lundi 4 juillet 2016

18 juillet 2014 Roger

Jérusalem le dix sept juillet deux mil quatorze à vingt deux heures quarante.

AnneAnne,
Je m’inquiète de ton inquiétude et je voudrais pouvoir te rassurer.
La vie est là et continue, et nous continuons avec.
Je ferai comme tu l'écris pour donner les coordonnées et mettre en sûreté ce qu'il y a dans ma mémoire virtuelle.
Je voulais t'écrire dés que j'ai ouvert ton dernier courriel, mais je devais aller à une manifestation pour la paix qui s'est tenue à vingt heures trente sur la place de la mairie.
J'ai fait des photos que je t'envoie sur « Shutterfly » ou par « Web Transfer ».
C'est la première manifestation de ma vie que je vis et à laquelle je participe.
Comme dit le dicton, il n'est jamais trop tard…
Ma journée a été assez agitée avec deux rendez-vous reportés qui m'ont fait perdre la matinée et mon calme.
J'ai lu ton courriel une fois, mais je devais partir. Cela m'a permis de laisser un peu d'écart avec la première émotion. Et de réfléchir. Pour te répondre, bien que je m'efforce de répondre en oblique. J'ai appris l'oblique par les cours sur l’intime de François Jullien, que j'ai entendus ce matin avec grand plaisir.
Merci pour tes offres de correction, que j’accepte avec gratitude. Mais j'attends d'être mieux organisé pour commencer à chercher le « Blog » et la manière de m'en servir.
L'autre solution qui serait la meilleure  serait de :
-Trouver une aide efficace et sachant le français pour s'occuper de mettre de l'ordre dans le désordre de mon ordinateur : écrits, photographies générales et de mes tableaux, faire fonctionner le « Blog », classer, classer…
-Trouver aussi des aides pour faire le travail technique, ce qui me laisserait plus de temps pour peindre et avancer le nouveau projet.
J'écris la description de ce que je voudrais faire pour chercher du financement car le vidéaste voudrait commencer la recherche.
Je perds de l'énergie et de la concentration quand je sens que je dois aller dans toutes les directions. J'ai tendance à abandonner l'ordre pour continuer mon chaos créatif.
Mon autre tendance (ou un défaut) est d'aller de l'avant et d'avoir du mal à corriger mes textes, mes tableaux.
Je m'aperçois, ces temps-ci, où je fais un effort pour améliorer mon alimentation, que mon inventivité me fait inventer et improviser des plats que je ne peux reproduire.
Actuellement, je cherche presque désespérément des aides.
Le vidéaste, s'étant enflammé très vite quand je lui ai expliqué le nouveau projet, voudrait que je finisse la fresque dans un mois en prenant cinq aides. J'ai apprécié son conseil, mais je lui ai opposé le problème financier.
En exposant ma nouvelle conception de la fresque, j'ai enthousiasmé les personnes à qui j'en ai parlé. Il faudrait garder les bonnes énergies et les espoirs.
Quelque part, dans quelque moment, le rêve se concrétise, devient réel, et le réel se transforme en rêve.
Comme pour les fils que nous tissons et comme ma façon d'écrire qui semble aller dans tous les sens mais avec sens, je comprends aussi à travers le « high » de ce projet que c'est toujours une même idée que je poursuis ou qui me poursuit.
La réunion des fils. Tous les fils : fil de l'amitié, fil de l'amour, de l'art, de l'éthique, de la rencontre, etc. Le refus de la séparation, le besoin que tout soit en harmonie.
J'ai l'impression que ces émotions ont conduit toute ma vie et continuent de me porter.
Le refus du classement et du catalogue et même de la chronologie.
 Ce que je continue à faire, classer les photos et les agendas, est un travail pour moi et contre moi.


Les photos de la manifestation, avec quelques autres photos, pourront peut-être diminuer ton inquiétude ou, à travers ce que j'ai vu et choisi en photographiant, lire le message. Vivre ici est autre chose que ce que l’imagination des médias donne.
La vie ici est un tourbillon qui nous jette à terre et nous force à nous relever avec toutes les erreurs et les horreurs.
Quand je suis en France, j'ai l'impression de naviguer sur un lac tranquille. De retour ici, je me sens être sur une barque parmi les éléments déchaînés, vagues, pluies, bourrasques, les voiles que se déchirent.
Cette grande différence accentue le malentendu, l'absence de compréhension, l'impression de ne pas vivre dans le même temps.
Et pourtant, quand tu verras les photos des participants de cette manifestation pour la paix, le cessez le feu et le dialogue, tu sauras qu'il y a des points de rencontre et aussi ici une force pour changer la situation.
Comme tu écris : quelle connerie.
Je dois garder mon calme et mes repères pour vivre dans ces tempêtes et ma propre tempête.
AnneAnne,
Surtout, porte-toi bien, le mieux que tu puisses, et que tu te souhaite, et sans inquiétude, s'il te plaît.
Je te lis et attends tes courriels.
Comme je te l'ai déjà suggéré, de trouver et d'essayer ce logiciel qui écrit la voix, pour économiser ton épaule et selon le désir que tu as manifesté dans ton dernier courriel.
Le désir d'écriture.
Je m'occupe des photos maintenant, il y en a beaucoup. Je ne vais pas choisir. Selon le programme qui voudra bien les accepter, je mettrai des explications.
Bonne nuit avec toute mon amitié. La vraie, celle qui brille.
Ychaï


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