Jérusalem le vingt
neuf mai deux mil quatorze à quatorze heures vingt cinq, heure israélienne.
AnneAnne,
Je t'avais
écrit, sur des possibilités autres de correspondre, pour te fatiguer moins.
Trouver un
logiciel qui transcrive sur l'ordinateur ce que tu lui dictes ?
Parler par Skype,
si tu désires aussi transformer la relation d'écriture en conversation.
J'ai pensé à
ces possibilités pour que nous puissions continuer à filer et à tisser, en t’évitant
les douleurs.
Je t'avais écrit,
comment, après une fatigue extrême provoquée par une erreur de diagnostic et
une prescription de médicaments qui ne me convenait pas, j'ai réussi, malgré
ces inconvénients, à retrouver mes forces.
Je continue à
me faire soigner à l’aide de médecines douces. Je sens les effets et les
différences avec les traitements chimiques.
Peut-être ces
traitements pourraient soulager tes douleurs. En particulier, je pense au
shiatsu.
Le shiatsu, littéralement
« pression des doigts », est une technique de thérapie manuelle d'origine japonaise, inspirée du
massage chinois, qui utilise des pressions verticales (baro stimulations),
réalisées à l'aide des pouces principalement, parfois avec les
autres doigts ou les paumes des mains sur l'ensemble
du corps humain, en référence aux connaissances de la médecine traditionnelle
japonaise (dont les bases sont identiques à celle de la médecine
chinoise) ou aux connaissances de l'anatomie / physiologie
moderne, afin de traiter différents troubles fonctionnels, voire organiques
spécifiques, et en tant que médecine préventive.
Les origines
Le mot shiatsu est apparu au début du vingtième siècle. À la fin du dix neuvième siècle, au Japon, de nombreuses techniques
manuelles souvent issues de Chine survivaient au Japon sous différentes
appellations, entre les mains de praticiens souvent isolés. Le terme de shiatsu
fut utilisé la première fois au Japon, en mil neuf cent
vingt,
par Tenpeki Tamai, auteur du livre Thérapie par pression des doigts (Shi-atsu). Il est le fruit de la rencontre entre le anma
(massage traditionnel) et la chiropractie importée de l'Occident. Ce terme
nouveau fut déposé en mil
neuf cent trente neuf. Mais la première clinique de shiatsu fut ouverte à Muroran (Hokkaido) dès mil neuf
cent vingt cinq. Devant la pléthore de courants divers, aux contenus par trop
disparates, l'État japonais dût légiférer.
Tokujirō Namikoshi qui avait publié
dès mil neuf cent
trente quatre un article sur Physiologie
et shiatsu ouvre également
son premier cabinet de shiatsu, en mil
neuf cebt quarante. Mais l'avenir de ces techniques s'est trouvé bouleversé par la Seconde Guerre mondiale et l'occupation
américaine, qui va de force imposer le système médical occidental
au Japon en créant un pont commercial entre le Japon et l'Occident, notamment
pour isoler le Japon de l'influence chinoise. Cette question est d'importance
pour qui veut comprendre l'évolution du système médical dans ce pays.
En mil
neuf cent quarante sept, alors que la médecine occidentale se développe et
concurrence à présent très largement les pratiques d'origine chinoise ou
locales, le gouvernement japonais, dans sa vingt deuxième session de la Diète du Japon, va délibérer
sur l'avenir et la légalité des médecines traditionnelles telles que l’anma (incluant
massage et shiatsu), acupuncture, moxa, pharmacopée
chinoise et autres techniques. C'est ainsi que fut créé un diplôme d’État pour
pratiquer l’anma traditionnel japonais. Le terme
de shiatsu a été à l’origine inventé pour
pratiquer l’anmas sans le
diplôme d’État. Tokujirō Namikoshi et son fils Tōru Namikoshi Namikoshi
Tōrufurent les premiers à obtenir pour leur école la licence officielle
du ministère de la Santé au Japon en mil neuf cent
cinquante cinq.
Sa réputation a été grandement facilitée
par le fait qu'il a eu l'occasion de traiter Marilyn Monroe lors d'un déplacement de l'actrice au
Japon. Cela a très largement contribué à sa popularité et sa présence dans les
médias naissantes. Et cette aura ne le quitta plus. Le shiatsu, devenu
populaire, le nom anma est
dès lors pratiquement réservé au Japon aux techniques spécifiques de maîtres ou
de thérapeutes non diplômés d'État, tentant de faire survivre leur école, ainsi
qu’à certains types de modelages en institut de beauté.
Le shiatsu est une des huit approches
alternatives désignées, dans la résolution A4-0075/97 du Parlement européen votée le vingt neuf mai mil neuf cent quatre
vingt dix sept, comme « médecine non conventionnelle digne d’intérêt».
AnneAnne,
Je ne fais pas
de propagande, je te fais part de mon expérience.
Ni ne veux
donner de conseils, je voudrais soulager un peu tes douleurs.
À partir des
quelques mots que tu écris sur tes relations avec L., je te fais parvenir le
lien d'une conférence que j’ai écouté plusieurs fois et m'a éclairé sur les
différences entre les relations de couples et l'intime.
C'est une
manière oblique, d'essayer de te faire partager, dans tous les sens de ce mot,
de te faire sentir, avec délicatesse les pensées qui me préoccupent en lisant
tes mails.
Une manière
oblique d'une amitié attentive, à l'écoute, à la lecture de tes courriels.
Je connais Dadou
depuis cinquante trois ans, André Hajdu depuis cinquante sept ans. Je ne m'en
aperçois que maintenant, en travaillant sur mes archives.
J’avance dans
cette recherche et en ressens les effets positifs par une clarté (chronologique).
J'ai rencontré hier, en fin d'après-midi dans notre café
d'été, qui s'appelle le « Café avec Jardin » et se trouve dans cette rue, déjà
citée, rue de « la Maison du Pain », rue ancienne que j'aime et que j'arpente
tous les jours. En hébreu « derech » se traduit plutôt par boulevard.
André m'a raconté son voyage et sa rencontre avec la
famille de Dadou, dans la chambre mortuaire et plus tard chez eux.
Dans ma recherche de construire avec élégance des
relations tissées avec finesse, je n'ai pas voulu selon ce que j'ai compris de
tes premiers courriels, répondre d'une manière frontale (ayant appris la
justesse de ce comportement des conférences de François Julien). J'ai réagi à
tes questions silencieusement. Je fais semblant de ne pas avoir de questions à
te poser.
J'ai l'impression d'écrire mes histoires, sentant et
sachant une réciprocité vivante. Je voulais te faire rire.
J'ai reçu d'autres petits courriels de Clara, mais je
n'ai pas réussi à lui parler par téléphone.
La photo du grand collage que je t'ai envoyée est floue.
Je t'enverrai une autre plus nette.
Si cela t’intéresse, je chercherai les adresses des sites
où j'ai mis un peu de mon travail.
J'ai relu des lettres. A ma grande surprise j'ai trouvé
une magnifique lettre. Dadou me l’avait écrite en mil neuf cent quatre vingt
un. J’étais déjà en Israël.
Je lui ai demandé souvent pourquoi il n'écrivait pas. Il
avait une exigence de vie, était un grand lecteur, mais comme Socrate, ne
voulait pas écrire.
Je ne peux me
souvenir exactement de son argumentation et ne veux pas en donner un récit non
exact, ces conversations datant de plus de quarante années.
J'ai eu l'idée, de rechercher dans mes archives « Google »
et de mettre sur discount key (disk on key), clef USB, les lettres que j'ai reçues et celles que j'ai envoyées.
Ces correspondances et ces courriels qui me semblent
importants, j’ai envie de les imprimer sur papier, pour avoir plus de
concentration dans ma lecture.
Je suis content de cette idée, mais je ne l’ai pas
réalisée.
Tout ce projet me donne de l'énergie.
Au sujet du zen et de ta
réaction :
Après ma séparation avec
Frédérique H. (je dois rechercher l'année exacte), la douleur était tellement
extrême, je suis devenu moine zen. Cette discipline a fait beaucoup de bien à
mon dos qui souffrait, non pas de la séparation, mais de mon jeu sur la
guitare.
Mon professeur, comme beaucoup
de professeurs de musique, ne savait pas que l'on joue avec son corps.
Je pensais être à la recherche
d'un accomplissement spirituel.
Je pense à l’heure actuelle que
la douleur de la séparation vient d’un endroit plus profond. Le premier acte
d’expulsion du ventre de sa mère. Je ne sais pas et ne pense pas que toutes les
disciplines spirituelles ou les analyses psychologiques peuvent aider à
résoudre cette énigme. Elles aident à la supporter.
François Julien, m'aide beaucoup à la clarification.
C'est un esprit aigu et profond.
Depuis deux semaines, je n'arrive pas à écouter d’autres
conférenciers. Pour me reposer des mots et des discours, j'écoute du G. Kurtag
sur « Youtube ». Kurtag, avec Ligeti, décédé depuis plusieurs années,
sont des amis d'André Hajdu. Leur rencontre date de l'époque où ils faisaient
leurs études au conservatoire de Budapest.
G. Kurtag vit avec sa femme Marta et son fils, également
musicien, en France. Le couple a donné un concert à la Cité de la Musique en deux
mil douze. Un piano droit sur la scène, ils jouaient à quatre mains, et de
temps en temps chacun seul, des transcriptions de Bach, faites par Kurtag et ses
compositions personnelles.
Je suis sorti transfiguré de cette écoute.
À bientôt, très bientôt.
Ne te fatigue pas à me répondre. Deux mots suffisent pour
rassurer mon amitié.
Une amitié sincère et attentive à toi.
Ychaï.
P.S.
Je me suis beaucoup intéressé aux musiques orientales et
aux spiritualités, en y entrant et en y ressortant, la posture zen que j'ai
reprise, m'aide à retrouver un calme que j’ai perdu en ayant repris, un peu
exagérément, l’habitude de boire du café.
Je m’assois, me mets sur deux canaux, le canal ANPR et le
canal de ma folie personnelle qui souffre avec la folie du monde.
Tous ces mouvements, ces moments, me donne le grand désir
de rentrer en moi, de la meilleure manière possible.
Attendre.
F. Julien dans sa conférence sur le mariage m'a fait
comprendre le pourquoi de mon attente.
Comment écrire pour se faire comprendre entièrement. Ne
pas laisser de brèches aux fausses interprétations, mais aux vrais commentaires
(nous savons aussi comment taire).
Je t'ai écrit antérieurement les paroles de Suzanne, ma
thérapeute homéopathique.
Première année : « Vous n'êtes pas né ! »
Deuxième année : « Vous êtes né ! »
Troisième année : « Vous êtes dans l'utérus entouré
de miroirs. Vous ne savez pas établir de communications. »
T. G. n'est pas d'accord avec cette interprétation.
Je n'ai pas encore compris ce qu’André Hajdu en pense.
Je commence à me chauffer et à ouvrir les vannes… Ha
ha ha !
Amitiés vigilantes, aiguës et affectueuses.
Ychaï
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