Jérusalem le six
octobre deux mil quatorze à neuf heures dix.
Numéro trente et un
du six octobre deux mil quatorze.
Relent de
procrastination.
Oubli du voyage en
Tunisie aux alentours de mil neuf cent soixante quatre.
AnneAnne,
Dadou avait l'habitude, lors des premières de
son exil après les événements de Byzerte, de passer une partie de l'été en
Tunisie, à la plage de « la Goulette ».
Nous avions pris la
décision avec Loulou, son cousin germain, de le rejoindre.
Je bois trop de
café. Le maniement du clavier m'est devenu difficile à cause de ma nervosité.
Je ne me souviens
pas du moyen de transport que nous avions pris. Dadou et sa famille avaient
loué une villa sur le bord d'une plage. Il a pu nous loger, malgré les
nombreuses personnes qui l’entouraient, père, mère, sœurs et leurs
enfants, sur la terrasse, où se trouvait la buanderie. La buanderie est le nom
d'une petite chambre avec un grand bassin pour laver le linge. Cette petite
villa se trouvait près de la plage où nous passions beaucoup de temps. Les
vendeurs de jasmin vendaient leurs bouquets à la tombée de la nuit. Nous
mangions des complets poissons en début d'après-midi. Un plat qui consiste en
un poisson frit fraîchement péché sur lequel l’on posait deux œufs frits
entourés de frites et des petites salades méditerranéennes. C'était le plat
traditionnel de l’été sur la plage.
Nous avons visité
des endroits merveilleux comme Sidi Bou Saïd, un village perché sur une petite
montagne surplombant la mer avec son « Café des Nattes », maintenant
célèbre dans le monde entier.
Michel Foucault
venait souvent se réfugier dans ce village pour écrire ses livres.
L’événement le plus
marquant pour moi, fut que Dadou trouva le moyen de m'organiser un concert au
« Belvédère » situé aussi sur une colline qui dominait la mer d'un
autre point de vue que Sidi Bou Saïd. Un endroit de concert et de sortie
de la population bourgeoise de Tunis. Il fallut aussi trouver une guitare car
je n'avais pas pris mon instrument pour ce voyage.
Je devais jouer en
première partie après les danseuses de ventre, la deuxième partie était le tour
de chant de Jean-Claude Pascal.
Je suis arrivé au
« Belvédère », accompagné par les dizaines de personnes, famille et
amis de Dadou.
L’entrée était un
jardin merveilleux où étaient dressées des colonnes d'un mètre cinquante à peu
près, où étaient assis de petits garçons noirs habillés en costume rouge
imitant les costumes de laquais du siècle de Louis Quatorze. Ce fut mon
premier étonnement. Un trac immense m'envahit.
Je fus reçu par l’un
des organisateurs qui m'accompagna dans une chambre qui servait de coulisses
pour les artistes. Le deuxième événement fut d'essayer de me concentrer et de
me chauffer les doigts, sans grand succès. Les danseuses du ventre, à
moitié nues, se préparaient à rentrer en scène. J'eus, après qu’elles eussent
quittées la pièce pour faire leurs danses sur scène, un peu de temps pour
répéter et me concentrer sur les morceaux qui constituaient mon répertoire. Ma
prestation fut un succès. Dadou fut très fier de moi.
Je ne me souviens
pas de la fin de notre séjour ni comment nous sommes rentrés, Loulou et moi en
France.
AnneAnne,
Je pars pour mon
rendez-vous à onze heures au café Soyo dans la rue de la Vallée des Géants.
J'ai rendez-vous avec Amasia, directeur de l'ensemble gamelan avec lequel j'ai
joué de plusieurs instruments javanais. Nous avons arrêté les concerts et les
répétitions depuis quelques années pour la raison de vieillissements des musiciens
qui constituaient le groupe. Ils n'avaient plus de temps à consacrer à
cette très belle musique.
Passe une belle et
bonne journée que j'accompagne en t'envoyant avec mon souffle d'amitié, la
brise de cette belle journée hiérosolomytaine.
Ychaï.
La question sans
réponse.
Ne pas être un
chasseur qui poursuit sa proie, son but.
La gratuité de
l'attente.
Le non-faire
dans le faire de l'art.
Montrer qu'un
tableau n'est pas un objet, qu'il n'y a pas de relation, sujet objet dans les
actes artistiques.
Etc…
Ychaï
VOILA. VOILA.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire