu Khomeny, quand il habitait en France.
J'ai été choqué un jour. Djamchid m'a invité dans une maison de thé ; le serveur ne voulait pas me servir. Djamchid a du lui certifier que j'étais musulman, pour pouvoir boire cette boisson qui, en Iran, avec leurs gâteaux, avaient le goût de la nourriture imaginé du paradis.
Les glaces à l'amidon sont aussi une spécialité iranienne. Elles ont un parfum et une transparence angéliques.
J'ai été aussi invité dans un restaurant de cuisses de poulet. A cette époque, je mangeais encore de la viande. Nous mangions dans un jardin oriental. Nous étions servis comme des princes.
Nous avons repris la route pour revenir sur la Turquie. Après la frontière, ayant commencé la descente, nous avons eu un accident. Après avoir glissé sur du gravier, la moto nous a projetés sur le bas-côté.

J'ai souvent pensé que cet accident a été provoqué par ma tristesse de quitter la Perse.
AnneAnne,
Je rependrai tout à l'heure le récit et la description de mon état et celui de Serge après cet accident.
Porte-toi bien. Quand je pense à toi, souvent je te souhaite dans mon cœur, le retour de toutes tes forces et de ta santé.
Je n'ai pas encore commencé ma cure d'argile verte.
Amitiés. Il fait très chaud aujourd'hui. Mon amitié aussi. Et encore plus.

Ychaï.


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