lundi 20 juin 2016

7 et 8 juillet 2014 Roger

Journal écrit le huit juillet et suite du voyage Téhéran – Persépolis.

Jérusalem le huit juillet deux mil quatorze à huit heures vingt cinq, toujours à l'heure israélienne.

Chère AnneAnne,
J'avais pensé me réveiller vers une heure trente pour t'écrire, mais encore une fois, la fatigue a eu raison de moi.
J'avais très mal dormi la nuit dernière. Mon épaule gauche ne me laissait pas de répit.
Ma douleur me rappelle tes douleurs, malgré le plaisir de recevoir tes courriels.
Je m’inquiète. Je ne voudrais pas ajouter une tension supplémentaire à tes épaules. Dans ce sens, un seul mot ou deux : je vais mieux, je reprends des forces, je souffre moins, ton courriel m'a fait rire, continue à m'écrire… Cela me suffira jusqu'au rétablissement complet de ton épaule.
Journée du sept juillet deux mil quatorze.
J'y pense et je m'aperçois des oublis rapides malgré les rappels à ma mémoire que je fais dans la journée pour penser que je ne vais pas oublier les phrases qui ont été formulées.
Je me suis levé assez tôt, dans l'espoir de t'écrire, mais ma procrastination a pris le dessus. J'avais rendez-vous avec Nurit pour une séance de Shiatsu à neuf heures trente. Ce soin a calmé mes douleurs et m'a donné l'énergie pour aller au studio continuer la nouvelle fresque. Je suis à la recherche de nouvelles façons de résoudre les problèmes de support et de choix de colle, tout en étant content de l'avancement et des promesses que la contemplation du « Work in Progress » me procure.
J'avais rendez-vous avec Estie à onze heures trente, une collègue du studio de Mousrara, qui devait me demander quelques conseils et prendre un morceau de bois pour un faire une règle.
Elle est venue en retard et elle est restée jusqu’à treize heures trente.
J'ai un problème avec le programme. Je ferme et je continue sur une autre page.
Elle est donc partie, je suis resté jusqu'à quatorze heures trente. J’étais à la limite de mes forces, sachant que je devais revenir au studio vers dix huit heures trente pour faire le modèle pour Keren dont le studio est en face du mien. La séance a duré jusqu'à vingt et une heures trente. J'ai discuté ensuite avec Yaniv, un ancien élève qui habite la Croatie et qui doit faire un spectacle important au Musée d'Israël.
Le problème de ce programme est revenu.
J'ai regardé la fresque sur le mur et j’ai  indiqué quelques indications pour une correction future à la craie blanche.
Je suis rentré à pied jusqu'à l'appartement en pensant t'écrire. J’ai mangé mon riz organique. Cet effort m'a épuisé et j'ai choisi de me coucher en me promettant de me lever au milieu de la nuit pour ma correspondance.
Dans ma tête, les phrases que je composais dans la journée étaient plus riantes.
J'avais revêtu ma tunique jaune canari, achetée 35 euros dans un « Monoprix ».
Un achat pour lequel j'avais longuement hésité. La mode de cette chaîne de magasin, étant dans les couleurs vives, avait attisé un désir que je n'ai pu réprimer. Après trois ou quatre essais de répression, je me suis enfin décidé. Je suis entré, j’ai choisi ma taille dans le rayon féminin, cet article n'existant pas dans le rayon masculin, je me suis présenté à la caisse en demandant si c'était la bonne taille, en prétextant que c'était un cadeau pour ma fille qui avait la même corpulence que moi.
Tu sais que je n'ai pas d'enfants. N'osant pas dire que ce cadeau était pour moi, j’ai inventé ce mensonge. J'ai payé à une caissière charmante qui n'avait pas l'air de croire mon histoire. J'étais heureux en imaginant la tête des israéliens devant mon allure.
Personne n'a fait attention à moi, ayant complété ma tenue en portant un chapeau de paille féminin que j'avais acheté il y a deux ans et que j'avais honte de porter. Je n'ai pas compris mon courage de sortir vêtu de cette façon, ayant ajouté des lunettes très noires et un masque de chirurgien contre les microbes et les odeurs d’essence de voiture. Je n'ai pas été remarqué. Il y a juste eu des réactions étonnées à mon arrivée au studio. 
Ma collègue n'a pas voulu que je pose avec ces vêtements. J'ai du revêtir ma blouse de peintre et aussi retirer  mon chapeau. Je me suis fait prendre en photo par Yaniv. Je t'enverrai les photos quand je les recevrai. Je suis resté écouter la musique que Yaniv compose pour cet événement qui aura lieu le dix juillet et durera toute la nuit. Je compte y assister, mais comme André donne un concert le même soir à Tel_Aviv (la Colline du Printemps), j'irai au musée à mon retour.
J'ai encore beaucoup de choses à écrire pour cette journée, mais je préfère continuer la suite du voyage.
Téhéran-Khom, une des villes saintes de la Perse.
Ayant plus ou moins fini les préparatifs pour la traversée des deux déserts qui séparent le nord du sud du pays, nous avons pris enfin la route pour Shiraz, après avoir fait des remerciements sincères au père de Djamchid.
Le voyage s'est bien passé jusqu'à Khom, où nous nous sommes arrêtés pour faire une petite pause touristique. Dans notre innocence, nous avons voulu visiter la mosquée, sans savoir que l’entrée était interdite aux païens. Heureusement, à part des regards interrogatifs, étonnés et un peu agressifs, nous n'avons pas été inquiétés.
Le désert s'est fait de plus en plus désert jusqu'à l'oasis merveilleux de la ville d'Ispahan.
Nous avons cherché un hôtel pour passer la nuit, nous restaurer et visiter un peu.

L'hôtel consistait à un lit sur le toit à la belle étoile. Les nuits de cette partie de l'Iran étaient d'une beauté telle que je n'ai pas pu dormir (les citoyens de cette ville dormant tous sur les toits de leur maison). J'avais aussi été ravi par une partie de la soirée que nous avions passée dans un café avec un jardin rempli de rosiers et d'arbustes de jasmin où un conteur avec une canne jouait et récitait les « Milles Et Une Nuits ».

J’arrête car les ennuis avec le programme n'énervent et je vais passer sur « Google Mail ».
A tout à l'heure.
Je te souhaite de tout coeur une bonne journée sans douleurs et remplie de joie.
Amitiés plus que sincères et profondes

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