Jérusalem le trente avril deux mil quatorze. Une heure
une.
Clarifier les liens.
Anne, Anne Anne,
Je te lis avec beaucoup d'attention, dans une attente
jamais déçue, étonné à chaque courriel, de sentir à travers les lettres, les
consonnes et les voyelles, les mots, les phrases, une présence vivante, qui, de
courriel en courriel, s'approfondit.
Est-ce que, descendre dans la profondeur n'est-il pas la
découverte de l'infini en nous, le fond intérieur sans fin, la source invisible
qui sort de la montagne, que nous cherchons à exprimer et à communiquer ?
Nous nous écrivons, non pas par hasard, mais par appel, «
à ne pas rater »…
Ne pas laisser pas l'important. Le coup d’œil, le clin
d’œil qui reconnaît et sauve.
Je pense à ce regard rencontré par W. Jankelevitch, cerné
dans une place de Lyon, par des miliciens. Avec son angoisse, regardant autour
de lui, il a rencontré un regard et un clin d’œil qui lui indiquait une voie de
sortie. Ce clin d’œil lui a sauvé la vie.
L'écriture, adresse et adressée à l'autre, celui qui lit
et entend, écoute les mots, écoute en lisant.
Ma lecture de tes courriels est sensible, toujours (tous
les jours).
Sensible parce que je lis le texte avec un regard et une
pensée accueillante. Je ne cherche pas à découvrir. Je pose mon regard comme si
je posais ma main sur une couleur pour sentir la vibration. Ma main entend,
voit. La main qui prend et l’œil qui chasse se transforment en main qui caresse
et en œil qui admire.
Mon père, Albert Abraham, était orphelin, je n'ai pas
connu mes grands parents paternels.
Ils étaient quatre enfants. Georges, mon oncle préféré
était l’aîné, Adrien, Albert mon père, Marcelle.
Ils habitaient Oran.
Le mari de ma grand-mère maternelle, Aaron Sportes, est
mort à Verdun en mil neuf cent quatorze.
Ma grand-mère, Rosine né Saiman, a eu deux filles. Elle
jouait du piano et chantait la musique andalouse en s'accompagnant au Oud. Le
côté ethnologique (ladino judéo-espagnol) viendrait de ma grand-mère.
L’aînée, Rolande, a eu quatre enfants, trois filles et un
garçon. Elle s'est mariée jeune et son mari, Albert K., mort de maladie après
la naissance de mon cousin germain, Charly. Elle habitait Ain-Temouchent.
Ma grand-mère et ma tante Rolande étaient importantes pour
moi ainsi que mon oncle Georges. La famille de ma grand-mère était nombreuse.
Ma tante Nelly, avec qui j'ai gardé le contact, était plus
jeune que ma mère et s'occupait de moi. Mon coté musical (classique) viendrait
d'elle. Elle jouait du piano.
Elle a eu deux garçons, Michel et Louis. Louis a été et
est très proche de moi. Marié avec quatre enfants, musicien professionnel,
altiste.
J'ai d'autres cousins et cousines avec qui je suis moins
proche.
Ma tante Nelly et mon cousin Louis habitent Paris et
depuis plusieurs années, quand je voyage, je dors chez elle et chez Louis.
Quand je suis à Marseille, je dors dans l'appartement de
ma tante.
Ma tante Rolande habitait avec la troisième de ses filles,
Denise, avec qui j'avais jusqu'à ces dernières années des difficultés.
Ma tante est morte, il y a deux ans, presque arrivée à
l'âge de cent ans, son anniversaire et celui de Denise tombe deux jours avant
le mien.
Les amis.
André H., que j'ai rencontré à Paris, l'année scolaire mil
neuf cent cinquante six – cinquante sept.
André H. s'est marié en Israël, avec Ruth. Ruth est le nom
qu'elle a adopté en se convertissant au Judaïsme, non pas pour se marier mais
par conviction. Sa famille est protestante de souche alsacienne.
David (Dadou), qu'André H. a rencontré à Tunis, est arrivé
à Paris de Tunisie à l'indépendance de ce pays.
Loulou, cousin germain de Dadou, peintre, avec qui j'étais
très lié jusqu'en mil neuf cent soixante dix neuf, date de sa liaison avec
Frédérique H., avec qui il a eu un enfant, Oscar.
Frédérique H., une élève de guitare rencontrée dans mes
années de professorat à La Scola Cantorum , rue Saint Jacques à Paris, avec qui
j'ai vécu trois ans, rue des Blancs Manteaux et rue du Plâtre, dans le Marais,
et à Maisons – Laffitte. Avec qui j'ai failli me marier.
Lina, sœur de Dadou, avec qui j'étais très lié, morte il y
a plusieurs années de la maladie de la « vache folle ».
Sidi Lamine Diarra, grand ami malien, rencontré à
Montparnasse, au café « Le Sélect », notre lieu de rendez-vous pour
passer les soirées. Il est mort des suites de sa méningite mal soignée
lorsqu’il était enfant. J’étais aussi très proche de lui.
Miki Erdely, le père spirituel de André H. et de Hedi T.,
décédé. Ils ont vécu, avec sa femme Zsuzsi à Buda, rue Viragarok (rue des
Roses).
J'ai habité chez eux lors de mon premier voyage en Hongrie
en mil neuf cent soixante. J'ai reçu une bourse d'étude et étudié en mil neuf
cent soixante sept – soixante huit à l’Académie de Musique à Pest.
Le pays était encore communiste.
Ils ont eu deux enfants, Gyuri et Daniel avec lesquels je
suis en contact.
Hedi Tarjan, avec qui j'étais très lié, est morte il y a
quatre ans à Jérusalem.
Elle a vécu seule après la mort de sa mère. Il n'avait
personne pour s'occuper de ses affaires. André H. et moi, nous nous sommes
occupés de vider son appartement. Je me suis occupé pendant quatre ans de
répertorier, classer ses œuvres. Nous avons pu, André H. et moi, les envoyer
dans un musée à Székechféhervar, la ville des anciens rois de Hongrie, à
soixante kilomètres de Budapest.
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