lundi 20 juin 2016

27 juin 2014 Roger 2

Jérusalem, le vingt sept juin deux mil quatorze à seize heures, heure israélienne.

Reprise

Anne Anne,

J'espère que tu vas bien, que le changement a soulagé ton épaule ?

Cette exposition a pris mon énergie et je n'ai pas pu écrire. J'ai démonté le tableau mardi. Je me suis reposé. A présent je constate combien il est difficile de reprendre les fils.
Je reprends l'histoire du voyage en Iran sur l'autoroute en Yougoslavie. Voyage durant lequel nous avions presque failli mourir.
Nous étions bloqués à la frontière entre la Yougoslavie et la Bulgarie, les autorités bulgares ne nous laissant pas entrer pour je ne sais quelle raison. Je n'était pas le seul dans cette situation, un motard australien qui faisait le tour du monde (sa moto était un moto neuve et puissante) et des français en « deux chevaux », avaient également été arrêtés pour les mêmes raisons obscures.
Après des heures d'attente, une jeune fille qui délivrait les visas et à qui je plaisais, me fit comprendre que j'aurais la permission d'entrer dans le pays avec ma carte d'artiste à condition de traverser le pays sans y passer la nuit, ni le visiter.
Je profitai de cette ouverture miraculeuse, pour créer un groupe d'artistes composé de ce motard australien et de ces français qui ont ainsi pu profiter de cette aubaine.
Nous avons commencé à rouler ensemble sur la route menant à la capitale, quand j'entendis le bruit d'un hélicoptère qui nous survolait et qui surveillait si nous suivions les consignes.
J’étais enthousiaste à l’idée d’aller en Iran, de rencontrer Djamchid Chémirani et d'entendre, de voir les programmes du Festival. J'ai donc réussi en communiquant cet enthousiasme à convaincre ces personnes dont je ne me souviens pas les noms, de continuer le voyage pour assister au festival de Persépolis.
Après la sortie de Bulgarie et l'entrée en Turquie, les français continuèrent leur chemin. Le motard australien resta avec nous. J'ai gardé une photo où il est assis sur sa moto.
Nous avions eu le droit de nous arrêter pour nous restaurer dans un café de la capitale. J'ai pu constater en demandant des renseignements dans la rue pour trouver un café restaurant, combien les gens avaient peur de parler à des étrangers à cause de la police politique.
Le pays était très pauvre. J'ai pu observer, dans cette traversée rapide, la différence de richesse marquante entre les pays que nous avions traversés. Parmi ces pays, la Bulgarie a été à mes yeux, le pays le plus pauvre mais aussi le plus opprimé dans ce régime communiste.
J'avais connu et vu la pauvreté lors de mes séjours en Hongrie, venant de Paris, où l'abondance des grands magasins nous avait fait oublier le manque.
En faisant les courses dans les petites épiceries avec mon amie Zsuzsi (prononcer « Jougi »), la femme de Miki Erdely, j'ai vu que l'on pouvait acheter quelques pommes de terre, moins qu’un kilo, ainsi que seulement cent grammes de café.
Les hongrois et moi, aimions beaucoup les « expressos ». Le café venait de Cuba, était, à l'époque des années soixante six, meilleur qu'en France.
Dans cet établissement bulgare, le café était moins bon, pour ne pas écrire « dégueulasse », que les « expressos » hongrois. Il n'y avait presque rien à manger.
C'était un endroit où il fallait se servir soi-même, sous surveillance rapprochée, payer à une caissière qui vérifiait très soigneusement le peu d'argent bulgare que l'on nous avait permis de changer. Choqués par cette ambiance, nous avons écourté cette pause et sommes repartis, toujours escortés par cet hélicoptère qui ne nous a quitté qu'à la frontière turque.
J'ai gardé un mauvais souvenir de la Bulgarie. J'avais connu comment était la vie pendant le pouvoir communiste en Hongrie, pays pauvre mais apparemment plus riche que la Bulgarie.
Nous étions heureux de passer en Turquie. A un kilomètre de distance, la vie était différente.

AnneAnne,
En me relisant, j'ai l'impression que mon courriel d'aujourd'hui n'a pas beaucoup d'humour.
Pour recharger la batterie du rire et du sourire, je vais faire une sieste.
La dure chaleur est arrivée hier et s'accentuera demain. Mon propriétaire a fait installer des conditionneurs d'air mais je ne sais pas me servir des manettes automatiques. J'ai recours aux ventilateurs de plafond qui me rappellent les films sur l'Afrique, surtout celui avec Bogart qui se passe à Casablanca. Pour l'instant, je ne me souviens pas du titre de ce film.
Ma chère AnneAnne,
Où en est l'installation des batteries électroniques de campagne pour Internet ?
Quand aurai-je le plaisir de te lire et d'avoir de tes bonnes nouvelles ?
Mes amitiés profondes et chaleureuses.

Ychaï.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire