lundi 29 août 2016

24 octobre 2014 Roger 1

Voilà,

J'essaye de trouver par ce moyen, de t'écrire et d'envoyer le courriel sans être connecté.
J'erre dans le centre de la ville. J'ai tourné pour trouver un café qui n'est pas restaurant.
Comme à Paris, je vois un nombre impressionnant d'épiceries et de restaurants. Les gens fument dans les rues, j'ai acheté un masque pour ne pas respirer la fumée. Etant obligé de respirer en marchant derrière les gens, mon nez et ma gorge se sont irrités.
Errance froide, ennuyeuse, je cherché un cinéma pour me reposer au chaud, si possible avec un bon film. Le centre ville est en pleins travaux. Je suppose que les cinémas sont excentrés.
Je m'applique, comme tu le constates, ayant peur que mon ennui transpire dans ce courriel.
J'oubliais de te demander comment s'est passée la séance avec ton exorciseur.
Ma cousine Joëlle et son amant, François, sont au travail, ils ne seront libres que ce soir, demain et dimanche.
Joëlle est la fille aînée de ma cousine germaine, fille de Rolande, sœur aînée de ma mère Eliane, fille de Rosine, veuve de guerre, celle de quatorze.
Rosine était enceinte de ma mère quand mon grand-père, Aaron est tombé dans les tranchées à côté de Verdun.
J'ai visité sa tombe, dans le cimetière militaire, il y a bien longtemps.
Je me souviens que nous avions mangé dans une petite auberge, sur la route où le petit vin  rosé  du coin  m'avait enivré. Je suis arrivé assez ivre devant la tombe. A cette époque, je ne buvais pas de vin et j'étais assez autiste.
Hier soir, j'ai brisé le régime que je me suis imposé à Marseille, pour ne pas être gavé, par ma cousine  Denise, la troisième fille de ma tante Rolande, qui a la mauvaise habitude de supplanter son absence de communication par le gavage.
Hier soir, l'ambiance était à l'écoute. Après un verre de très bon vin, j'ai beaucoup parlé de mes peintures et de mon voyage au Vietnam (te l’ai-je déjà raconté ?).
Mon auditoire était envouté par mon discours. Mon enthousiasme les avait fascinés. Je me demande si je ne devrais pas boire avant de rencontrer des gens, ou choisir les personnes susceptibles de m'écouter.
Je ne sais pas si je vais me relire.


Denise K. porte le même nom que ma sœur. J'étais proche d'elle.
Elle s'est suicidée il y a quinze ans,  après avoir supporté un mari idiot et avoir attendu que ses trois fils soient grands. J'avais de bonnes relations, sauf dans les derniers  mois où elle ne voulait pas me parler.
Nous avions la même maladie, la bipolarité. J’avais entrepris de me soigner depuis mil neuf cent quatre vingt deux. Ma sœur n'a pas voulu se soigner.
Je détaillerai plus tard. La blessure est vive malgré le temps qui a passé.
Elle est morte un an après ma mère.
J'ai été opéré à cœur ouvert en mil neuf cent quatre vingt dix neuf.
Ce courriel, un peu triste, écrit dans un pays et une ville tristes.
Joëlle m'a beaucoup aidé. Quand elle a divorcé, je l'ai soutenue pendant des années. Elle est maintenant plus équilibrée depuis qu’elle a un amant.
Ses enfants sont grands, l'aîné travaille dans une banque comme tous les luxembourgeois. Elle n'a pas pu quitter ce pays malgré quelques tentatives. Maintenant, avec son amant, elle attend sa retraite dans un an pour prendre une autre décision. Elle était venue avec ses enfants me visiter en Israël.
Nous avons voyagé en Jordanie pour visiter le site de Petra. Une ville très ancienne construite avec du sable.
Un voyage que j'avais oublié et que j'ajouterai à la liste.

AnneAnne,

Beaucoup de choses à écrire avec une attention amicalement affectueuse.


Ychaï

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