lundi 13 juin 2016

24 avril 2014 Roger 2

Jérusalem le vingt quatre avril deux mil quatorze à sept heures quarante cinq heure d'ici.

Ecrire sur ce que tu m'as demandé hier.

Comme mes parents ne nous ont pas raconté pas d'histoires, ni d’événements, ce dont je me souviens provient de sources diverses mais vraies.
A côté d'Oran, se trouvait Mers el Kebir, la plus grande base navale de l'Afrique du nord, Algérie, Maroc, Tunisie.
Un bateau allemand avait été coulé, devant l'entrée de cette base. L'histoire  courante était de raconter que cette année-là, les crevettes étaient énormes, ayant mangé les noyés.
L'Algérie, étant considérée comme un département français, le Maroc et la Tunisie restant sous protectorat, la situation pendant la Seconde Guerre Mondiale était différente.
Il y eut des camps en Tunisie et des déportés en Allemagne. Je n'ai pas entendu qu'il en était de même en Algérie ou au Maroc.
Nous avons souffert de la faim, nous, car j'étais déjà né, comme je l'ai écrit, au huit, square du souvenir, j'aime à le réécrire.
Ma mère faisait des prouesses pour nous nourrir.
J'étais un bébé rachitique malgré mes trois kilos six cent à l'époque, un peu malade, avec des problèmes aux yeux que ma mère devait soigner plusieurs fois par jour.
Les juifs à cette époque étaient déchus de leurs droits, beaucoup de personnes de ma famille, avocat, juriste…avaient été exclus de leurs fonctions.
Mon père fut obligé d'accrocher le portrait de Pétain dans son magasin, « Luxia », magasin de luxe, comme son nom l'indique, où la majorité de sa clientèle était composée de bourgeoises et de dames travaillant dans les  maisons pour amuser les messieurs, les soldats français de France, les pieds noirs, et les américains.
Nous logions un officier américain juif qui nous apportait du fromage jaune orange, que j'aimais beaucoup. Il a fait cadeau à mon père un peignoir de bain dont je me sers toujours malgré qu'il soit de plus en plus en lambeaux. 
A cause de cet « em… » numérique, je suis toujours ennuyé et je dois écrire en corrigeant entre une barre orange qui me précède et me contrôle.
Je ne sais pas comment m'en débarrasser malgré avoir ouvert un nouveau courriel.
Le peignoir de bain était de couleur bleu et blanc, mais, avec le temps, les couleurs se sont ternies. Elles rappellent les petits drapeaux que les enfants ici jettent après la Fête de l'Indépendance. Je te rappelle que le drapeau d’Israël est bleu et blanc.
Je commence à m’énerver avec le programme d'écriture « Gmail ».
Je vais passer à mon « Libre Office ».

A tout à l'heure…


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