Numéro dix du
trente et un août deux mil quatorze.
Vagues de vrac
et vagues en vrac
Jérusalem le trente
et un août deux mil quatorze à dix neuf heures précises.
AnneAnne,
La première
version de ce courriel est partie sans que je puisse la récupérer.
J’essaye de ne
pas me mettre en colère. J’aurais bien voulu être ton élève en informatique et
en français, (grammaire, verbe, conjugaison, accord, adverbe…).
J'imagine et
souhaite que tu aies passée une bonne journée avec joie et sans douleur.
Dans la première
version, j'avais écrit un paragraphe assez long de plaintes sur ma descente
dépressive de ces dernières semaines.
Mais le courriel
disparu. Je ne veux pas me plaindre. Je veux continuer à me souvenir de mes
lieux d'habitations.
J'ai habité Arcueil,
entre la porte d’Italie et la porte d’Orléans, dans un très beau petit
appartement, pendant quelques mois, à côté de la mairie où j'enseignais.
En mil neuf cent
soixante deux, mes parents ont acheté un appartement au Kremlin Bicêtre, une
banlieue proche de la porte d’Italie. J'y ai habité avant qu’ils arrivent à
Paris.
Ils m'avaient
laissé une chambre que j'habitais entre mes déménagements.
J'ai habité le
Marais, dans un petit appartement de deux pièces et une petite cuisine, au dix
neuf, rue des Blancs Manteaux, en face d'un mont de piété que je n'ai jamais
utilisé. J'aimais beaucoup ce petit appartement avec le WC au dehors, pas entre
deux paliers mais juste à côté de ma porte d'entrée.
Frédérique,
après notre rencontre à la Schola Cantorum, est venue habiter pendant quelques
temps. Nous avons loué un autre appartement un peu plus loin dans la rue du
Plâtre, au numéro trois. Je suis parti de cet appartement après notre
séparation.
Entre temps,
nous avions loué une petite maison à Maison Laffitte avec Tony Gatlif, tout
jeune, avec qui je restais des heures à l'écouter parler de son rêve d'être
metteur en scène et de ses scénarios. Il m'a demandé plus tard d'écrire une
chanson pour son premier film dont je ne me souviens pas le nom. Il y avait une
autre amie de Frédérique.
Nous y avons
habité presque un an. Si je me souviens bien, ce devait être entre la rue des
Blancs Manteaux et la rue du Plâtre.
J'avais habité
une minuscule chambre de bonne rue Pavée. C'était mon entrée dans ce quartier,
suivi de la rue des Blancs Manteaux, puis Maisons Laffitte, puis rue du Plâtre.
J’ai ensuite
trouvé grâce à la sœur de Dadou une chambre pour Dominique J., rue des Filles
du Calvaire. Il m'avait demandé de faire les travaux dans sa chambre, sans
électricité et sans gaz. Elle avait été habitée pendant des dizaines d'années
par un vieux monsieur qui faisait les figures de cire du musée Grévin. Il est
mort sans aucune famille.
Les
propriétaires de cette chambre, des avares à la Balzac, avaient fouillé la
chambre et emporté les objets qu'ils estimaient de valeur.
En faisant les
travaux avec un ami menuisier, et en déplaçant l’armoire de ce monsieur, j'ai
trouvé une enveloppe avec un million de francs de l'époque. Dominique, qui avait
été mon élève, et par la suite professeur de lycée, a partagé cette somme avec
moi.
J'ai invité mes
amis dans un restaurant tunisien. Avec le reste de l'argent, j'ai payé une reprise
pour une petite chambre, au 7, rue du Pont aux Choux, la rue où habitait Lina.
J'ai été
millionnaire pendant une petite semaine.
Rue des Filles
du Calvaire, j’y ai habité en mil neuf cent soixante dix. Il me faudrait de la
rigueur afin retrouver les dates exactes.
J'ai gardé la
chambre du Pont aux Choux quelques années…
Je dois préciser
les dates et regarder mes tableaux chronologiques.
J'ai retouché
hier ces tableaux puis je les ai rangés provisoirement en attendant de revoir
tous mes carnets d'adresses.
J'ai décidé de
faire un jeûne d'un jour toute les semaines. Aujourd'hui, j'ai mangé à cinq
heures de l’après – midi, modérément, de la salade et quelques fruits secs, des
noix diverses et des noisettes.
Je dors très mal
ces temps – ci, à cause de ma dépression. Je suis « down » en ce
moment. J'ai envoyé un SMS (texto) au Docteur Lipot mais je n'ai pas encore
reçu de réponse.
Chère Amie, AnneAnne,
Un courriel
court et touffu mais rempli de bonnes intentions et l'ajout de mes meilleurs
souhaits, de santé, de joie, de rires à propos de l'absurdité et de la
tristesse de ces jours-ci.
Mais quand même!
…... … .. . --- __ --- – le silence et mon souffle_ _ _ --- +++ ++ +
Ychaï
J'aurais envie
de continuer ce texte en augmentant les détails qui sont nombreux…
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