Numéro seize du
douze septembre deux mil quatorze.
Liste des
suppressions
Jérusalem le douze
septembre deux mil quatorze à douze heures quarante cinq.
AnneAnne,
Un silence d'un
jour pour cause de fatigue. Tout ce que j'ai écrit dans ma tête, naturellement,
a été oublié ou est descendu dans les profondeurs.
Liste des
suppressions :
J'ai supprimé :
le pain, le lait de vache, presque les voyages, le rasoir à lame et le rasoir
électrique, voir des films au cinéma ou sur l'ordinateur, la télévision mais
pas tout à fait la radio transistor, les glaces et sorbets, surtout au
chocolat, malgré ma fascination pour le blanc et le froid. Se reporter à mes
précédents courriels.
Je n'ai pas
supprimé l'amitié et l'amour, la soif d'apprendre, les kilos en trop, la
rencontre et le contact, la vue intérieure et la vue des mamans avec leurs
poussettes.
J'ai supprimé les lunettes de vue mais
pas de soleil, le savon et le shampooing pour raison écologique, les
parfums et la viande, les farines, le vin et les alcools, et les croissants au
beurre.
Je n'ai pas
supprimé ma curiosité, mes envies, mes désirs, mes rêves et mes espoirs, les
« O méga trois », les sardines et les maquereaux en boites à l'huile
d'olive, les vieux papiers et les factures.
J'ai supprimé
les sous-vêtements pour cause de santé, les statines et le micropirine, la friture,
la natation et la voiture, les invitations à déjeuner, la lecture des lettres
de la banques et des factures.
Je n'ai pas
supprimé mes doutes, mes répétitions, mes manies, une certaine nostalgie, la
croyance au changement, la couleur de mes yeux, les cauchemars et mes fantômes,
les envies de dormir quand je suis fatigué.
J'ai supprimé
certaines habitudes, mais pas toutes. Le rêve de l'absolu. Les rencontres à
plusieurs, les invitations en général et le poivre.
Je n'ai pas
supprimé le café, le désordre physique et mental, la façon de bouger les jambes
quand je suis assis, la vitesse de mes actions, le défaut de faire plusieurs
choses à la fois, l'huile de l'arbre à thé.
J'ai supprimé la
mauvaise térébenthine, la lessive, le dentifrice, les heures des repas, la
régularité du déroulement des jours et des nuits, la quotidienneté, la course
après l'autobus.
Je n'ai pas
supprimé la mauvaise habitude de traverser en dehors des passages autorisés,
pas supprimé entièrement le sel, le souvenir de l'enfance et les vacances à Cap
Falcon, au bord de la mer, le goût du sel marin sur ma peau.
J'ai supprimé
les grands repas, les assemblées de plus de deux personnes, les associations
politiques, les journaux et les magazines, l'écoute de Jacques Lacan, la pensée
d'être ailleurs, l'aspirateur qui fait du bruit, le plastique et le
chewing-gum.
Je n'ai pas
supprimé l'odeur des mimosas du jardin de la villa des parents de Michèle B.,
le goût des poivrons rouges séchés au soleil et conservés dans des bocaux en
verre avec de l'huile d'olive, gardés pour la consommations des fêtes de Pâque,
le vide au-dessous de mes pieds.
J'ai supprimé la
fausse tristesse et la fausse nostalgie, le talc parfumé, les ampoules qui ne
sont pas économiques, ma façon de marcher les yeux fixés sur le sol, la
crispation de mes épaules.
Je n'ai pas
supprimé les démangeaisons, la peur de me regarder dans un miroir et d'arriver
en retard aux rendez-vous, la tristesse de ne pas réaliser toutes les promesses
que je me suis faites, la jalousie et la comparaison.
À suivre…mes
yeux se ferment.
Je te souhaite
une bonne nuit et un bon réveil, avec mon grand bon jour.
Ychaï
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