Numéro dix huit du quatorze septembre
deux mil quatorze.
Le début d'autre chose
Jérusalem le quatorze septembre deux
mil quatorze à dix huit heures trente cinq.
AnneAnne,
Te lire est toujours une joie,
atténuée par le chagrin de savoir que tes douleurs a l'épaule ne s’atténuent
pas. J'espère à chacun de tes courriels recevoir l'annonce d'une amélioration
et surtout d'une guérison.
Tous les soins que j'ai vécus depuis
plus d'un an, m'ont permis de retrouver un genou et une épaule sans problème
avec juste un petit point quand je fais un certain mouvement. Cela a pris du
temps mais le résultat est fantastique. Je continue deux fois par semaine ces
soins alternatifs qui me maintiennent en forme.
Comme je ne suis pas sélectif,
j'accepte toutes sortes de soins qui me sont proposés ce qui me permet de
sentir sur mon corps toutes ces mains expertes et différentes, d'être heureux
que l'on s'occupe de moi. Mon corps est tellement reconnaissant aux personnes dont
les mains expertes en « Chia Tsu » normal ou thaïlandais (pour ce
dernier, le soignant appuie un peu plus fort), le « crano sacral »,
la réflexologie, toutes diverses sortes de massage (il y a un sentiment
d'infini de sentir la grande quantité de différents mouvements que l'on me fait
ou me fait faire). Ces généreux bénévoles, avec leurs grâces et leurs savoirs,
ouvrent et font de mon corps à chaque fois et à chaque discipline, soit une
rose épanouie, soit sentir une habilité de tigre, une légèreté d'un
papillon, une souplesse de chat. Sentir toutes les possibilités et richesses du
corps, comprendre que nous utilisons qu'une infime partie, une très petite
partie par rapport à ce que ces soignants nous font sentir et nous apprennent.
Je me souviens il y a trois ans, de
cet état lamentable dans lequel je me trouvais. Un état où je devais réfléchir
longtemps pour me lever et effectuer les mouvements les plus simples pour
survivre, rester plus d'une heure pour prendre la décision de descendre les
trois étages pour m'approvisionner, réfléchir, si vraiment je devrais faire ces
courses vitales en sachant que le retour et la montée de ces étages seront un
supplice.
Je ne me plains pas. Je considère que
l'état actuel dans lequel je me trouve, je le dois à tous ces soins que m'ont
prodigué les soignants de ce centre Yuri Stern.
Je ne sais pas si le récit de ma
résurrection peut te réconforter et te donner des forces, mais je l'espère.
Ce n'est pas avec cette histoire que
je vais te faire sourire.
Le petit froid est arrivé. Je
continue mes tentatives de frissonner. Je m'aperçois que je suis résistant au
frisson malgré toutes les fenêtres ouvertes et ma nudité.
Je confonds peut-être le frisson et
la chair de poule. Je me rappelle avoir eu la chair de poule mais pas de
frisson. J'ai lu dans les romans que le frisson était comme un petit vent sur
la peau…
Je pense que je frissonne, que je
veux frissonner, mais les jours passent sans frissons et sans chair de poule. Je
ne me souviens plus pourquoi j'ai voulu frissonner.
J'essaye de me rappeler si on a des
frissons quand on est amoureux, je me souviens du sentiment et de la sensation
d'amour mais pas des frissons.
Dans ton dernier courriel, tu avais
lié le frisson au le rhume. Depuis ton intervention, je garde dans l'attente du
frisson, une casserole remplie d'eau avec des gouttes d’eucalyptus à faire
bouillir au cas où mon nez coulerait pendant mes attentes.
Pour ne pas perdre cette préparation,
je me fais des inhalations sans avoir de rhume mais par prévention, car les
nuits sont de plus en plus fraîches, je dois donc fermer les fenêtres. Je dors
beaucoup ces temps-ci en essayant d'attraper mes rêves. Je n'arrive plus à me
lever la nuit pour écrire.
Je me désespère de ne pas pouvoir
tenir ma promesse de classer et de corriger tous mes écrits. Je continue peu à
peu le catalogue car je voudrais le mettre sur ordinateur. Je voudrais faire un
tableau informatique. J'attends l'opportunité.
Comme tu as du le lire, j'ai perdu
mon billet d’avion en ayant fait des erreurs dans le rédaction des dates. Je
lutte avec la compagnie mais j'ai peur d'avoir à acheter un autre billet.
Je n'ai pas encore pris la décision.
Je balance entre partir et rester. Selon les heures de la journée ou de la
nuit, je médite sur le oui et le non, trouvant des prétextes pour partir et
d'autres pour rester. Je devrais sortir de ce dilemme bientôt, suffisamment
pour me donner le temps de digérer mon échec d'achat en ligne.
Je ne sais pas ce qui s'est passé
mais j'ai reçu une confirmation tout à fait fantaisiste.
J'ai passé des heures à mes frais,
avec les employés anglais d'une perfection et d'une politesse rare de nos
jours. Après que le premier employé ait abandonné l'espoir de me comprendre, j’ai
fait appel à un employé qui parlait bien le français. Les employés ont vérifié,
ne m’ont pas trouvé sur leur liste, puis ont conclu que je devais être inscrit
en France. J'ai reçu le téléphone de leur succursale en France. Malgré la
mauvaise écoute, l'employée française en France m'a communiqué un autre numéro
qui n'a jamais répondu. Ayant passé deux jours à essayer de rattraper mon erreur,
j'ai quand même abandonné les recherches. Ces deux jours passés au téléphone
ont entravé ma correspondance et mon inspiration.
Une petite histoire de voyage non
encore accompli.
Un courriel long en espérant ne pas
t'ennuyer, aussi que tu ailles mieux avec ton épaule. Un petit mot (par exemple
OK) serait un signe pour dissiper mon inquiétude.
J'imagine déjà que si je pars, je ne
pourrais pas écrire aussi facilement que maintenant.
Mais que sais-je de plus loin
qu'aujourd'hui.
AnneAnne,
Ne cède pas à la tentation d'écrire
si ton épaule te fait mal, bientôt la technologie permettra d'écrire avec les
yeux. Dans cette attente, je pense à toi, je t'envoie des amitiés
papillonnantes pour aérer les douleurs.
Ychaï.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire