Essai de reprise du voyage en Iran.
Jérusalem le onze juillet deux mil
quatorze à quinze heures cinquante.
AnneAnne,
Merci pour ton mail. Te lire, c'est voir
des lueurs.
Shiraz,
Nous avons été accueillis par Djamchid,
heureux et étonné de me retrouver.
Il nous a aidé à nous installer à la
cité universitaire où tous les participants au festival étaient hébergés. Nous
avions, Serge, moi et l'australien, chacun sa chambre à soi.
Il est cinq heures et je n'arrive pas à
démarrer le voyage.
J'ai appris qu'il faut descendre deux
étages. J'habite sous le toit qui est une terrasse. L'abri est loin. Attendre
dix minutes après l'alerte et remonter.
Les escaliers ne s'écroulent pas.
Folies, disproportions…
Shiraz est une ville où tout est fleurs,
roses, jasmins, hortensias.
Les cafés sont des jardins. La cité où
nous habitons est moderne, grande et agréable. Chaque fois que je prends la
moto, je trouve une personne qui me hèle pour que je la dépose quelque part.
C'est ainsi que j'ai rencontré Soraya et Mali.
Soraya est restée avec moi. Elle a dormi
dans ma chambre deux nuits. Elle a du partir ensuite, son mari lui avait envoyé
ses gardes du corps. Elle était proche du Chah.
Je n'ai pas été inquiété. Je t'ai envoyé
sa photo il y a quelques courriels.
Mali qui s’appelle maintenant Malie
Létrange, Létrange est son vrai nom, est toujours une amie qui m'a beaucoup
écrit et est venu me visiter une fois ici.
Tous les musiciens habitaient cette
cité. La nuit, l'orchestre gamelan de Bali, étant sous décalage horaire, répétait
leur répertoire, jusqu’à ce que les plaintes affluent et qu'à mon grand regret,
il soit obligé de jouer aux heures ouvrables. J'étais déçu d'avoir perdu le
charme de leur musique dans ces nuits persanes.
Je courais de musicien en musicien, de groupe en groupe dans un état second, excité comme dans mes moments les plus hauts, ceux où il faut augmenter les doses.
Je courais de musicien en musicien, de groupe en groupe dans un état second, excité comme dans mes moments les plus hauts, ceux où il faut augmenter les doses.
La moto me permettait d'être dans tous
les coins de Persepolis et de Shiraz.
J'étais souvent avec Djamchid et
écoutais toutes les répétitions qu'il faisait avec les groupes de musique
persane et avec son maître Téhérani Hossein.
Imagine un rêve qui ne s'est pas
reproduit.
AnneAnne,
Je retourne me coucher, malgré l'heure. Il
est seulement cinq heures. Mes doigts ne me suivent plus.
Tu ne m'as pas écrit à propos de ton
épaule. Je me suis promis de commencer l'argile, ce que je n'ai pas encore
fait.
Porte-toi bien. Je te le souhaite de
tout mon cœur qui te salue profondément.
Ychaï.
J’espère vite reprendre une forme
souriante avec une vraie joie.
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