lundi 18 juillet 2016

30 août 2014 Roger 1

Numéro neuf du trente août deux mil quatorze.
En vrac.

Jérusalem le trente août deux mil quatorze à dix heures quinze.

AnneAnne,
Un grand bonjour. Je souhaite que cette crise soit passée et que tu ne souffres plus.
En vrac :
En mil neuf cent soixante et un  ou soixante deux, j'ai habité boulevard Saint Germain dans un hôtel dont le propriétaire était vietnamien. Je prends toujours des photos quand je passe devant cet hôtel, tout comme devant les endroits que j'ai habités, ainsi que ceux qui me rappellent des souvenirs, espérant m'en servir plus tard.
Ma sœur Denise et ma cousine Denise étaient venues aussi se loger dans ce même hôtel, fuyant l'Algérie et Oran. La situation avec OAS et les juifs était devenue dangereuse.
Quelques temps après, ma sœur est rentrée dans un pensionnat et ma cousine est partie à Marseille.
Je suis resté dans cet hôtel. J’y étais devenu gardien de nuit. J’avais reçu une chambre gratuite pour mes services. Ce travail m'a permis de me faire deux amis, mais surtout d'avoir une très belle aventure amoureuse avec une jeune fille anglaise. Cette jeune fille est venue très rapidement loger dans cette petite chambre gratuite. Nous partagions un petit lit où il y avait aussi ma guitare. Cette très belle relation s'est détériorée car ma connaissance de la langue anglaise était très pauvre et mon amie ne parlait pas le français. Je devais aussi subvenir aux besoins de notre couple et payer mes études car j'avais déjà commencé à étudier à la « Schola Cantorum ». Nous avons vécu une très belle relation malgré nos handicaps linguistiques. Notre séparation et son retour dans son pays natal me firent tomber dans une grande mélancolie.
Je voudrais écrire plus tard sur cette relation anglaise et aussi sur les deux amis, un français et un uruguayen, qui ont accompagné mon séjour dans cet hôtel « Studia ».
Je ne me souviens pas des endroits que j'ai habités après mil neuf cent cinquante neuf. Suis-je venu dans cet hôtel après avoir habité la rue Traversière, dans le douzième ?  
Il me faut aussi me donner un peu de temps pour me souvenir de l'endroit qui a été mon lieu d'habitation après que j’aie quitté l'hôtel.
La rue Vercingétorix ?
L'avenue Mac Mahon où aussi j'avais reçu une chambre sans fenêtre beaucoup moins confortable que celle de l'hôtel « Studia » ?
Il y a du désordre dans cette chronologie de mes lieux d'habitations à cette époque.
Rue Vercingétorix dans le quatorzième avant avenue Mac Mahon dans le huitième ?  
J'ai également habité une chambre sur le même palier de l'appartement qui appartenait à une de mes tantes. Une tante riche, de je ne sais quel côté de ma famille, était installée en France depuis longtemps et vivait dans cet appartement avec sa fille psychanalyste.
La rue où se trouvait cet appartement était la rue Washington. Elle donnait sur les Champs-Élysées. Je ne suis pas resté longtemps dans cette chambre car j'avais peur de cette tante qui me semblait venir d'un autre monde. J'avais de meilleurs contacts avec sa fille que j'ai retrouvée ensuite à Montparnasse où elle avait acheté un appartement après la mort de sa mère. Elle s'était toujours un peu intéressée à moi et à mes aspirations artistiques.
Je m'aperçois que je ne peux pas mettre de dates…
J'avais loué une chambre mansardée dans la rue Vercingétorix, une chambre avec une lucarne, un petit lavabo et un lit dans la mansarde, c'est à dire que le toit descendait sur le lit. Il n'avait pas de WC comme dans beaucoup de maisons de cette époque après la guerre. J'aimais beaucoup ce quartier et cette rue. En face, se trouvait l'atelier de Giacometti que je voyais aussi à la « Coupole ». La Coupole, ce café maintenant devenu historique et touristique, était aussi notre lieu de rendez-vous avec mes amis tunisiens, Dadou, Loulou et Sidi. Ce dernier n'était pas tunisien mais malien bambara. Je le compte parmi mes amis les plus proches.
N'aimant pas le WC qui se trouvait entre deux étages de la rue Vercingétorix, je courais de toutes mes forces (neuf cent mètres) vers les WC de la Coupole, WC luxueux qui convenait mieux à cet enfant que j'avais été et qui avait été habitué à une propreté que je ne suis pas parvenu à reconstituer lors de mes arrivées à Paris.
Le café « La Coupole » et le « Sélect » étaient nos lieux de rendez-vous du soir. Le café (le nom m'échappe) près du « Théâtre de l'Odéon » et du jardin du Luxembourg, dans le quartier latin, était le lieu de rendez-vous de treize heures.
L'Odéon a joué un rôle important dans les événements de mil neuf cent soixante huit.




En vrac en vrac, mais, peut-être l'ordre et les dates apparaîtront ?
AnneAnne,
Je termine pour l'instant en espérant une continuation plus tard.
Dans l'attente d'avoir de tes nouvelles, je te souffle mes amitiés fraîches de ce jour férié hebdomadaire où rien ne se passe à Jérusalem.
Ychaï


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