dimanche 31 juillet 2016

22 septembre 2014 Roger

Numéro vingt deux du vingt deux septembre deux mil quatorze.
Un vrai frisson

Jérusalem, le vingt deux septembre deux mil quatorze à six heures quarante cinq.

AnneAnne,

Le froid est en train de s'installer. J'en profite pour continuer mes expériences sur le frisson. Me souvenant de tes conseils et explications de ce que peut être le frisson, j'ai eu une expérience de frisson profond. Il s'est manifesté en moi en écoutant « la Fanette » chantée par Jacques Brel (« You Tube »). Il est curieux et émouvant d'avoir vécu cette émotion forte prouvant que ma sensibilité est toujours vivante. Je continue d'espérer vivre la différence entre le frisson provoqué par l'art et le frisson provoqué par le fait de « tomber amoureux ».
Pour la « chair de poule », malgré le fait que je ferme la fenêtre le soir et la nuit, le froid étant plus vif ces derniers temps, je n'ai pas encore retrouvé cette sensation.
J’expérimente aussi les différences entre le sentiment et la sensation tout en étant arrivé à une petite conclusion que cela pouvait être la même chose, pouvant passer par les mêmes canaux. J'essaye avec un peu plus d'attention d’éviter le rhume. C'est ainsi que je me fais des inhalations préventives.
J'ai reçu hier, un massage par Monsieur Shalom, un bénévole que je ne connaissais pas, qui a presque guéri mon épaule gauche. Ce masseur a utilisé une méthode étonnante  très efficace. Cette institution ne me permet pas de choisir mes soignants car je suis pour eux un « body », c'est à dire, un humain que l'on appelle quand un malade s'est décommandé, et que la place est libre.
En pensant à la dernière histoire (Cap Falcon), j'aurais voulu ajouter des détails et perfectionner la description des paysages, malgré les faiblesses de mon écriture de ce genre.
Ces paysages de cette petite partie de ma vie me hantent toujours, non pas par nostalgie, mais par le sentiment de joie que je ressentais à l'époque du Cap Falcon.
Ce sont des époques courtes, étant parti très jeune en France, définitivement en mil neuf cent cinquante six, sans y être jamais revenu. J'avais passé deux ou trois séjours en été dans des colonies de vacances où j'avais été très malheureux, en particulier à Villars de Lans.
Je retrouve dans mes couleurs, le bleu, le jaune et le marron, dans mes tableaux et surtout dans le nouveau projet. Ce projet continue d’avancer lentement, malgré un blocage sur l'écriture de l'explication que je dois soumettre aux institutions qui pourraient m'aider financièrement.
Malgré l'impression de dispersion des récits, je me console en pensant que ce sont les petites pierres du Petit Poucet déposées pour retrouver son chemin.

AnneAnne,

T'écrire, te raconter mes histoires, tracer du blanc sur du noir, veut aussi dire pour moi que ce blanc recèle des pensées et des souhaits pour ta santé.
Ainsi le blanc est toujours plus important et contient une plus grande force d'amitié.

Ychaï


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