dimanche 31 juillet 2016

14 septembre 2014 Roger 1

Numéro dix huit du quatorze septembre deux mil quatorze.

Le début d'autre chose
Jérusalem le quatorze septembre deux mil quatorze à dix huit heures trente cinq.

AnneAnne,

Te lire est toujours une joie, atténuée par le chagrin de savoir que tes douleurs a l'épaule ne s’atténuent pas. J'espère à chacun de tes courriels recevoir l'annonce d'une amélioration et surtout d'une guérison.
Tous les soins que j'ai vécus depuis plus d'un an, m'ont permis de retrouver un genou et une épaule sans problème avec juste un petit point quand je fais un certain mouvement. Cela a pris du temps mais le résultat est fantastique. Je continue deux fois par semaine ces soins alternatifs qui me maintiennent en forme.
Comme je ne suis pas sélectif, j'accepte toutes sortes de soins qui me sont proposés ce qui me permet de sentir sur mon corps toutes ces mains expertes et différentes, d'être heureux que l'on s'occupe de moi. Mon corps est tellement reconnaissant aux personnes dont les mains expertes en « Chia Tsu » normal ou thaïlandais (pour ce dernier, le soignant appuie un peu plus fort), le « crano sacral », la réflexologie, toutes diverses sortes de massage (il y a un sentiment d'infini de sentir la grande quantité de différents mouvements que l'on me fait ou me fait faire). Ces généreux bénévoles, avec leurs grâces et leurs savoirs, ouvrent et font de mon corps à chaque fois et à chaque discipline, soit une rose épanouie, soit  sentir une habilité de tigre, une légèreté d'un papillon, une souplesse de chat. Sentir toutes les possibilités et richesses du corps, comprendre que nous utilisons qu'une infime partie, une très petite partie par rapport à ce que ces soignants nous font sentir et nous apprennent.
Je me souviens il y a trois ans, de cet état lamentable dans lequel je me trouvais. Un état où je devais réfléchir longtemps pour me lever et effectuer les mouvements les plus simples pour survivre, rester plus d'une heure pour prendre la décision de descendre les trois étages pour m'approvisionner, réfléchir, si vraiment je devrais faire ces courses vitales en sachant que le retour et la montée de ces étages seront un supplice.
Je ne me plains pas. Je considère que l'état actuel dans lequel je me trouve, je le dois à tous ces soins que m'ont prodigué les soignants de ce centre Yuri Stern.
Je ne sais pas si le récit de ma résurrection peut te réconforter et te donner des forces, mais je l'espère.
Ce n'est pas avec cette histoire que je vais te faire sourire.
Le petit froid est arrivé. Je continue mes tentatives de frissonner. Je m'aperçois que je suis résistant au frisson malgré toutes les fenêtres ouvertes et ma nudité.
Je confonds peut-être le frisson et la chair de poule. Je me rappelle avoir eu la chair de poule mais pas de frisson. J'ai lu dans les romans que le frisson était comme un petit vent sur la peau…
Je pense que je frissonne, que je veux frissonner, mais les jours passent sans frissons et sans chair de poule. Je ne me souviens plus pourquoi j'ai voulu frissonner.
J'essaye de me rappeler si on a des frissons quand on est amoureux, je me souviens du sentiment et de la sensation d'amour mais pas des frissons.
Dans ton dernier courriel, tu avais lié le frisson au le rhume. Depuis ton intervention, je garde dans l'attente du frisson, une casserole remplie d'eau avec des gouttes d’eucalyptus à faire bouillir au cas où mon nez coulerait pendant mes attentes.
Pour ne pas perdre cette préparation, je me fais des inhalations sans avoir de rhume mais par prévention, car les nuits sont de plus en plus fraîches, je dois donc fermer les fenêtres. Je dors beaucoup ces temps-ci en essayant d'attraper mes rêves. Je n'arrive plus à me lever la nuit pour écrire.
Je me désespère de ne pas pouvoir tenir ma promesse de classer et de corriger tous mes écrits. Je continue peu à peu le catalogue car je voudrais le mettre sur ordinateur. Je voudrais faire un tableau informatique. J'attends l'opportunité.
Comme tu as du le lire, j'ai perdu mon billet d’avion en ayant fait des erreurs dans le rédaction des dates. Je lutte avec la compagnie mais j'ai peur d'avoir à acheter un autre billet.
Je n'ai pas encore pris la décision. Je balance entre partir et rester. Selon les heures de la journée ou de la nuit, je médite sur le oui et le non, trouvant des prétextes pour partir et d'autres pour rester. Je devrais sortir de ce dilemme bientôt, suffisamment pour me donner le temps de digérer mon échec d'achat en ligne.
Je ne sais pas ce qui s'est passé mais j'ai reçu une confirmation tout à fait fantaisiste.
J'ai passé des heures à mes frais, avec les employés anglais d'une perfection et d'une politesse rare de nos jours. Après que le premier employé ait abandonné l'espoir de me comprendre, j’ai fait appel à un employé qui parlait bien le français. Les employés ont vérifié, ne m’ont pas trouvé sur leur liste, puis ont conclu que je devais être inscrit en France. J'ai reçu le téléphone de leur succursale en France. Malgré la mauvaise écoute, l'employée française en France m'a communiqué un autre numéro qui n'a jamais répondu. Ayant passé deux jours à essayer de rattraper mon erreur, j'ai quand même abandonné les recherches. Ces deux jours passés au téléphone ont entravé ma correspondance et mon inspiration.
Une petite histoire de voyage non encore accompli.
Un courriel long en espérant ne pas t'ennuyer, aussi que tu ailles mieux avec ton épaule. Un petit mot (par exemple OK) serait un signe pour dissiper mon inquiétude.
J'imagine déjà que si je pars, je ne pourrais pas écrire aussi facilement que maintenant.
Mais que sais-je de plus loin qu'aujourd'hui.

AnneAnne,

Ne cède pas à la tentation d'écrire si ton épaule te fait mal, bientôt la technologie permettra d'écrire avec les yeux. Dans cette attente, je pense à toi, je t'envoie des amitiés papillonnantes pour aérer les douleurs.

 Ychaï.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire