Cher Ychaï,
Me voilà à nouveau
dans mon rôle de garde chiourme avec en retour de toute l'agressivité de
quelqu'un dans le déni complet du problème, et du contexte d'une myopathie où
une déchirure musculaire sur toute la jambe est grave. Son interprétation du
repos absolu me fait grimper aux rideaux. Il croit en la magie des mots
« ça va, c'est rien », et en aucun cas ne compte annuler ce qu'il a
décidé de faire. J'ai pu éviter le jardinage mais c'est tout. Ma dépendance me
fait culpabiliser, d'où mon silence.
Ne te tracasse pas
pour les mails que tu juges ratés ou brouillons. Je ne mets pas des notes !
L'écriture passe
par cette étape, ça me permet de voir où ça coince. Je n'interviendrai que sur
ta demande, mais tu ne peux faire l'économie du « re travail »,
jusqu'à ce que (sans tenir compte du style, des fautes que je peux revoir) tu
aies exprimé ce qui est important.
Ca ne concerne que
ta présentation du projet,
pour les listes, les souvenirs, le langage parlé est très bien. Si tu commence
à réfléchir au style, tu vas perdre en spontanéité.
La règle que je
m'impose pour écrire :
- Premier jet
- Elaguer pour
arriver à un texte qui, indépendamment de ce que je veux dire, soit déjà
rêvant, donne à voir même si, et c'est le but à atteindre, le lecteur voit
autre chose, que ton travail rendra encore plus magique.
Elaguer veut dire
enlever toute les formules explicatives (« alors là, il y aura »,
« c'est pour ça que » etc…). Je fais cet élagage plusieurs fois.
Quand il me semble
que ça va, je passe à autre chose, je reviens lire l'esprit vide, comme si ce
n'était pas moi qui avais écrit, souvent j'y travaille encore pour changer un
mot, intervertir des phrases
- Faire des phrases
courtes. Supprimer des verbes. Une phrase sans verbe si l'image est forte, est
comme un choc entre les deux yeux. Dans les énumérations au lieu d'une longue
phrase avec des virgules des « : ». Une phrase introductive, puis une
succession de phrases sans verbes.
Un exemple, écris
vite avec les pieds !
1 Hier soir, il y a
eu un orage extraordinaire avec des éclairs qui jaillissaient dans tout le
ciel, le tonnerre qui éclatait en rafales, et la pluie dont on voyait les
trainées de gouttes traverser le paysage.
2 Soirée
tranquille, silencieuse. L'orage a éclaté, inatendu ! Lever
de rideau. Accrochées à un fil, trainées de pluies ondulant dans les
bourrasques. Tonnerre en rafales. Eclairs zébrant le ciel de toute
part. Chants et contrechants. Et le calme à nouveau…
D'un côté une
description de successions d'évènements.
De l'autre un petit
film où les images du lecteur remplissent les vides.
- La ponctuation
peut t'aider, te donner un cadre. Supprimer : « ; » et remplacer par
des points. Utiliser en fin de séquences… et une fois ! Encore faut-il le
placer au bon endroit.
Ensuite, il faut
que chaque phrase sonne, là c'est un travail avec le dico des synonymes, http://www.crisco.unicaen.fr/des/synonymes/avoir jusqu'à
ce qu’elle chante à l'oreille.
Mais cette partie
là, je veux bien m'en charger.
Chaque fois que tu
sors une nouvelle liste, tu me fais sourire. Je pourrais suivre tes pistes,
mais ça viendra plus tard.
Attention à la
taille des polices, certaines ne
supportent pas une grande taille et les lignes se chevauchent. Dans ces cas la,
clique à n'importe quel endroit du texte, fait CTRL+A, diminue la taille
jusqu'à ce que le problème disparaisse.
A plus tard, une
poignée de mains, un « abrazo » (tu as remarqué que certaines langues
ont un mot « juste », intraduisible, qui exprime exactement ce qu'il
faut dire avec plusieurs mots en français).
Les latinos
américains sont très physiques dans leurs contacts. « L'abrazo »,
c'est plus qu'une accolade, c'est quelque chose de chaleureux, on s'empoigne,
on s'embrasse, on se tape dans le dos, ça peut durer longtemps, c'est
l'affection à l'état pur, toujours sincère, qui dit sans mots tout ce que l'on
ressent.
AnneAnne
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