jeudi 11 août 2016

8 octobre 2014 Roger 1

Jérusalem le sept octobre deux mil quatorze à trois heures.
N° trente trois du sept octobre deux mil quatorze.
Oubli à ajouter à la liste du blanc.

AnneAnne,
Écrire,
Imaginer, avec tes courriels, la lecture de ceux-ci, ta vie du temps qui passe, et du temps passé.

Hier, j'ai saisi le blanc – couleur que je n'avais pas remarquée dans le nom des rues que j'ai habitées dans les années mil neuf cent soixante quinze. Je ne m'étais pas aperçu qu'il faisait partie d'un des fils de mes listes.
J'ai habité deux ou trois ans, au dix neuf, rue des Blancs-Manteaux. J'ai déménagé après que Frédérique soit venue me rejoindre. Nous avions pris ensuite un appartement, au deux, rue du Plâtre. Le plâtre aussi est blanc.
Je me souviens du numéro de téléphone 01 42 72 46 84.
J'ai quitté cette rue quand nous nous sommes séparés.
J'avais habité rue Pavée, première fois de ma vie à Paris que je vivais dans le quartier du Marais.
Dadou s'était installé dans ce quartier depuis plusieurs années.
En t'écrivant, je cherche à vaincre la résistance à ne pas vouloir me rappeler les dates et la succession des endroits où j'ai vécu. 
La rue Pavée, se trouvait à côté d'une belle  synagogue, construite par un architecte connu.
Chronologiquement, j’ai habité pendant cette période :
 (1)-Rue Pavée, (2)- rue des Blancs Manteaux, (3)-rue du Plâtre, (4)-sept, rue du Pont aux Choux.
Lina la sœur de Dadou a habité au 22 de cette même rue. Lina m’avait trouvé cette chambre en me recommandant à son propriétaire, un tailleur juif propriétaire d’un magasin, se trouvant sur le boulevard Beaumarchais, et de plusieurs immeubles dans le quartier. L’immeuble rue du Pont-aux-Choux, et l’immeuble rue des Filles du Calvaire, appartenaient à ce couple de propriétaires. J’ai pu, après être entré dans la chambre de la rue du Pont-aux-Choux, trouver un studio pour Dominique J. Après avoir payé une reprise, habitude parisienne de corruption et d’exploitation, Dominique a pu emménager dans ce studio.
Dominique m'avait demandé de l'aider à faire des travaux dans cette chambre, occupée auparavant par un homme solitaire dont le métier était de sculpter les statues de cire du Musée Grévin. J'ai été aidé pour faire ces travaux par un ami breton, s’occupant aussi de menuiserie. Cette chambre comprenait une pièce principale et une petite cuisine, sans électricité, ni gaz.
 L'ancien locataire vivait seul, n'avait pas de famille. Après sa mort, le couple de propriétaires, un peu charognard, avait vidé la plupart des affaires appartenant au défunt.
Mais pas toutes, car…
En effectuant les travaux, voulant déplacer une armoire, j'ai trouvé une enveloppe qui contenait une grande somme d'argent liquide, à peu prés un million d'anciens francs. Sachant que cet homme était mort sans famille, Dominique a gardé l'argent, m'a fait cadeau de la somme qui m'a permis de payer la reprise (4) de la chambre de la rue du Pont-aux-Choux. Je m’aperçois que je ne suis plus aussi sûr. Est – ce que le studio de Dominique rue des Filles du Calvaire est arrivé avant mon studio rue du Pont-aux-Choux ?  
J'ai pu faire, avec cet argent qui tombait du Ciel, manière de dire, des travaux plus importants. J'ai dans ma mémoire, gardé les images de ce lieu.
-- Inclure une liste de mes bricolages et réfections de mes lieux d'habitation ou de celles de mes amis chez qui j'ai bricolé. --
C'est dans cette rue, rue des filles du Calvaire, que Dadou a habité quand il a vécu avec Sylvie. Sylvie, l'amie de Frédérique dont Dadou était tombé amoureux, et avec qui, il a eu deux enfants, Violette et Daniel.
Après avoir vécu dans cet appartement dans cette rue, il a acheté un autre appartement dans cette même rue, à l’angle avec le boulevard Beaumarchais. C'est dans cet appartement qu'il a vécu jusqu'à sa mort.
Avec cet argent - miracle de la somme trouvée -, nous avons, Dominique et moi, invité dans un restaurant tunisien tous nos amis. Cet événement a frappé leurs mémoires, est resté un sujet de joie pendant des années.
Dominique et son frère étaient mes élèves quand j'enseignais la guitare au conservatoire du 13ème arrondissement. Elle habitait avec ses parents, avenue d’Italie, un appartement de fonction, son père était directeur d'un bureau de poste.
J'ai arpenté cette avenue pendant des années, l’appartement de mes parents se trouvait dans le prolongement de cette avenue, au numéro cinquante deux de l'avenue de Fontainebleau, Kremlin-Bicêtre. Ils avaient acheté cet appartement en mil neuf cent soixante et un, à peu près, avant la fin de la guerre d'Algérie.
Je raconterai plus tard, l'histoire de la rue Debeylleme, où Dadou avait repris un appartement dans un hôtel où Madame de Maintenon, la maîtresse d'un roi dont je ne me souviens plus le nom, peut – être Louis XIV, un lieu immense, servant de réserve pour un antiquaire spécialisé dans la location de fournitures pour les décors de cinéma. Dad a été obligé de quitter ce lieu fantastique, des années plus tard, après avoir lutté à coup de procès contre des loups. Il avait réussi à louer cet endroit magnifique, par mon intermédiaire. J’avais fait la connaissance de cet antiquaire dans la cour de cet hôtel, je faisais à l'époque des travaux de rénovation pour l’atelier de fabrication des objets de décoration, un des métiers parmi les nombreuses occupations de Dadou.
Ses occupations n'ont jamais enlevé sa grande et merveilleuse disponibilité.
Cet atelier se trouvait dans une aile de cet endroit historique.
J'habitais alors dans la chambre de la rue Pavée.
La rue Pavée était la continuation de la rue de Turenne, sortant de la rue Debeylleme et en tournant à droite.
La rue Pavée aboutissait à la station de métro « Saint Paul » sur la rue de Rivoli, grande rue qui conduisait en sortant à droite sur le BHV, Bazar de l'Hôtel de Ville. La Mairie de Paris se trouvait à gauche, à la hauteur du BHV.
J'avais travaillé dans le BHV pendant un mois dans les années mil neuf cent soixante. J’ai été renvoyé sans avoir été trop étonné, m'étant endormi dans un grand tiroir, dans le stand où je devais être vendeur.
La rue Debeylleme rejoignait d'un côté la rue de Turenne et de l'autre la rue des Archives. La rue des Archives arrivait à la rue des Blancs-Manteaux à gauche et un peu plus loin à droite sur la rue du Plâtre.
 A droite, quand nous sortions de l'Hôtel de la rue Debeyllème, nous tombions dans la rue de Turenne, nous prenions sur la gauche pendant cinquante mètres et le premier coin à droite était la rue du Pont-au-Choux.
En continuant tout droit dans la rue de Turenne, la rue des Filles du Calvaire se trouvait à droite. 
Rue de Turenne, trottoir de droite, première à droite rue du Pont-aux-Choux, deuxième à droite une rue où se trouvait la boulangerie du mari de la sœur de Dad.
Il est évident que j’aurais pu t’envoyer du « Google Maps ». Je t’aurais évité mes explications topologiques, subjectivement incompréhensibles. 
J'ai travaillé comme chauffeur-livreur de petits pains pendant un été chez le beau – frère de Dadou, directeur de cette boulangerie.
Troisième rue à droite la rue des filles du Calvaire.
Plus haut, dans cette même rue, le petit appartement où Dadou et Sylvie se sont installés : Violette y est venue au monde.
En face, le studio de Dominique, sur le même trottoir, encore un peu plus haut, l'appartement de Dadou dans les dernières années de sa vie.
Je ne sais pas copier les cartes, comme je crois mes explications confuses, tu pourrais faire apparaître sur ton écran et par ta science informatique, visualiser les informations que j'essaye de te communiquer.
Imagine que nous avons passé des heures dans tous les cafés de ces rues, avec Dadou, Loulou, Macona…
Ces dernières années, lors de mes voyages à Paris, le café « Saint Claude », situé au bout de la rue du Pont-aux-Choux, faisant coin avec le boulevard Beaumarchais, était le lieu de nos rendez-vous avec Dadou et Macona entre midi et deux heures.
Ma tête tourne, j'espère que tu pourras suivre jusqu'au bout mes explications et, pour t'éviter le tournis, regarder sur une carte.
Je ne sais plus où j'en suis… Je me suis perdu…
Je saute dans le temps à venir. Mil neuf cent soixante dix neuf, dix rue de Picpus, avec le groupe d’élèves que j'avais formé musicalement. Nous avions formé une petite communauté, loué un appartement situé dans un rez-de-chaussée.
Je leur enseignais la guitare et la musique tous les jours pendant deux heures ou plus.
J'ai quitté cet appartement en mil neuf cent soixante dix neuf – mil neuf cent quatre vingt.
Claire, Ingrid, Marie-Pia, My Yong, Bruno et moi étions les locataires fixes.
Marie-Pia venait tous les jours pour suivre mon enseignement.
Bénédicte venait souvent et restait dormir quand elle n'avait pas envie de rentrer chez ses parents à Meudon.
Sidi Lamine passait tous les jours prendre son bain et se nourrir. Me voir aussi.
-- Écrire sur mon amitié avec Sidi. --
Mon père est mort en mil neuf cent soixante dix neuf.
Je suis parti dans le sud de la France, y ai passé presque un an, suis revenu à Paris pour m'exiler à Jérusalem en septembre mil neuf cent quatre vingt un.
Je fatigue et ma dyslexie revient.
Dans l'attente de tes nouvelles, en pensant à toi, m'excusant de mon style décousu allant dans toutes les directions, une manière d'écrire formée d'associations, sans constructions, libre de toutes contraintes, se voulant quelque chose comme style peut-être, mais écrit avec amitié, une amitié simple et franche, directe et généreuse, naïve et consciente…etc… Sincère et chaleureuse, attentive et responsable, présente et proche.
Remplissant le blanc avec l'ignorance du futur prochain où le rythme de mes courriels sera perturbé par mon voyage.
Mon amitié.

Ychaï.





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