Anne, Anne
Anne
C'est
comme un grand souffle, un grand cri…
Jérusalem,
le premier mai deux mil quatorze à vingt deux heures trente.
Aujourd'hui,
découverte de deux oisillons sur mon balcon, sous une petite table sur laquelle, il y a des pots de fleurs.
Depuis plus d'une semaine, quand je sortais sur mon balcon, un pigeon
s’envolait dans un grand bruit d'ailes, j'avais remarqué qu'il sortait de
dessous cette petite table et j'avais essayé de lui barrer cette route. Je
pensais qu'il se reposait.
Ce
matin, je l'ai entendu et vu s'envoler d'un autre endroit, le passage entre le
garde-fou et le sol.
Je
me suis étendu sur le sol pour voir sous cette table et j'ai vu ces deux
oisillons sans plumes, j'ai assez content de les héberger.
En
parlant de cela avec ma photo thérapeute, avec qui j'avais rendez-vous à
quatorze heures, elle m'a conseillé de leur préparer un repas. J'ai mis dans
deux soucoupes du quinoa, des graines de lin, du riz long, du chia (une graine
qui me sert à faire baisser mon cholestérol), et un petit pot d’eau. Demain
matin, je regarderai s'ils ont touché à mon offrande.
J'ouvre
un nouveau fil :
Le
fil des emplois.
Je
ne commence pas chronologiquement, mais par un emploi qui n'a pas duré
longtemps, homme de ménage – bedeau, dans une synagogue qui se trouve dans un
vieux quartier de la nouvelle ville.
Je
ne sais pas comment est arrivé cet emploi de bedeau nettoyeur, mais avec
ma rigueur et ma volonté d'aller jusqu'au bout, j'ai du faire la guerre à des
souris qui s'étaient installées dans l'Armoire Sacrée, où sont gardés les
rouleaux de la Torah.
La
Torah étant le « Super Livre » des lois et des histoires du peuple
juif.
En
plus de tout le travail ménager, par exemple : aspirer les tapis rouges et les
poussières de tabac à priser.
Ce
travail en a amené un autre, mes capacités d'homme de ménage ayant été reconnues
par un milliardaire sud-africain, qui m'a engagé pour son appartement de trois
cent mètres carrés, situé dans une tour à côté de ce petit village qui datait
de soixante ans, ce qui très vieux pour la nouvelle ville.
Je
t'écris cet épisode pour chauffer la mémoire de mes essais d'intégration dans
le monde du travail.
Je
reprends rapidement le fil d'amis.
J'ai
eu rendez-vous avec André H., dans notre café d'été, je devais le rencontrer à
vingt heures trente. J'ai eu quelques minutes de retard, ce qui m'est
inhabituel, étant toujours en avance par angoisse. Après la prise de contact, l’écoute
de nos nouvelles, santé et activités, lui, parlant de sa composition musicale et
moi de ma fresque en route. Je l'ai questionné sur Femia et Anglet, le lieu de
la colonie de vacances où je l'avais rencontré en mil neuf cent cinquante neuf.
Il a été tellement passionné par ce sujet qu'il a presque oublié un
rendez-vous.
C'était
ma tactique pour préciser les dates et les époques, André H. ayant une mémoire
exceptionnelle, il s'est accaparé le sujet. Cela me rendait service car nous
avons fait beaucoup de routes communes et cela me donnait des indications plus
précises.
Quel
fait, quelle année, j'espère m'en souvenir pour être plus précis.
Penser
à ajouter ce fil des emplois m'enchante, car, il a fait surgir des
souvenirs que je pensais avoir oubliés. Cela me donne plus d'assurance.
Je
peux combler les trous dans mes énumérations que j'essaye chronologiques, sur
ta demande.
Mil
neuf cent cinquante neuf et mil neuf cent soixante, colonies de vacances de
Tante Ida à Anglet.
En
mil neuf cent cinquante neuf, je venais d'Oran où j'avais passé presque un an à
tenter de poursuivre des études.
Après deux
mois de vacances avec André H., je suis retourné à Oran, avec l'intention de ne
pas y rester mais de trouver le moyen de retourner à Paris.
En
mil neuf cent soixante, avec l'argent que mon voisin du deuxième étage de la
rue Pélissier, avec qui j’avais recollé les billets déchirés par sa mère,
j'ai réussi à m'acheter le billet de bateau, toujours le même, le « Ville
d'Oran » allant à Marseille et de prendre mon billet de train avec
l'argent que m'avait envoyé André H.
Je
ne me souviens plus où j'ai dormi les premières nuits.
Ma sœur était arrivée à Paris avec ma
cousine Denise K. Elles habitaient l'Hôtel Studia, soixante huit boulevard
Saint-Germain. Le propriétaire était un vietnamien venu s'installer en France à la fin de la colonisation.
Je
vais passer sur mon « Libre Office Writer ».
A
tout à l'heure.
Ychaï
pour le moment
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