lundi 20 juin 2016

11 juillet 2014 Roger 1

Essai de reprise du voyage en Iran.

Jérusalem le onze juillet deux mil quatorze à quinze heures cinquante.

AnneAnne,

Merci pour ton mail. Te lire, c'est voir des lueurs.

Shiraz,
Nous avons été accueillis par Djamchid, heureux et étonné de me retrouver.
Il nous a aidé à nous installer à la cité universitaire où tous les participants au festival étaient hébergés. Nous avions, Serge, moi et l'australien, chacun sa chambre à soi.

Il est cinq heures et je n'arrive pas à démarrer le voyage.
J'ai appris qu'il faut descendre deux étages. J'habite sous le toit qui est une terrasse. L'abri est loin. Attendre dix minutes après l'alerte et remonter.
Les escaliers ne s'écroulent pas.
Folies, disproportions…

Shiraz est une ville où tout est fleurs, roses, jasmins, hortensias.
Les cafés sont des jardins. La cité où nous habitons est moderne, grande et agréable. Chaque fois que je prends la moto, je trouve une personne qui me hèle pour que je la dépose quelque part. C'est ainsi que j'ai rencontré Soraya et Mali.
Soraya est restée avec moi. Elle a dormi dans ma chambre deux nuits. Elle a du partir ensuite, son mari lui avait envoyé ses gardes du corps. Elle était proche du Chah.
Je n'ai pas été inquiété. Je t'ai envoyé sa photo il y a quelques courriels.
Mali qui s’appelle maintenant Malie Létrange, Létrange est son vrai nom, est toujours une amie qui m'a beaucoup écrit et est venu me visiter une fois ici.
Tous les musiciens habitaient cette cité. La nuit, l'orchestre gamelan de Bali, étant sous décalage horaire, répétait leur répertoire, jusqu’à ce que les plaintes affluent et qu'à mon grand regret, il soit obligé de jouer aux heures ouvrables. J'étais déçu d'avoir perdu le charme de leur musique dans ces nuits persanes.
Je courais de musicien en musicien, de groupe en groupe dans un état second, excité comme dans mes moments les plus hauts, ceux où il faut augmenter les doses.
La moto me permettait d'être dans tous les coins de Persepolis et de Shiraz.

J'étais souvent avec Djamchid et écoutais toutes les répétitions qu'il faisait avec les groupes de musique persane et avec son maître Téhérani Hossein.

Imagine un rêve qui ne s'est pas reproduit.
AnneAnne,
Je retourne me coucher, malgré l'heure. Il est seulement cinq heures. Mes doigts ne me suivent plus.
Tu ne m'as pas écrit à propos de ton épaule. Je me suis promis de commencer l'argile, ce que je n'ai pas encore fait.
Porte-toi bien. Je te le souhaite de tout mon cœur qui te salue profondément.

Ychaï.

J’espère vite reprendre une forme souriante avec une vraie joie.


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