lundi 20 juin 2016

12 juin 2014 Roger

Jérusalem le douze juin deux mil quatorze à vingt heures quarante cinq, heure israélienne.

AnneAnne,
J'espère que tu vas bien ! (Point d'exclamation d'assertion).
Pas seulement l'espoir mais encore plus.
Une journée très remplie où je ne suis pas allé au studio.
Je voudrais continuer à écrire la suite de mes voyages.
Relisant mes courriels, je constate que j'ai voyagé pour l'amitié, pour l'amour et pour la musique, et non pour le tourisme.
Je me souviens des paysages que j'ai traversés. Au lieu de décrire les paysages, j'ai raconté les côtés anecdotiques de ces voyages.
 Ma vie aussi tourne autour de ces pôles.
Me souvenir des gens et moins des environnements.
Mes voyages seraient-ils la recherche de la Rencontre ?

Se coucher tôt ces derniers temps, et dormir plus longtemps, me permet de constater un retour des rêves.
Il ne me reste que la sensation du rêve, mais pas assez pour pouvoir le raconter.
J'aurais voulu raconter les petits voyages avant d'aborder le grand voyage en Iran.

Rencontre avec Pierre M.
Dans un de mes séjours à Paris où je préparais le dossier d'un film à soumettre à la commission d'avances sur recettes, je me trouvais dans une petite poste du treizième arrondissement dans une file d'attente. Devant moi, se tenait un grand homme avec des cheveux très longs, qui tenait dans sa main cette même enveloppe pour les dépôts de film à soumettre.
Surmontant ma timidité et encouragé par la coïncidence de cet évènement, je lui adressai la parole. Après avoir fini les opérations au guichet, il m'invita chez lui pour discuter autour d'un café.
Cette rencontre s’est transformée en une relation amicale, à tel point que je suis devenu le parrain de sa fille, Adèle.
Nous avons écrit des scénarios de film, dont un sur l'art dans la préhistoire nommé « Naissance de l’Art ». Ce scénario nous a été payé mais ne s'est pas réalisé.
Pierre M. m'a invité à voyager avec eux à Malte et à Gozo. Il est l'ami du fils cadet, dont le métier est psychanalyste, de Stéphane Hessel. L’autre fils, Antoine, nous a également rejoints avec sa famille. Ce dernier est devenu un ami ainsi que mon cardiologue. A chacun de mes voyages à Paris, je lui fais une petite visite.
J'ai peint quelques gouaches, des paysages, au cours de ce séjour à Gozo. Il est rare que je peigne des paysages.
Je développerai plus tard, peut – être, la continuation de l'histoire de mon amitié avec Pierre, de sa compagne, Sylvie G., psychanalyste, et de leur fille Adèle. Sylvie est également devenue une grande amie avec qui je parle énormément. Pierre étant un peu sourd, et autoritaire comme beaucoup de sourds, la conversation avec Sylvie est plus agréable.
J'ai passé beaucoup de mes séjours chez eux, 5 allée Marc Chagall, 75013 Paris.
Adèle a quatorze ans. J'ai été son baby-sitter presque professionnel. Pour la faire manger, je l'hypnotisais avec le film de « Bambi ». Comme je ne savais que faire pour nettoyer la fin du tube digestif, je l'emmenais à la salle de bain sous mon bras et de l'autre bras, je passais le pommeau de la douche sur ses fesses jusqu'au moment où j'estimais qu'elle était propre.
Adèle adorait ce jeu et ne pleurait jamais avec moi.
J'ai gardé Adèle pendant un mois, Pierre étant parti déterrer le tombeau d'un roi en Mongolie. Pierre est originellement archéologue.
Les paysages de Gozo et de Malte sont très beaux, la langue est curieuse, les habitants sont très religieux.

Nous avons pu assister aux processions où La Vierge se promène dans les rues avec orchestres et danses.

A tout à l'heure, la suite, si je me réveille vers le milieu de la nuit pour écouter Paul Ricoeur et Serge Leclaire parlant de psychanalyse dans les nuits de Philippe Garbit à France Culture.

Comment écrire sans mots, mes pensées vers toi et l'attente de lire juste quelques mots, quelques mots qui ne fatigueront pas ton épaule.
Pour l'amitié. La vraie.

Ychaï.

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