lundi 1 août 2016

30 septembre 2014 Roger

Est-ce le numéro vingt sept du trente septembre deux mil quatorze.

Frisson Frémissement.

Jérusalem le trente septembre deux mil quatorze à sept heure vingt, repris à dix sept heure trente cinq.

AnneAnne,

Tes explications, ton soutien, me sont d’une grande aide.
Écrire combien ta proposition de faire chanter les textes m'a beaucoup plu.
Ces dernières nuits, malgré mon envie de continuer la description explicative de mon projet, ont été surtout occupées par beaucoup de sommeil.
Je règle la sonnerie du réveil à quatre heures, je me lève, je lui coupe la parole, puis je me recouche jusqu'à six heures.
Est-ce qu'un réveil peut me parler à travers sa sonnerie, me rappeler à une intention ?
Je crois pouvoir formuler des propositions dans ma tête, mais je n'en sors pas grand-chose pour l'instant. Une tête récalcitrante.
J'en suis arrivé à la conclusion, pour être clair, de ne pas vouloir écrire le tout, mais de séparer les idées et les intentions.
Le désir de dire, d'écrire tout, révèle-t-il un besoin de se sentir entier, de combler un vide, un manque ? Être un bavard ?
Le tout est impossible, cette illusion d'une possibilité de tout, me fait tomber dans le piège.
Il paraît que nous possédons cinquante mille mots dans notre vocabulaire, mais j'ai l'impression que je n'en possède pas un centième !
J'élague.
Je devrai écrire deux textes, un papier concentré sur une explication simple, compréhensive, pour espérer un résultat concret, un autre papier où j'écrirai les analyses et les chemins qui m'ont fait arriver au désir de construire ce projet.
-Une intention dirigée sur le désir d'un résultat pour avoir de l'aide extérieure sous formes de bourses, de possibilités d'expositions, etc…
-L'autre papier, celui qui m'enthousiasme, serait l'écriture de tous les fils, chemins, routes, rêves, besoins, angoisses, analyses psychologiques, qui m'ont fait arriver à vouloir mettre à jour, à enfanter ce projet. Ce que j’appelle le tout. Le tout impossible.
Les motivations conscientes ou inconscientes, les dérives, les folies, les capacités ou incapacités.
Non pas la vision de l'araignée tissant avec ordre sa toile pour un but.
Cette vision appartient déjà au collage « A Deux Mains ».
Ce serait un fil, un chemin de visage en visage, de mouvement en mouvement, le contraire de mon incohérence, de mon chaos.
Un fil d'une construction idéale où les nœuds, brisures, chutes, redressements ne seront pas visibles.
Le symbole du labyrinthe. La difficulté de l'entrée et de la sortie.
Un volcan qui déverserait et mettrai à jour le dedans, cette lave visible dans le désordre, un dehors où s’estomperait le trop de clarté.
Le respect de l'entre. Entre deux, entre le visible et l'invisible.
-La recherche à travers le parcours dans ce labyrinthe, où le visible se ferait par des transformations, des variations lentes où apparaîtrait sans violence, dans le mystère de la couleur, de la ligne, de la musique, de l'obscurité et de la lumière, un visage.
Je remarque que j'écris et promet à chaque courriel une continuation proche et immédiate, une promesse que je ne tiens pas toujours.
Serait-il possible dans ce papier pour le projet, de respecter ces conditions, ces désirs ?
Partir d'un point qui aboutit à un autre point. Une cause à un résultat. La ligne droite.
Vouloir la résolution des intentions en une unité?
Une course de chevaux (de spermatozoïdes) au départ avec un gagnant à l'arrivée ?
Ha ! Ha ! Ha ! Je m'éloigne, en même temps, je me rapproche.
Dérouler la pelote en pensant qu'il y a un commencement et une fin.
Regrouper et assembler tous les morceaux d'une ficelle d'une vie morcelée.
Faire des liens avec les petits bouts de fil.

Les ficelles.
Je passais des heures à voir mon père, défaire les nœuds des ficelles, qui attachaient les paquets qu'il recevait ou les fils de nylon de sa canne à pêche. Pèche. Pêche. Péché. Pêché. Ne pas couper.
Il ne voulait pas couper la ficelle. Ne pas jeter le lien.
J'ai hérité de ce comportement car je n'ai rien jeté. Mes archives personnelles m'ont permis de puiser des renseignements dans ces trésors, pour écrire mon journal chronologique.
Je comprends maintenant pourquoi je n'ai rien jeté, leur valeur m'a été cachée pendant des années.
Les peintures gardées, non classées, conservées, assemblées, dans le but de faire un montage comme dans un film.
Le montage mettant en valeur un tableau par rapport à un autre.
Les rendre solidaires, difficiles à vendre, sauf à de vrais collectionneurs ou à des musées.
Pourquoi me mettre des bâtons dans les roues ?
Ne jamais aller vers la facilité.
Un projet modulable, adaptable, inclassable, par le mélange de genres.

Je pourrais continuer cette investigation mais je ne veux pas continuer à t'imposer mon délire.
Ne prends pas au sérieux toutes ces explications, malgré leur lourdeur, leur confusion. Les explications sans justifications cherchent à te faire sourire et à me rendre moins confus.
Retarder, faire un pas en arrière pour mieux sauter.
Être un peintre qui va et vient, qui s'éloigne et se rapproche de son chevalet.
Dans le prochain courriel, vraie promesse, je m'efforcerai de commencer l'écriture de ce papier. L'historique du projet « Ma Mère,
 Figures et Mouvements, Entrée dans mon Labyrinthe ».
Brochure, catalogue, ou autre chose.
AnneAnne,
Une bonne journée avec une amitié attentive, affectueuse donnant l'espace et le blanc entre les lignes et les lettres.
Je sens « l'abrazo ». Être dans les bras.
Em-bras-sement, embrasement, dont les fragments étonnent.

Ychaï


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire