Jérusalem le dix sept juillet deux mil
quatorze à vingt deux heures quarante.
AnneAnne,
Je m’inquiète de ton inquiétude et je
voudrais pouvoir te rassurer.
La vie est là et continue, et nous
continuons avec.
Je ferai comme tu l'écris pour donner
les coordonnées et mettre en sûreté ce qu'il y a dans ma mémoire virtuelle.
Je voulais t'écrire dés que j'ai ouvert
ton dernier courriel, mais je devais aller à une manifestation pour la paix qui
s'est tenue à vingt heures trente sur la place de la mairie.
J'ai fait des photos que je t'envoie sur
« Shutterfly » ou par « Web Transfer ».
C'est la première manifestation de ma
vie que je vis et à laquelle je participe.
Comme dit le dicton, il n'est jamais
trop tard…
Ma journée a été assez agitée avec deux
rendez-vous reportés qui m'ont fait perdre la matinée et mon calme.
J'ai lu ton courriel une fois, mais je
devais partir. Cela m'a permis de laisser un peu d'écart avec la première
émotion. Et de réfléchir. Pour te répondre, bien que je m'efforce de répondre
en oblique. J'ai appris l'oblique par les cours sur l’intime de François
Jullien, que j'ai entendus ce matin avec grand plaisir.
Merci pour tes offres de correction, que
j’accepte avec gratitude. Mais j'attends d'être mieux organisé pour commencer à
chercher le « Blog » et la manière de m'en servir.
L'autre solution qui serait
la meilleure serait de :
-Trouver une aide efficace et sachant le
français pour s'occuper de mettre de l'ordre dans le désordre de mon
ordinateur : écrits, photographies générales et de mes tableaux, faire
fonctionner le « Blog », classer, classer…
-Trouver aussi des aides pour faire le
travail technique, ce qui me laisserait plus de temps pour peindre et avancer
le nouveau projet.
J'écris la description de ce que je
voudrais faire pour chercher du financement car le vidéaste voudrait commencer
la recherche.
Je perds de l'énergie et de la
concentration quand je sens que je dois aller dans toutes les directions. J'ai
tendance à abandonner l'ordre pour continuer mon chaos créatif.
Mon autre tendance (ou un défaut) est
d'aller de l'avant et d'avoir du mal à corriger mes textes, mes tableaux.
Je m'aperçois, ces temps-ci, où je fais
un effort pour améliorer mon alimentation, que mon inventivité me fait inventer
et improviser des plats que je ne peux reproduire.
Actuellement, je cherche presque
désespérément des aides.
Le vidéaste, s'étant enflammé très vite
quand je lui ai expliqué le nouveau projet, voudrait que je finisse la fresque
dans un mois en prenant cinq aides. J'ai apprécié son conseil, mais je lui ai
opposé le problème financier.
En exposant ma nouvelle conception de la
fresque, j'ai enthousiasmé les personnes à qui j'en ai parlé. Il faudrait
garder les bonnes énergies et les espoirs.
Quelque part, dans quelque moment, le
rêve se concrétise, devient réel, et le réel se transforme en rêve.
Comme pour les fils que nous tissons et
comme ma façon d'écrire qui semble aller dans tous les sens mais avec sens, je
comprends aussi à travers le « high » de ce projet que c'est toujours
une même idée que je poursuis ou qui me poursuit.
La réunion des fils. Tous les fils : fil
de l'amitié, fil de l'amour, de l'art, de l'éthique, de la rencontre, etc. Le
refus de la séparation, le besoin que tout soit en harmonie.
J'ai l'impression que ces émotions ont
conduit toute ma vie et continuent de me porter.
Le refus du classement et du catalogue
et même de la chronologie.
Ce que je continue à faire, classer
les photos et les agendas, est un travail pour moi et contre moi.
Les photos de la manifestation, avec
quelques autres photos, pourront peut-être diminuer ton inquiétude ou, à
travers ce que j'ai vu et choisi en photographiant, lire le message. Vivre ici
est autre chose que ce que l’imagination des médias donne.
La vie ici est un tourbillon qui nous
jette à terre et nous force à nous relever avec toutes les erreurs et les
horreurs.
Quand je suis en France, j'ai
l'impression de naviguer sur un lac tranquille. De retour ici, je me sens être
sur une barque parmi les éléments déchaînés, vagues, pluies, bourrasques, les
voiles que se déchirent.
Cette grande différence accentue le
malentendu, l'absence de compréhension, l'impression de ne pas vivre dans le
même temps.
Et pourtant, quand tu verras les photos
des participants de cette manifestation pour la paix, le cessez le feu et le
dialogue, tu sauras qu'il y a des points de rencontre et aussi ici une force
pour changer la situation.
Comme tu écris : quelle connerie.
Je dois garder mon calme et mes repères
pour vivre dans ces tempêtes et ma propre tempête.
AnneAnne,
Surtout, porte-toi bien, le mieux que tu
puisses, et que tu te souhaite, et sans inquiétude, s'il te plaît.
Je te lis et attends tes courriels.
Comme je te l'ai déjà suggéré, de
trouver et d'essayer ce logiciel qui écrit la voix, pour économiser ton épaule
et selon le désir que tu as manifesté dans ton dernier courriel.
Le désir d'écriture.
Je m'occupe des photos maintenant, il y
en a beaucoup. Je ne vais pas choisir. Selon le programme qui voudra bien les
accepter, je mettrai des explications.
Bonne nuit avec toute mon amitié. La
vraie, celle qui brille.
Ychaï
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