Numéro huit du
vingt neuf août deux mil quatorze.
Je pense car je
ne retrouve pas ce que j'ai écrit hier.
Jérusalem le vingt
neuf août deux mil quatorze à seize heures.
AnneAnne,
Est-ce que tu
vas mieux ? Est-ce que tu as surpassé, surmonté la crise ?
Je l'espère.
Comme je ne
retrouve pas le texte où j'ai commencé la liste des endroits où j'ai habité, je
reprends à partir de 1955-56, l'année du « foyer » à Strasbourg.
Je passe rapidement sur l'année mil neuf
cent cinquante six – cinquante sept. J’ai vécu à Paris. Je venais de
Strasbourg. J’ai habité quelques mois à la Villette, puis ensuite au douze, rue
Traversière chez une dame seule qui vendait sur les marchés du linge et
qui me faisait nettoyer la baignoire avec du CIF après l'avoir
utilisée. C'était un appartement moderne assez petit où elle dormait dans le
salon de façon à pourvoir louer une chambre. Le quartier de la Bastille
était à cette époque très pittoresque. La rue Traversière donnait sur la grande
artère « rue le la Bastille ». Je dois vérifier le nom de la station
de métro. Le quartier était le quartier du bois, c'est-à-dire qu’il était
occupé par des marchands de meubles et par des artisans, des menuisiers et tous
les métiers en rapport avec le bois.
J'ai passé
quelques mois dans cette chambre, de façon inconfortable, n'ayant pas pu
supporter la cohabitation. La cohabitation avec la vieille femme qui m'avait
loué la chambre à la Villette avait été plus supportable. Elle était moins
intrusive. Il n'y avait pas de salle de bains dans cet appartement.
En mil neuf
cent cinquante huit, je suis reparti à Oran, sur les conseils d'André, pour
finir mes études. J'ai habité chez mes parents pendant les quelques mois
d'études dans une école privée : « Le Cours Descartes ». Le
propriétaire portait le même nom de famille que moi, c'est à dire Benichou.
D'après le
carnet de notes que j'ai retrouvé, j'étais un bon élève, surtout en français.
Le professeur
de français venait de Marseille. Nous avons construit des liens d'amitié.
Je l'invitais
à déjeuner quand mes parents laissaient l'appartement libre le dimanche. Nous
parlions de Federico Garcia Lorca en allant aux arènes assister à des corridas.
J'ai conservé
quelques lettres qu'il m'a envoyées à son retour en France, de très belles
lettres dans un style impeccable. Je les lis encore avec plaisir.
Je suis
retourné ensuite en France. Je dois me concentrer pour réunir mes souvenirs et
pouvoir t'écrire la suite de mes habitations.
Je poursuis l’écriture
des premiers brouillons du texte de présentation du projet. Je les trouve très
mauvais.
Ma mère, Visages
et Mouvements.
Entrée dans mon
Labyrinthe Intérieur.
Il s'agit d'un
projet comportant plusieurs médias : peintures, danses, vidéos, poèmes et
musique. Un labyrinthe constitue le parcours. Les allées sont faites de
tentures sur lesquelles mes peintures sont accrochées. Une allée principale
serpente. Comme dans un labyrinthe, certains chemins débouchent sur les salles
sans issues. Dans ces endroits se tiendront les événements : petit concert de
musique, projection de vidéo, acteur récitant mes poèmes…
Un danseur
précède et guide le public en s’arrêtant pour créer un contraste en le tableau
et sa danse.
Ses danses se
feront sur une bande musicale composée spécialement pour cet événement. Les
lumières seront aussi travaillées et créées en rapport avec l'illumination des
tableaux et de la danse.
Ce projet sera
composé de plusieurs médias : peintures, danses, vidéos, poèmes et musique. Il se
déroulera dans un grand espace, rond, carré ou rectangulaire. Dans ce lieu, des
tentures et des tableaux formeront les murs et les salles de ce labyrinthe.
Le trajet du
public est guidé par une danseuse ou un danseur que serviront de guide et
danseront devant les tableaux.
Toute la musique
du parcours sera originale et composé pour cet événement, ainsi que les
lumières qui éclaireront les tableaux.
Un chemin
principal serpente et aboutit à des impasses suffisamment grandes pour que le
public puisse assister à un concert de dix à quinze minutes, à des projections
vidéo, des récitations de poésies et d'autres spectacles courts.
Passe une bonne
fin de journée, accompagnée de mon amitié et de mes pensées.
Ychaï
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