mardi 2 août 2016

6 octobre 2014 Roger

Jérusalem le six octobre deux mil quatorze à neuf heures dix.
Numéro trente et un du six octobre deux mil quatorze.

Relent de procrastination.
Oubli du voyage en Tunisie aux alentours de mil neuf cent soixante quatre.

AnneAnne,

 Dadou avait l'habitude, lors des premières de son exil après les événements de Byzerte, de passer une partie de l'été en Tunisie, à la plage de « la Goulette ».
Nous avions pris la décision avec Loulou, son cousin germain, de le rejoindre.
Je bois trop de café. Le maniement du clavier m'est devenu difficile à cause de ma nervosité.
Je ne me souviens pas du moyen de transport que nous avions pris. Dadou et sa famille avaient loué une villa sur le bord d'une plage. Il a pu nous loger, malgré les nombreuses personnes qui l’entouraient, père, mère, sœurs et leurs enfants, sur la terrasse, où se trouvait la buanderie. La buanderie est le nom d'une petite chambre avec un grand bassin pour laver le linge. Cette petite villa se trouvait près de la plage où nous passions beaucoup de temps. Les vendeurs de jasmin vendaient leurs bouquets à la tombée de la nuit. Nous mangions des complets poissons en début d'après-midi. Un plat qui consiste en un poisson frit fraîchement péché sur lequel l’on posait deux œufs frits entourés de frites et des petites salades méditerranéennes. C'était le plat traditionnel de l’été sur la plage.
Nous avons visité des endroits merveilleux comme Sidi Bou Saïd, un village perché sur une petite montagne surplombant la mer avec son « Café des Nattes », maintenant célèbre dans le monde entier.
Michel Foucault venait souvent se réfugier dans ce village pour écrire ses livres.
L’événement le plus marquant pour moi, fut que Dadou trouva le moyen de m'organiser un concert au « Belvédère » situé aussi sur une colline qui dominait la mer d'un autre point de vue que Sidi Bou Saïd. Un endroit de concert et de sortie de la population bourgeoise de Tunis. Il fallut aussi trouver une guitare car je n'avais pas pris mon instrument pour ce voyage.
Je devais jouer en première partie après les danseuses de ventre, la deuxième partie était le tour de chant de Jean-Claude Pascal.
Je suis arrivé au « Belvédère », accompagné par les dizaines de personnes, famille et amis de Dadou.
L’entrée était un jardin merveilleux où étaient dressées des colonnes d'un mètre cinquante à peu près, où étaient assis de petits garçons noirs habillés en costume rouge imitant les costumes de laquais du siècle de Louis Quatorze. Ce fut mon premier étonnement. Un trac immense m'envahit.
Je fus reçu par l’un des organisateurs qui m'accompagna dans une chambre qui servait de coulisses pour les artistes. Le deuxième événement fut d'essayer de me concentrer et de me chauffer les doigts, sans grand succès. Les danseuses du ventre, à moitié nues, se préparaient à rentrer en scène. J'eus, après qu’elles eussent quittées la pièce pour faire leurs danses sur scène, un peu de temps pour répéter et me concentrer sur les morceaux qui constituaient mon répertoire. Ma prestation fut un succès. Dadou fut très fier de moi.

Je ne me souviens pas de la fin de notre séjour ni comment nous sommes rentrés, Loulou et moi en France.
AnneAnne,
Je pars pour mon rendez-vous à onze heures au café Soyo dans la rue de la Vallée des Géants. J'ai rendez-vous avec Amasia, directeur de l'ensemble gamelan avec lequel j'ai joué de plusieurs instruments javanais. Nous avons arrêté les concerts et les répétitions depuis quelques années pour la raison de vieillissements des musiciens qui constituaient le groupe. Ils n'avaient plus de temps à consacrer à cette très belle musique.
Passe une belle et bonne journée que j'accompagne en t'envoyant avec mon souffle d'amitié, la brise de cette belle journée hiérosolomytaine.

Ychaï.



La question sans réponse.
Ne pas être un chasseur qui poursuit sa proie, son but.
La gratuité de l'attente.
Le non-faire dans le faire de l'art.
Montrer qu'un tableau n'est pas un objet, qu'il n'y a pas de relation, sujet objet dans les actes artistiques.
Etc…

Ychaï

VOILA. VOILA.

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