Journal écrit le huit juillet et suite
du voyage Téhéran – Persépolis.
Jérusalem le huit juillet deux mil
quatorze à huit heures vingt cinq, toujours à l'heure israélienne.
Chère AnneAnne,
J'avais pensé me réveiller vers une
heure trente pour t'écrire, mais encore une fois, la fatigue a eu raison de
moi.
J'avais très mal dormi la nuit dernière.
Mon épaule gauche ne me laissait pas de répit.
Ma douleur me rappelle tes douleurs,
malgré le plaisir de recevoir tes courriels.
Je m’inquiète. Je ne voudrais pas ajouter
une tension supplémentaire à tes épaules. Dans ce sens, un seul mot ou deux :
je vais mieux, je reprends des forces, je souffre moins, ton courriel m'a fait
rire, continue à m'écrire… Cela me suffira jusqu'au rétablissement complet de
ton épaule.
Journée du sept juillet deux mil
quatorze.
J'y pense et je m'aperçois des oublis
rapides malgré les rappels à ma mémoire que je fais dans la journée pour penser
que je ne vais pas oublier les phrases qui ont été formulées.
Je me suis levé assez tôt, dans l'espoir
de t'écrire, mais ma procrastination a pris le dessus. J'avais rendez-vous avec
Nurit pour une séance de Shiatsu à neuf heures trente. Ce soin a calmé mes
douleurs et m'a donné l'énergie pour aller au studio continuer la nouvelle
fresque. Je suis à la recherche de nouvelles façons de résoudre les problèmes
de support et de choix de colle, tout en étant content de l'avancement et des
promesses que la contemplation du « Work in Progress » me procure.
J'avais rendez-vous avec Estie à onze
heures trente, une collègue du studio de Mousrara, qui devait me demander
quelques conseils et prendre un morceau de bois pour un faire une règle.
Elle est venue en retard et elle est
restée jusqu’à treize heures trente.
J'ai un problème avec le programme. Je
ferme et je continue sur une autre page.
Elle est donc partie, je suis resté
jusqu'à quatorze heures trente. J’étais à la limite de mes forces, sachant que
je devais revenir au studio vers dix huit heures trente pour faire le modèle
pour Keren dont le studio est en face du mien. La séance a duré jusqu'à vingt
et une heures trente. J'ai discuté ensuite avec Yaniv, un ancien élève qui
habite la Croatie et qui doit faire un spectacle important au Musée d'Israël.
Le problème de ce programme est revenu.
J'ai regardé la fresque sur le mur et
j’ai indiqué quelques indications pour
une correction future à la craie blanche.
Je suis rentré à pied jusqu'à l'appartement
en pensant t'écrire. J’ai mangé mon riz organique. Cet effort m'a épuisé et
j'ai choisi de me coucher en me promettant de me lever au milieu de la nuit
pour ma correspondance.
Dans ma tête, les phrases que je
composais dans la journée étaient plus riantes.
J'avais revêtu ma tunique jaune canari,
achetée 35 euros dans un « Monoprix ».
Un achat pour lequel j'avais longuement
hésité. La mode de cette chaîne de magasin, étant dans les couleurs vives,
avait attisé un désir que je n'ai pu réprimer. Après trois ou quatre essais de
répression, je me suis enfin décidé. Je suis entré, j’ai choisi ma taille dans
le rayon féminin, cet article n'existant pas dans le rayon masculin, je me suis
présenté à la caisse en demandant si c'était la bonne taille, en prétextant que
c'était un cadeau pour ma fille qui avait la même corpulence que moi.
Tu sais que je n'ai pas d'enfants. N'osant
pas dire que ce cadeau était pour moi, j’ai inventé ce mensonge. J'ai payé à
une caissière charmante qui n'avait pas l'air de croire mon histoire. J'étais
heureux en imaginant la tête des israéliens devant mon allure.
Personne n'a fait attention à moi, ayant
complété ma tenue en portant un chapeau de paille féminin que j'avais acheté il
y a deux ans et que j'avais honte de porter. Je n'ai pas compris mon courage de
sortir vêtu de cette façon, ayant ajouté des lunettes très noires et un masque
de chirurgien contre les microbes et les odeurs d’essence de voiture. Je n'ai
pas été remarqué. Il y a juste eu des réactions étonnées à mon arrivée au
studio.
Ma collègue n'a pas voulu que je pose avec
ces vêtements. J'ai du revêtir ma blouse de peintre et aussi retirer mon
chapeau. Je me suis fait prendre en photo par Yaniv. Je t'enverrai les
photos quand je les recevrai. Je suis resté écouter la musique que Yaniv
compose pour cet événement qui aura lieu le dix juillet et durera toute la
nuit. Je compte y assister, mais comme André donne un concert le même soir
à Tel_Aviv (la Colline du Printemps), j'irai au musée à mon retour.
J'ai encore beaucoup de choses à écrire
pour cette journée, mais je préfère continuer la suite du voyage.
Téhéran-Khom, une des villes saintes de
la Perse.
Ayant plus ou moins fini les préparatifs
pour la traversée des deux déserts qui séparent le nord du sud du pays, nous
avons pris enfin la route pour Shiraz, après avoir fait des remerciements
sincères au père de Djamchid.
Le voyage s'est bien passé jusqu'à Khom,
où nous nous sommes arrêtés pour faire une petite pause touristique. Dans notre
innocence, nous avons voulu visiter la mosquée, sans savoir que l’entrée était
interdite aux païens. Heureusement, à part des regards interrogatifs, étonnés
et un peu agressifs, nous n'avons pas été inquiétés.
Le désert s'est fait de plus en plus
désert jusqu'à l'oasis merveilleux de la ville d'Ispahan.
Nous avons cherché un hôtel pour passer
la nuit, nous restaurer et visiter un peu.
L'hôtel consistait à un lit sur le toit
à la belle étoile. Les nuits de cette partie de l'Iran étaient d'une beauté
telle que je n'ai pas pu dormir (les citoyens de cette
ville dormant tous sur les toits de leur maison).
J'avais aussi été ravi par une partie de la soirée que nous avions passée dans
un café avec un jardin rempli de rosiers et d'arbustes de jasmin où un conteur
avec une canne jouait et récitait les « Milles Et Une Nuits ».
J’arrête car les ennuis avec le
programme n'énervent et je vais passer sur « Google Mail ».
A tout à l'heure.
Je te souhaite de tout coeur une bonne
journée sans douleurs et remplie de joie.
Amitiés plus que sincères et profondes
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire