Anne Anne,
Je te vois en imagination charger le matériel informatique dans ta
voiture, en ne sachant où elle va.
J'ai retrouvé les cinq panneaux que je pensais avoir perdus dans
le transport. Avec deux jeunes amis (les amis de deux danseuses eurythmiques),
nous avons fini d’installer sur le mur de la salle de sport le grand tableau.
C'est pourquoi je suis fatigué.
Attendre ce soir « pour ne pas laisser passer un jour sans
t’écrire ». J'aime cette formule.
Je t'envoie en pièce jointe, un texte que j'ai écrit en deux mil
onze un peu avant mon anniversaire (soixante dix ans). J'avais organisé dans le
studio une exposition avec mes textes.
Porte-toi bien ! As-tu fait un bon voyage ? Salomé est-elle avec
vous?
A bientôt !
A tout à l'heure !
Pour l'instant, reçois l'assurance de mon amitié vraiment sincère
et tout à fait chaleureuse entourée de fils qui pendent partout.
Ychaï
P.S. : Un choix pour que tu puisses ouvrir le texte…
Roger Bénichou-Ychai
Les oiseaux dans l’aquarium
Entre le ciel et la terre
Entre le bleu et le noir
Voler contre l’angoisse du gouffre
Être acrobate contre la pesanteur du monde
Se voir
(Un oiseau avec une patte accrochée)
Provoquer le vide
Un cri vers l’affection
Vivre du danger
Le silence de l’abîme
Un voyage silencieux
Mon père préoccupé
Du devoir de m’emmener
Moi oiseau plein de vie
Vers cette morne prison
Palmiers qui jalonnent une route que je découvre
« Regards questions » (sans réponses) vers mon père
Mon souffle qui s'arrête d’imaginer
Un destin qui se brise
Le souffle du vent
De quelle saison
Route longue inconnue
Coincée dans ma gorge
Horizon d’une fin sombre
Beaux paysages passés
Sur l’écran obscur de ma mémoire
Traversée sans fin
A travers une montagne enchantée
De nouvelles odeurs rendent
L’arrivée inconnue moins horrible
De verts africains senteurs de « palmiers dattiers »
Souvenirs brefs qui chantent avant les hurlements silencieux
D'un enfant détruit de chimie de chocs d'éclairs
Le chant enfoncé dans la gorge du silence
Seuls les yeux vivant malgré
Appellent l'autre à la rencontre
Union pour sortir de soi
Enfermé dans la volière
Les ailes coupées allongé sur un « noir marron »
Ecouteurs sans musique sur une tête tétanisée
Barbarie idolâtre effaçant les fées de l’enfance
(Enfant vendu au Baal Moloch)
Ignorant le vrai chant de la caverne et
Les peintures plus anciennes sur les parois maternelles
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