lundi 4 juillet 2016

22 août 2014 Roger

AnneAnne,
Vraiment heureux (je suis) de ton long courriel rempli de mots – souvenirs qui me donnent le sentiment de sentir une présence chaleureuse, proche, profonde.
Ce tissage – texte m'aide et me donne une direction pour échapper à cette folie et absurdité.
Cette rencontre vraiment extraordinaire venant des airs, des souffles – brises sans images, si ce n'est les images que les mots transportent. Une transparence d'un voile blanc, le blanc encore qui, depuis mon histoire avec le fabricant espagnol de sorbets glacés de la rue d'Arzew, me fait rêver et renforce mon amour de la couleur blanche par de nouvelles associations de goûts.
L'écume blanche des vagues de la mer de mon enfance au Cap Falcon. Cette mer, ce bleu et ce blanc, exerçaient sur moi une fascination. L'écume blanche s’étalant, entre l'eau bleue et le sable jaune.
L'entre, entre des mouvances, de degrés d'instabilité, des signes pour ma vie future.
Trois matières que l'on ne peut attraper, car fuyant entre les doigts.
Les matières de la terre imprimant leurs rêves sur un esprit d'enfant. Un esprit d’enfant qui résistera au béton et se construira dans le non stable, dans le mouvant et non le fixe.
Je retrouve ces marques dans les voyages. Dans mon instabilité, dans mon impossibilité de me fixer à une terre, dans cette sensation de me sentir étranger partout.
Malgré un fort désir de stabilité, mais est-ce un désir ?
J'ai perdu un appartement que j'avais mis trente ans à payer. Une histoire à te raconter si je suis la chronologie. Cela date de l'année 2008 (date à vérifier).
Ma mère, après avoir constaté un très grave état dépressif a voulu m'aider pour acheter cet appartement. Je n'ai pas eu la force d’empêcher cet acte, tout en sachant mon impossibilité d'être propriétaire, étant ancré dans la fuite, dans l’impossibilité de penser le futur, état faisant partie de ma bipolarité.
Malgré tout ce début de courriel, je suis retombé à écrire mes histoires. Je voulais seulement dans ce courriel t’écrire l’actuel.
Je me prépare à sortir, je me suis reposé, me sens moins fatigué après quelques nuits d’insomnie. Une reprise d'espoir pour la nouvelle fresque. Je vais parler tout à l'heure à une jeune amie qui va formuler en hébreu un nouveau papier pour promouvoir le projet.
C'est surtout l'historique de ces peintures, ce sera donc la deuxième étape que je veux lui expliquer, qui me passionnera le plus et m'aidera à repenser le travail en français pour le mettre à nouveau sur papier.
Pour l'instant, après avoir lu et relu ton courriel, qui me laisse enchanté, je te vois assise sur une chaise longue avec des lunettes pour que le soleil français ne gêne pas ta lecture et ne te fasse pas mal aux yeux. Mais quel livre lis-tu dans en ce moment ?
Sachant que la météo, là-bas, est instable, je t'envoie une partie de la grande chaleur qui sévit ici.
Les folies ont repris.
Mes grandes amitiés pour faire gonfler les voiles. Ychaï

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