lundi 18 juillet 2016

23 août 2014 Roger 2

Je ne sais pas où il est, et si tu le reçois, s'il te plait renvoie-le moi.
Merci d'avance.

Je suis parti vivre en France en mil neuf cent cinquante huit avec l'aide d'André, qui m'avait envoyé cinq mille francs, et l'aide de Daniel, le frère de Nicole, la femme de Guy, nos voisins du deuxième étage.
La mère de Daniel, dans ses crises et dans les scandales qu'elle faisait à son mari, déchirait les billets de banques que son mari, médecin, recevait comme honoraires.
Nous avons passé, Daniel et moi, des nuits à recoller les morceaux qui ont été acceptés par la compagnie de navigation. Le bateau pour Marseille s'appelait le « Ville d'Oran ».
Je volais la voiture de mon père en la faisant démarrer avec une lime à ongles et je m’amusais avec Daniel à refaire les courses de voiture que j'avais vues dans les films de James Dean sur le « Boulevard Front de Mer ». 
Mon oncle Georges Benichou habitait sur ce boulevard. D'un côté se trouvaient les immeubles d'habitation, de l'autre côté, la falaise, qui donnait sur la mer.
C'était le boulevard qui conduisait à Canastel.
J'ai perdu mon innocence à Oran avant mil neuf cent cinquante six et j'ai commencé à fumer vers douze – treize ans des cigarettes blondes de marque anglaise et ensuite  des « bastos », marques algériennes.
Je volais aussi de la monnaie dans le tiroir caisse du magasin de mon père pour déguster des glaces au citron et de « créponnés » (citronnade avec une boule de glace au citron) et jouer au « flipper ».
J'ai été amoureux d'une jeune fille qui était en traitement dans la même clinique psychiatrique à côté d'Alger. Nous étions dans la cour de récréation grillagée. Je la contemplais, mais je ne me souviens pas si je lui ai parlé.
Je suis resté trois mois dans la « Clinique de l'Hermitage » où j'ai reçu des électrochocs et une cure d'insuline thérapie. J'ai retrouvé les factures que mon père avait conservées et la lettre où il se plaignait du montant élevé des honoraires et du séjour. C'est dans cette clinique que j'ai eu ma première crise d'appendicite que je n'ai pas déclarée, ce qui m'a conduit à une péritonite gangrenée. Je me suis fait opérer à Strasbourg. Je suis arrivé presque mort à l'hôpital où je suis resté le ventre ouvert pendant trois mois.
J'avais eu une deuxième crise, non déclarée, dans mon pensionnat de la « rue de la Forêt Noire ».
La troisième crise s'est déclenchée dans une montagne pendant des vacances avec des étudiants du foyer. Ils m'ont sauvé la vie en me descendant de la montagne le plus rapidement possible à bras d'homme pour me mettre dans l'ambulance.

J'étais tombé amoureux d'une petite allemande qui faisant ses études à Strasbourg. Je suis allé la visiter, sans espoir, après qu’elle soit repartie chez elle.

Je continuerai cette liste plus tard.
J'aime bien les listes comme celle-ci. Ne pas réfléchir, mais se laisser guider par les associations et ce qui vient à la tête.

AnneAnne, à tout à l'heure.

Ychaï

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire