Jérusalem le premier mai deux mil quatorze à six heures
quarante cinq.
Anne, Anne,
Anne.
Suite d'essai de classification.
Je suis né à Oran, au numéro huit square du Souvenir le
vingt six août mil neuf cent quarante et un.
Je ne me souviens pas exactement de mes premières années,
ni de la crèche où l'on avait du me placer.
J'ai commencé et terminé mes études élémentaires, jusqu'en
sixième.
Je me souviens d'un de mes instituteurs, Monsieur Pomey.
J'ai l'impression que cette école élémentaire se trouvait
à côté du lycée Lamoricière.
J'ai suivi les deux premières classes dans ce lycée,
jusqu'à la cinquième, jusqu’à mon expulsion pour n'avoir pas accepté la
brutalité d’un surveillant (« pion », surnom qui était donné aux
étudiants plus âgés chargés de l'ordre interne).
Après cette expulsion injuste, mes parents m'ont envoyé
dans une école privée située à Sidi Bel-Abbés.
Je ne me souviens pas exactement si j'ai terminé l'année
scolaire dans ce genre de pénitencier pour enfants, ni de ce que j'ai pu
étudier.
Je suis retourné à Oran, où j'ai été « intégré », c'est
une façon d'écrire, dans une institution religieuse catholique, tenue par des
religieuses dont je ne me souviens pas, non plus, de quel ordre elles
appartenaient.
Je ne crois pas être resté très longtemps dans cette école
privée.
Je ne date pas ces dernières années, car je dois faire des
recherches.
L'année mil neuf cent cinquante cinq, j'ai passé trois
mois dans une clinique psychiatrique à Alger.
J'ai passé l'année mil neuf cent cinquante six à
Strasbourg, dans un pensionnat pour étudiants juifs et dans une école
d'apprentissage, l’ORT.
J'ai été renvoyé. Je suis arrivé à Paris pour continuer
des études dans une école d'apprentis située à Montreuil, toujours l’ORT.
Je logeais seul dans le dix-neuvième arrondissement.
Je pense que c'était l'année scolaire mil neuf cent
cinquante six – cinquante sept.
J'ai été aussi expulsé de cet établissement.
L'année mil neuf cent cinquante huit, je suis revenu à Oran,
sur les conseils d’André Hajdu, pour faire une année d'études dans une école
privée nommée le Cours Descartes. Les propriétaires avaient le même nom que
moi, Benichou.
Après avoir été renvoyé de l'école d'apprentis,
« l'ORT » (Organisation Reconstruction Travail), je suis devenu
heureux de mon indépendance. Je pouvais réaliser mon désir d'étudier la
musique, à Paris.
Cette ville représentait pour moi la capitale du monde
artistique.
J'ai cherché une école de musique pour continuer à
apprendre la guitare. Je me suis inscrit dans une école qui était située au
premier étage du magasin de musique, « Paul Beuscher », boulevard
Beaumarchais.
Après quelques mois, je me suis inscrit à la « Schola
Cantorum », rue Saint-Jacques. Le sixième arrondissement était le quartier
des étudiants. La « Schola Cantorum » était une école privée, en
dehors des institutions nationales, mais avait le niveau du Conservatoire
National de Musique.
J'y ai fini mes études musicales, puis j'y ai enseigné
plus tard.
En même temps que je suivais ces études de musique à la « Schola
Cantorum », je me suis inscrit à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes des Sciences
sociales, dans la section ethnomusicologie.
Voulant connaître l’ambiance du Conservatoire National,
j'ai étudié le cor d'harmonie au Conservatoire National de Paris. Il n’y avait
pas, à cette époque, de classe de guitare.
Mon professeur, Monsieur Devemy, était un homme très
gentil et très doux.
J'étais très fier d’être étudiant dans le cadre de cette
institution nationale, même en tant qu’élève privé.
Suite plus tard.
Anne, j'espère recevoir de tes nouvelles bientôt.
Toutes mes amitiés pour ce jour nouveau.
Ychaï
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