Est-ce le numéro vingt
sept du trente septembre deux mil quatorze.
Frisson Frémissement.
Jérusalem le trente septembre
deux mil quatorze à sept heure vingt, repris à dix sept heure trente cinq.
AnneAnne,
Tes explications, ton
soutien, me sont d’une grande aide.
Écrire combien ta
proposition de faire chanter les textes m'a beaucoup plu.
Ces dernières nuits,
malgré mon envie de continuer la description explicative de mon projet, ont été
surtout occupées par beaucoup de sommeil.
Je règle la sonnerie
du réveil à quatre heures, je me lève, je lui coupe la parole, puis je me
recouche jusqu'à six heures.
Est-ce qu'un réveil
peut me parler à travers sa sonnerie, me rappeler à une intention ?
Je crois pouvoir
formuler des propositions dans ma tête, mais je n'en sors pas grand-chose pour
l'instant. Une tête récalcitrante.
J'en suis arrivé à la
conclusion, pour être clair, de ne pas vouloir écrire le tout, mais de séparer
les idées et les intentions.
Le désir de dire,
d'écrire tout, révèle-t-il un besoin de se sentir entier, de combler un vide,
un manque ? Être un bavard ?
Le tout est
impossible, cette illusion d'une possibilité de tout, me fait tomber dans le
piège.
Il paraît que nous
possédons cinquante mille mots dans notre vocabulaire, mais j'ai l'impression
que je n'en possède pas un centième !
J'élague.
Je devrai écrire deux
textes, un papier concentré sur une explication simple, compréhensive, pour
espérer un résultat concret, un autre papier où j'écrirai les analyses et les
chemins qui m'ont fait arriver au désir de construire ce projet.
-Une intention
dirigée sur le désir d'un résultat pour avoir de l'aide extérieure sous formes
de bourses, de possibilités d'expositions, etc…
-L'autre papier,
celui qui m'enthousiasme, serait l'écriture de tous les fils, chemins, routes,
rêves, besoins, angoisses, analyses psychologiques, qui m'ont fait arriver à
vouloir mettre à jour, à enfanter ce projet. Ce que j’appelle le tout. Le tout
impossible.
Les motivations
conscientes ou inconscientes, les dérives, les folies, les capacités ou
incapacités.
Non pas la vision de
l'araignée tissant avec ordre sa toile pour un but.
Cette vision
appartient déjà au collage « A Deux Mains ».
Ce serait un fil, un
chemin de visage en visage, de mouvement en mouvement, le contraire de mon
incohérence, de mon chaos.
Un fil d'une construction
idéale où les nœuds, brisures, chutes, redressements ne seront pas visibles.
Le symbole du
labyrinthe. La difficulté de l'entrée et de la sortie.
Un volcan qui
déverserait et mettrai à jour le dedans, cette lave visible dans le désordre,
un dehors où s’estomperait le trop de clarté.
Le respect de
l'entre. Entre deux, entre le visible et l'invisible.
-La recherche à
travers le parcours dans ce labyrinthe, où le visible se ferait par des
transformations, des variations lentes où apparaîtrait sans violence, dans le
mystère de la couleur, de la ligne, de la musique, de l'obscurité et de la
lumière, un visage.
Je remarque que
j'écris et promet à chaque courriel une continuation proche et immédiate, une
promesse que je ne tiens pas toujours.
Serait-il possible
dans ce papier pour le projet, de respecter ces conditions, ces désirs ?
Partir d'un point qui
aboutit à un autre point. Une cause à un résultat. La ligne droite.
Vouloir la résolution
des intentions en une unité?
Une course de chevaux
(de spermatozoïdes) au départ avec un gagnant à l'arrivée ?
Ha ! Ha !
Ha ! Je m'éloigne, en même temps, je me rapproche.
Dérouler la pelote en
pensant qu'il y a un commencement et une fin.
Regrouper et
assembler tous les morceaux d'une ficelle d'une vie morcelée.
Faire des liens avec
les petits bouts de fil.
Les ficelles.
Je passais des heures
à voir mon père, défaire les nœuds des ficelles, qui attachaient les paquets
qu'il recevait ou les fils de nylon de sa canne à pêche. Pèche. Pêche. Péché.
Pêché. Ne pas couper.
Il ne voulait pas
couper la ficelle. Ne pas jeter le lien.
J'ai hérité de ce comportement
car je n'ai rien jeté. Mes archives personnelles m'ont permis de puiser des
renseignements dans ces trésors, pour écrire mon journal chronologique.
Je comprends maintenant
pourquoi je n'ai rien jeté, leur valeur m'a été cachée pendant des années.
Les peintures
gardées, non classées, conservées, assemblées, dans le but de faire un montage
comme dans un film.
Le montage mettant en
valeur un tableau par rapport à un autre.
Les rendre
solidaires, difficiles à vendre, sauf à de vrais collectionneurs ou à des
musées.
Pourquoi me mettre
des bâtons dans les roues ?
Ne jamais aller vers
la facilité.
Un projet modulable,
adaptable, inclassable, par le mélange de genres.
Je pourrais continuer
cette investigation mais je ne veux pas continuer à t'imposer mon délire.
Ne prends pas au
sérieux toutes ces explications, malgré leur lourdeur, leur confusion. Les explications
sans justifications cherchent à te faire sourire et à me rendre moins confus.
Retarder, faire un
pas en arrière pour mieux sauter.
Être un peintre qui
va et vient, qui s'éloigne et se rapproche de son chevalet.
Dans le prochain
courriel, vraie promesse, je m'efforcerai de commencer l'écriture de ce papier.
L'historique du projet « Ma Mère,
Figures et
Mouvements, Entrée dans mon Labyrinthe ».
Brochure, catalogue,
ou autre chose.
AnneAnne,
Une bonne journée
avec une amitié attentive, affectueuse donnant l'espace et le blanc entre les
lignes et les lettres.
Je sens « l'abrazo ».
Être dans les bras.
Em-bras-sement,
embrasement, dont les fragments étonnent.
Ychaï
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