Une réponse de silence.
Numéro vingt quatre du vingt cinq
septembre deux mil quatorze.
Jérusalem, le jeudi vingt cinq septembre
deux mil quatorze, à dix heures trente.
AnneAnne,
Je te lis. Je pense à toi, en silence.
Je pense à tes problèmes. Le silence rempli, meilleur moyen de ne pas dire ou
écrire des choses vides.
Je complète la liste des instruments :
-Violon… Oubli du nom, la mort a motivé
mon changement d'instrument.
-Guitare…J’ai oublié ou je n’ai jamais
su.
-Piano et solfège : Monsieur Pomey,
conservatoire et privé.
Il était mon instituteur dans une
classe élémentaire. Je l'ai retrouvé au Conservatoire d'Oran en 1958. Nous
avons tissé des relations amicales. J'allais chez lui pour l'entendre jouer du
Mozart. Nous allions à la plage des Andalouses, où nous parlions de littérature
et nous lisions de Gide.
J'ai acheté ensuite toute la collection
reliée des œuvres de Gide que je possède encore. Cela me permet, chaque fois
que je passe devant ma bibliothèque, de penser à Monsieur Pomey et à mon neveu
Netanel. Gide a écrit un livre qui s’appelle Netanel.
J'avais trouvé un élève de guitare,
faisant son service militaire sur un bateau basé dans le port D'Ain El Turc. Je
l'avais présenté à Monsieur Pomey qui l'hébergeait quand il pouvait sortir de
son bateau. Monsieur Pomey était divorcé. Chose rare à l'époque, il
correspondait avec son fils qui habitait en France, en lui envoyant des bandes
magnétiques où il enregistrait sa voix. Il habitait la rue qui descendant vers
le Lycée Lamoricière. Une rue que j'aimais quand elle commençait et passait
devant l'appartement de Monsieur Pomey, mais que je détestais au fur et à
mesure qu’elle se rapprochait du lycée.
Je n'ai plus eu de nouvelles. Comme il
était de gauche, il a voulu rester en Algérie. Je ne sais pas s'il était né en
Algérie.
-Guitare à Strasbourg, école de
Fernandez Lavie.
-Guitare à Paris, école Paul Beucher.
Voila que je me souviens de nom du
professeur, Roche. Je ne suis pas sûr, je confonds peut-être avec l'église
Saint- Roche, où nous chantions avec la chorale du Carpentier et de la messe.
-Guitare avec Ida Presti et Alexandre
Lagoya, dans un bâtiment très beau et ancien, un ancien couvent, Couvent des
Ursulines.
-Solfège et histoire de la musique avec
« je ne me souviens pas », mais que j'aimais beaucoup, et qui donnait
des devoirs intéressants à faire, comme par exemple, inventer le programme
musical d'un festival.
-Cor d'harmonie au Conservatoire National
avec Monsieur Devemy.
-Cours de chant avec un ténor,
« je ne me souviens pas », rue de Madrid.
-Pipa avec Cheng Shiu-Cheng dans les
locaux de l'école de musique orientale dirigée par Monsieur Tran Van Khé.
-Dan Tran avec le professeur Tran Van Khé.
Je ne sais pas pourquoi le nom de l’instrument contient « Tran »
comme le nom « Tran Van Khé ».
-Zarb ou dom bak qui sont les deux sons
de base de cet instrument, « dom » le son grave et « bak »
le son aigu, avec Djamchid Chemirani que je vais revoir à Saint Maime, j'espère
bientôt.
La famille Chémirani est devenue très
importante et proche pour moi. Je dois consacrer un espace particulier et long
pour raconter mes aventures avec eux.
-Setar avec Darius Talaï (« You
Tube »), également devenu un ami, que j'ai connu chez les Chem's.
-Solfège à nouveau, études plus
poussées avec « je ne souviens pas », près du boulevard
Saint-Germain.
-Guitare avec Szendrey Carper à
Budapest et cours généraux de musique avec « je ne souviens pas » que
j'aimais plus que Carter.
Une année à Budapest avec un concert
que j'ai donné, malgré mon temps passé avec Miki à boire du café « Expresso »
fantastiquement bon, dans les cafés et chez ses amis. La Hongrie était très en
avance sur les « Expressos ». Ils étaient d’une qualité de supérieure
à celle des cafés d'Europe, le café venant de Cuba. Le café était la
« boisson » la plus populaire avec la bière et le Palinka, boisson
distillée avec des prunes.
-Enseignement de guitare, puis de zarb,
formation de groupes pour jouer les arrangements de chansons du répertoire
judéo-espagnol en langue ladino en Israël.
-Etude du hautbois avec « je ne
souviens pas », surtout pour arrêter de fumer, puis quelques concerts avec
cet instrument accompagné d’un chanteur qui nommé Sanders « quelque
chose », pas très bon chanteur. Notre répertoire était composé de mes
arrangements de musique ladino et yiddish.
-J’ai participé pendant dix ans au
groupe de musique javanaise, le Gamelan, de l'Université de Jérusalem. Les
instruments sont des métallophones (gongs et vibraphones) que nous devions
jouer à tour de rôle. Nous donnions plusieurs concerts par an. J'étais très
heureux dans ce groupe qui s'est dispersé depuis dix ans.
- La harpe de David, qui ressemble à
une harpe celtique, que j'ai pratiquée en autodidacte.
-Koto japonais, grande cithare sur
table, que j'ai joué surtout pour les concerts avec le groupe de musique
contemporaine, dirigé par Stephen Horenstein.
Il est possible que certains
instruments que j'ai pratiqués remontent à ma mémoire.
Suite à plus tard,
Je fatigue un peu mais mon amitié ne
fatigue pas.
Chère Amie,
Grande et profonde, proche et
attentive, dont les conseils sont précieux et dont la lecture généreuse, me
rendent sensible et reconnaissant.
Ychaï
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