AnneAnne,
Vraiment heureux (je suis) de ton long
courriel rempli de mots – souvenirs qui me donnent le sentiment de sentir une
présence chaleureuse, proche, profonde.
Ce tissage – texte m'aide et me donne
une direction pour échapper à cette folie et absurdité.
Cette rencontre vraiment extraordinaire
venant des airs, des souffles – brises sans images, si ce n'est les images que
les mots transportent. Une transparence d'un voile blanc, le blanc encore qui,
depuis mon histoire avec le fabricant espagnol de sorbets glacés de la rue
d'Arzew, me fait rêver et renforce mon amour de la couleur blanche par de
nouvelles associations de goûts.
L'écume blanche des vagues de la mer de
mon enfance au Cap Falcon. Cette mer, ce bleu et ce blanc, exerçaient sur moi
une fascination. L'écume blanche s’étalant, entre l'eau bleue et le sable
jaune.
L'entre, entre des mouvances, de degrés
d'instabilité, des signes pour ma vie future.
Trois matières que l'on ne peut
attraper, car fuyant entre les doigts.
Les matières de la terre imprimant leurs
rêves sur un esprit d'enfant. Un esprit d’enfant qui résistera au béton et se
construira dans le non stable, dans le mouvant et non le fixe.
Je retrouve ces marques dans les voyages.
Dans mon instabilité, dans mon impossibilité de me fixer à une terre, dans
cette sensation de me sentir étranger partout.
Malgré un fort désir de stabilité, mais
est-ce un désir ?
J'ai perdu un appartement que j'avais
mis trente ans à payer. Une histoire à te raconter si je suis la chronologie.
Cela date de l'année 2008 (date à vérifier).
Ma mère, après avoir constaté un très
grave état dépressif a voulu m'aider pour acheter cet appartement. Je n'ai pas
eu la force d’empêcher cet acte, tout en sachant mon impossibilité d'être
propriétaire, étant ancré dans la fuite, dans l’impossibilité de penser le
futur, état faisant partie de ma bipolarité.
Malgré tout ce début de courriel, je suis
retombé à écrire mes histoires. Je voulais seulement dans ce courriel
t’écrire l’actuel.
Je me prépare à sortir, je me suis
reposé, me sens moins fatigué après quelques nuits d’insomnie. Une reprise
d'espoir pour la nouvelle fresque. Je vais parler tout à l'heure à une jeune
amie qui va formuler en hébreu un nouveau papier pour promouvoir le projet.
C'est surtout l'historique de ces
peintures, ce sera donc la deuxième étape que je veux lui expliquer, qui me
passionnera le plus et m'aidera à repenser le travail en français pour le
mettre à nouveau sur papier.
Pour l'instant, après avoir lu et relu
ton courriel, qui me laisse enchanté, je te vois assise sur une chaise longue
avec des lunettes pour que le soleil français ne gêne pas ta lecture et ne te
fasse pas mal aux yeux. Mais quel livre lis-tu dans en ce moment ?
Sachant que la météo, là-bas, est
instable, je t'envoie une partie de la grande chaleur qui sévit ici.
Les folies ont repris.
Les folies ont repris.
Mes grandes amitiés pour faire gonfler
les voiles. Ychaï
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