lundi 18 juillet 2016

27 août 2014 Roger

Numéro six d’août deux mil quatorze.

Jérusalem le vingt sept août deux mil quatorze à dix heures.

AnneAnne,
Comment vas-tu ce matin nouveau ?
Je me suis levé tard, contre mes habitudes. La fatigue et la chaleur ne me permettent pas de m'endormir. Ce n'est pas une plainte.
J'ai tourné dans l'appartement en buvant du café jusqu'à prendre une décision que j'avais procrastiné.
La décision de couper mes plantes aromatiques poussant sur le balcon et qui avaient pris des proportions étonnantes. De les ficeler et de trouver un espace dans l'appartement pour le séchage.
Occupation étonnamment énergétique qui me permet de t'écrire.
Je viendrai probablement en France vers la mi-octobre, pour accompagner un ami qui veut vendre sa chambre de bonne. Un ami russe peintre avec qui j'ai peint dans l’atelier de nombreuses années avec le groupe que nous avions fondé « Jérusalmix ».
Je profiterai aussi pour assister au mariage de la fille aînée de mon cousin Louis. Un cousin de la branche maternelle. Il est musicien jouant de l'alto et professeur au conservatoire national de Paris. Donc je serai à Paris et je serai aussi un ou deux jours à Marseille pour saluer mes cousines germaines, les filles de la sœur de ma mère, Rolande, décédée il y a deux ans, deux mois avant d'avoir atteint l'age de cent ans.
Je cherche des billets bon marché avec un ordinateur fou qui affiche n'importe qui, mais n'a pas encore attaqué le « Libre Office », logiciel dont je me sers pour écrire.
La journée d'hier était très chaude. Je ne suis pas allé à l'atelier. Je suis quand même sorti pour un soin, puis j’ai été invité par mon cousin au restaurant. Le cousin germain de la branche paternelle, Claude et sa femme Paule, dont la générosité me permet d'être logé humainement dans ce petit appartement où je voulais vous inviter.
J'ai habité dans le béton de mon studio, étant obligé tout les matins de courir à la piscine municipale pour les soins corporels nécessaires à la maintenance de ma dignité. J'ai perdu mon appartement qui état situé au centre de la ville, un très agréable appartement de soixante dix mètres carrés, il y a sept ans. J'y avais vécu trente ans et j'ai du me réfugier dans le studio pendant douze ans. Mon cousin Claude, ayant pris sa retraite dans le pays, voyant ma détresse, a acheté l'appartement où je me trouve actuellement. J'ai pu lutter plus efficacement pour sortir de la dépression, qui s'était aggravé par le choc de ce vol. Heureusement que je louais ce studio depuis quelques années. Cela m'a permis de survivre.
Est-ce une nouvelle histoire ?
Cet appartement que je pensais être ma dernière station. Je m'étais trompé.
Comme nous ne pouvons prévoir le futur, un projet de démolition pour construire une tour se prépare, me forçant à devoir chercher une autre caverne qui sera payée par les constructeurs, en attendant la finition du projet. Je pourrais m’y réinstaller si tout va bien et si je peux attendre sans encombres.
La personne qui monte la vidéo de la dernière exposition m'a téléphoné en me donnant des nouvelles positives sur l'impact et sur les personnes qui sont déjà intéressées. Cela me donne plus d’espoir et plus d'énergie sur le projet « Ma mère ».
La paresse, quelques doutes, et la tête vide de ces derniers temps, ne m'ont pas permis de reprendre la description du projet. Je m'aperçois qu'il serait urgent de me remettre à la formulation.
J'aimerais l'écrire l'historique au lieu des textes pour le promouvoir, mais l'ampleur du projet nécessite la recherche d'un financement conséquent.
J'espère t'envoyer bientôt un papier pour que tu m'écrives tes remarques, si tu le veux bien.
J'ai rencontré Guy par hasard dans la rue « des Géants », où j’étais en train d'attendre mon cousin et sa femme devant le restaurant. Il est resté avec nous pour prendre un café avant de partir à son rendez-vous chez son oculiste. Mon cousin, en quelques minutes, lui a raconté sa période de parachutiste pendant la guerre d'Algérie. J'ai entendu plus de mille fois les histoires de mon cousin qui au début, c'est à dire depuis plus de soixante ans m'énervaient, mais que je me force à supporter actuellement en pensant à la dette morale que je lui dois et à sa folie égocentrique qui me fascine encore.
J'ai voulu fuir depuis l'âge de quatorze ans, famille paternelle et maternelle, jusqu'à que je comprenne que je ne peux me séparer et couper les liens, quels que soient les liens. J'ai appris longtemps après, c'est à dire soixante ans plus tard, que la seule libération est intérieure.
A développer.
Je vais essayer de faire quelque chose, pour ne pas tourner en rond dans l'appartement, par exemple reprendre le tableau chronologique que je n'ai pas touché depuis un mois ou plus.
En fait, aujourd'hui, au lien de ces histoires, j'aurais voulu écrire sur le projet.
AnneAnne.
Je te souhaite, en plus de tous les souhaits qui sont importants, vivant dans ma mémoire, une belle et bonne journée.
Ychaï


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