lundi 20 juin 2016

11 juin 2014 Roger

Jérusalem le onze juin deux mil quatorze à vingt et une heure quarante neuf, heure israélienne.

J'écris ton nom avec la même fraîcheur que la première fois.

AnneAnne,

J'ai l'impression de ne pas t'avoir écrit ces deux derniers jours. Je n'ai pas de raisons, si ce n'est que je prévois de me réveiller en pleine nuit, me couchant tôt pour pouvoir me lever vers deux heures, mais je m'aperçois que la nuit est passée et que je n'ai pas réussi à me lever.
Je papillonne entre quelques heures de peinture au studio, les rangements d'archives avec une petite baisse d'énergie, une leçon de guitare donnée à une danseur eurythmique de troisième année qui est aussi flûtiste (flûte traversière) mardi, des marches pour faire baisser le cholestérol, un soin de médecine non conventionnelle (heureusement), un peu de guitare car j'ai du improviser mardi avec Meir qui joue aussi de la flûte indienne et du violoncelle (style New Age ancien américain des années de Woodstock), un concert d'une élève de la classe de composition d'André (élève très douée et sympathique), un peu de méditation pour être moins triste, un peu de cuisine avant de donner le cours à Gilead le danseur, un aller retour au centre ville pour acheter de la couleur (acrylique pour essayer sur les grandes surfaces de la fresque), etc…
Ce ne voulait être qu'un préambule à une histoire d'un voyage et entre temps, mon idée s'est transformée en une liste des instruments que j'ai appris :
A neuf ans, le violon un quart est devenu un peu plus grand : le violon demi. Comme tu sais il y a quatre tailles de violon.

(Tout comme les tailles de chemises S, LS, L, petite taille, grande taille, pour mes chemises L, quarante et un ou quarante deux).

Vers douze ans, j’ai eu ma première guitare. Ma première professeur, très gentille, était la femme d'un clown qui avait pris sa retraite et vivait dans une loge de concierge.
 Elle m'enseignait dans la soupente de la loge. J'aimais apprendre avec elle dans cet endroit.
A Strasbourg, mon professeur de guitare s'appelait Fernandez Lavie. (Mil neuf cent cinquante six.)
En mil neuf cent cinquante sept. A Paris, j’ai étudié à l'école Paul Beuscher, boulevard Beaumarchais, des cours de Jazz.
En mil neuf cent cinquante huit, je passe à la Schola Cantorum avec Ida Presti et Alexandre Lagoya.

J'ai passé un an à apprendre le cor d'harmonie avec Monsieur Devemy, au Conservatoire National de Paris.

Quand je rentre à l'Ecole des Hautes Etudes, je rencontre le professeur Tran Van Khé. Il m'enseigna dans l'Ecole de Musique Orientale qu'il avait créée, le Dan Tranh, cithare sur table. M'étant intéressé à un instrument chinois, le Pipa, j'ai étudié avec Monsieur Tcheng, la technique de la main droite de cet instrument de la famille luth – guitare m'ayant fasciné.

Le moment le plus important de mon séjour dans cette école fut la rencontre avec Djamchid Chemirani. Il m'a enseigné le Zarb (en persan « rythme »), tambour en forme de calice nommé aussi Dom Bak qui sont les onomatopées des deux premiers sons que l'on joue sur la peau de chèvre,  « dom » le son grave et « bak » le son aigu.
Pour arrêter de fumer, j'ai appris le hautbois après avoir vécu quelques années en Israël.

J'ai aussi appris à chanter avec un professeur qui habitait rue de Rome dans mes premières années de ma vie à Paris.
J'ai passé aussi des années dans l'appartement d'une vieille fille très charmante et sévère, qui m'enseignait à lire dans toutes les clés, ainsi que l'harmonie.

J'ai aussi chanté dans plusieurs chorales. Les détails me reviendront peu à peu et je détaillerai plus tard.
Si je me souviens bien, j'ai aussi pris quelques cours de piano.
Il est possible que dans cette liste, j'oublie d'autres instruments ou activités musicales.
Je voulais faire une liste sèche mais je me suis laissé emporter et j'ai mélangé instruments, professeurs et lieux. Encore mon refus de l'ordre.

AnneAnne,
Comme il est difficile de tout vouloir dire !
Par ton silence, je comprends que ton regard se porte sur le lointain de ta campagne.
Je ne me souviens plus si Salomé est toujours avec toi ou est repartie en ville.
Je suis curieux de lire sa critique sur le livre des BB qui fut refusé par les éditions Actes Sud et d'autres. Pour l'instant, j'ai abandonné la recherche d'éditeurs pour ce petit livre.

AnneAnne,

Mes yeux pleurent sur l'écran et je te souhaite une très bonne nuit.

Ychaï



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