dimanche 19 juin 2016

1er mai 2014 Roger 3

Anne,  Anne Anne
C'est comme un grand souffle, un grand cri…

Jérusalem, le premier mai deux mil quatorze à vingt deux heures trente.

Aujourd'hui, découverte de deux oisillons sur mon balcon, sous une petite table sur laquelle, il y a des pots de fleurs. Depuis plus d'une semaine, quand je sortais sur mon balcon, un pigeon s’envolait dans un grand bruit d'ailes, j'avais remarqué qu'il sortait de dessous cette petite  table et j'avais essayé de lui barrer cette route. Je pensais qu'il se reposait.
Ce matin, je l'ai entendu et vu s'envoler d'un autre endroit, le passage entre le garde-fou et le sol.
Je me suis étendu sur le sol pour voir sous cette table et j'ai vu ces deux oisillons sans plumes, j'ai assez content de les héberger.
En parlant de cela avec ma photo thérapeute, avec qui j'avais rendez-vous à quatorze heures, elle m'a conseillé de leur préparer un repas. J'ai mis dans deux soucoupes du quinoa, des graines de lin, du riz long, du chia (une graine qui me sert à faire baisser mon cholestérol), et un petit pot d’eau. Demain matin, je regarderai s'ils ont touché à mon offrande.

J'ouvre un nouveau fil :
Le fil des emplois. 
Je ne commence pas chronologiquement, mais par un emploi qui n'a pas duré longtemps, homme de ménage – bedeau, dans une synagogue qui se trouve dans un vieux quartier de la nouvelle ville.
Je ne sais pas comment est arrivé cet emploi de bedeau nettoyeur, mais avec ma rigueur et ma volonté d'aller jusqu'au bout, j'ai du faire la guerre à des souris qui s'étaient installées dans l'Armoire Sacrée, où sont gardés les rouleaux de la Torah.
La Torah étant le « Super Livre » des lois et des histoires du peuple juif.
En plus de tout le travail ménager, par exemple : aspirer les tapis rouges et les poussières de tabac à priser.
Ce travail en a amené un autre, mes capacités d'homme de ménage ayant été reconnues par un milliardaire sud-africain, qui m'a engagé pour son appartement de trois cent mètres carrés, situé dans une tour à côté de ce petit village qui datait de soixante ans, ce qui très vieux pour la nouvelle ville.
Je t'écris cet épisode pour chauffer la mémoire de mes essais d'intégration dans le monde du travail.

Je reprends rapidement le fil d'amis.
J'ai eu rendez-vous avec André H., dans notre café d'été, je devais le rencontrer à vingt heures trente. J'ai eu quelques minutes de retard, ce qui m'est inhabituel, étant toujours en avance par angoisse. Après la prise de contact, l’écoute de nos nouvelles, santé et activités, lui, parlant de sa composition musicale et moi de ma fresque en route. Je l'ai questionné sur Femia et Anglet, le lieu de la colonie de vacances où je l'avais rencontré en mil neuf cent cinquante neuf. Il a été tellement passionné par ce sujet qu'il a presque oublié un rendez-vous.
C'était ma tactique pour préciser les dates et les époques, André H. ayant une mémoire exceptionnelle, il s'est accaparé le sujet. Cela me rendait service car nous avons fait beaucoup de routes communes et cela me donnait des indications plus précises.
Quel fait, quelle année, j'espère m'en souvenir pour être plus précis.
Penser à  ajouter ce fil des emplois m'enchante, car, il a fait surgir des souvenirs que je pensais avoir oubliés. Cela me donne plus d'assurance.

Je peux combler les trous dans mes énumérations que j'essaye chronologiques, sur ta demande.
Mil neuf cent cinquante neuf et mil neuf cent soixante, colonies de vacances de Tante Ida à Anglet.
En mil neuf cent cinquante neuf, je venais d'Oran où j'avais passé presque un an à tenter de poursuivre des études.
Après deux mois de vacances avec André H., je suis retourné à Oran, avec l'intention de ne pas y rester mais de trouver le moyen de retourner à Paris.
En mil neuf cent soixante, avec l'argent que mon voisin du deuxième étage de la rue Pélissier, avec qui j’avais recollé les billets déchirés par sa mère, j'ai réussi à m'acheter le billet de bateau, toujours le même, le « Ville d'Oran » allant à Marseille et de prendre mon billet de train avec l'argent que m'avait envoyé André H.
Je ne me souviens plus où j'ai dormi les premières nuits.
Ma sœur était arrivée à Paris avec ma cousine Denise K. Elles habitaient l'Hôtel Studia, soixante huit boulevard Saint-Germain. Le propriétaire était un vietnamien venu s'installer en France à la fin de la colonisation.
Je vais passer sur mon « Libre Office Writer ».

A tout à l'heure.

Ychaï pour le moment



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire