lundi 18 juillet 2016

31 août 2014 Roger

Numéro dix du trente et un août deux mil quatorze.

Vagues de vrac et vagues en vrac

Jérusalem le trente et un août deux mil quatorze à dix neuf heures précises.  

AnneAnne,

La première version de ce courriel est partie sans que je puisse la récupérer.
J’essaye de ne pas me mettre en colère. J’aurais bien voulu être ton élève en informatique et en français, (grammaire, verbe, conjugaison, accord, adverbe…).
J'imagine et souhaite que tu aies passée une bonne journée avec joie et sans douleur.
Dans la première version, j'avais écrit un paragraphe assez long de plaintes sur ma descente dépressive de ces dernières semaines.
Mais le courriel disparu. Je ne veux pas me plaindre. Je veux continuer à me souvenir de mes lieux d'habitations.
J'ai habité Arcueil, entre la porte d’Italie et la porte d’Orléans, dans un très beau petit appartement, pendant quelques mois, à côté de la mairie où j'enseignais.
En mil neuf cent soixante deux, mes parents ont acheté un appartement au Kremlin Bicêtre, une banlieue proche de la porte d’Italie. J'y ai habité avant qu’ils arrivent à Paris.
Ils m'avaient laissé une chambre que j'habitais entre mes déménagements.
J'ai habité le Marais, dans un petit appartement de deux pièces et une petite cuisine, au dix neuf, rue des Blancs Manteaux, en face d'un mont de piété que je n'ai jamais utilisé. J'aimais beaucoup ce petit appartement avec le WC au dehors, pas entre deux paliers mais juste à côté de ma porte d'entrée.
Frédérique, après notre rencontre à la Schola Cantorum, est venue habiter pendant quelques temps. Nous avons loué un autre appartement un peu plus loin dans la rue du Plâtre, au numéro trois. Je suis parti de cet appartement après notre séparation.
Entre temps, nous avions loué une petite maison à Maison Laffitte avec Tony Gatlif, tout jeune, avec qui je restais des heures à l'écouter parler de son rêve d'être metteur en scène et de ses scénarios. Il m'a demandé plus tard d'écrire une chanson pour son premier film dont je ne me souviens pas le nom. Il y avait une autre amie de Frédérique.
Nous y avons habité presque un an. Si je me souviens bien, ce devait être entre la rue des Blancs Manteaux et la rue du Plâtre.
J'avais habité une minuscule chambre de bonne rue Pavée. C'était mon entrée dans ce quartier, suivi de la rue des Blancs Manteaux, puis Maisons Laffitte, puis rue du Plâtre.
J’ai ensuite trouvé grâce à la sœur de Dadou une chambre pour Dominique J., rue des Filles du Calvaire. Il m'avait demandé de faire les travaux dans sa chambre, sans électricité et sans gaz. Elle avait été habitée pendant des dizaines d'années par un vieux monsieur qui faisait les figures de cire du musée Grévin. Il est mort sans aucune famille.
Les propriétaires de cette chambre, des avares à la Balzac, avaient fouillé la chambre et emporté les objets qu'ils estimaient de valeur.
En faisant les travaux avec un ami menuisier, et en déplaçant l’armoire de ce monsieur, j'ai trouvé une enveloppe avec un million de francs de l'époque. Dominique, qui avait été mon élève, et par la suite professeur de lycée, a partagé cette somme avec moi.
J'ai invité mes amis dans un restaurant tunisien. Avec le reste de l'argent, j'ai payé une reprise pour une petite chambre, au 7, rue du Pont aux Choux, la rue où habitait Lina.
J'ai été millionnaire pendant une petite semaine.
Rue des Filles du Calvaire, j’y ai habité en mil neuf cent soixante dix. Il me faudrait de la rigueur afin retrouver les dates exactes.
J'ai gardé la chambre du Pont aux Choux quelques années…
Je dois préciser les dates et regarder mes tableaux chronologiques.
J'ai retouché hier ces tableaux puis je les ai rangés provisoirement en attendant de revoir tous mes carnets d'adresses.
J'ai décidé de faire un jeûne d'un jour toute les semaines. Aujourd'hui, j'ai mangé à cinq heures de l’après – midi, modérément, de la salade et quelques fruits secs, des noix diverses et des noisettes.
Je dors très mal ces temps – ci, à cause de ma dépression. Je suis « down » en ce moment. J'ai envoyé un SMS (texto) au Docteur Lipot mais je n'ai pas encore reçu de réponse.

Chère Amie, AnneAnne,
Un courriel court et touffu mais rempli de bonnes intentions et l'ajout de mes meilleurs souhaits, de santé, de joie, de rires à propos de l'absurdité et de la tristesse de ces jours-ci.
Mais quand même! …... … .. . --- __ --- – le silence et mon souffle_ _ _ --- +++ ++ +
Ychaï
J'aurais envie de continuer ce texte en augmentant les détails qui sont nombreux…


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