Chère Anne,
Jérusalem le vingt trois avril
deux mil quatorze à trois heures quarante cinq.
Patricia est une amie que j'ai
connu par les Chémirani, elle habite un endroit d'une grande beauté, seule dans une
très belle maison en haut d'une petite montagne. J'ai encore oublié le nom,
c'est à côté de Banon.
Son mari, que j'aimais beaucoup,
était le fils de l'écrivain Pierre Daninos.
C'était un très bon peintre et il
est mort, il y a quelques années. Ils ont eu deux fils et l’aîné habite
Marseille et fait du théâtre.
Elle travaille dans une
coopérative qui s'occupe de nourriture biologique et connaît beaucoup de soins
alternatifs. Patricia m'a parlé de cette huile, Érésipèle, je ne suis pas sur
du nom, et l'a conseillé à Élisabeth Chémirani.
Je mélange l'huile de
Gaulthérie avec de l'huile d'amandes douces et non pas
avec le Welleda.
Penser à quelqu'un, c'est
contempler qu'il existe dans ma tête et provoque un dialogue. Les mots tournent
dans la tête et attendent d'être écrit parce qu'ils vont être lus par l'amie ;
les lettres, les mots, les phrases se forment, se transforment et s'oublient si
on ne prend pas de notes. Et s'apercevant qu'il y a l'oubli, je deviens
triste.
Triste de ma paresse et de mon
manque de mémoire.
Depuis quelques temps, j'ai pris
l'habitude, de m'oindre d'huile, huile d'olive, d'arbre à thé australienne, de
Aloe Vera en gel, non pas parce que j'ai le syndrome de Jérusalem, mais par que
j'ai une peau très sensible spirituellement et physiquement.
Je voudrais suivre ce régime :
olive noire, huile d'olive, citron, chicorée, radis, pissenlit, raisin, pêche,
cerise, fraise, jus de radis noir ou rose.
Je ne fais que boire une
cuillère à soupe d'huile d'olive avec le jus d'un demi citron, le matin, deux
verres d'eau chaude avec le jus d'un citron et manger une très bonne olive noire
que j’achète en pot de verre et qui proviennent d'un kibboutz fondé
li y a vingt ans, à côté d'Eilat, par un groupe de personnes passionnés par
l'enseignement de Gurdjieff.
J'ai connu Meir, qui a fondé ce
kibboutz. Il joue de la flûte traversière et m'a demandé de jouer de la guitare
et du zarb.
Le zarb est un tambour en forme
de calice, appelé aussi « dom bak », nom des premières frappes, grave
et aigu, Le zarb veut dire « rythme » en persan.
« J'écris à partir du « je »,
parce que « je » est un autre ». (Rimbaud).
Penser à toi, c'est savoir que
l'amitié, qui se crée, implique le voyage à travers l'écriture.
D'après, Hedi Tarjan, une amie,
d'André H., que j'ai connue en Hongrie lors de mon premier voyage, était une
artiste qui tissait avec la technique de haute lice.
La haute lice se tisse devant la
trame et permet de voir ce que l'on tisse, le texte est apparent au contraire
de la basse lice où l'on ne peut voir. C'est écrire à l'aveugle.
Je t'écrirai sur Hedi Tarjan,
dans le cours du voyage.
Ce voyage dans notre nouvelle
amitié est sans itinéraire, sans but, sans tourisme, libre et sans attente, etc…
Penser à toi, c'est aussi être
inquiet, être attentif, c'est savoir lire entre les lignes.
À tout à l'heure
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