Jérusalem le deux
octobre deux mil quatorze à onze heures trente cinq.
Numéro vingt huit du deux
octobre deux mil quatorze.
Les sports.
AnneAnne,
Un peu de tristesse
m'a empêché d'écrire hier. Conséquences de mes hauts et bas.
Mes parents, croyant
canaliser mon surplus d'énergie, m'avaient fait participer à un club
d'athlétisme. Il est vrai que très jeune vers les dix ans, je croyais être
Tarzan quelquefois, prenant les toits des immeubles de la rue Pélissier pour
une jungle africaine.
J'étais tenté aussi
par l'acrobatie du cirque. Dans la continuation de ce rêve, je pratiquais cette
science en me suspendant à la barre de fer des stores nous protégeant du
soleil. Je faisais ces exercices de haute voltige en escaladant la barrière du
balcon et en me suspendant au dessus du vide du quatrième étage,
paralysant ainsi la rue principale et l'école de filles qui se trouvait en
face. Mes parents sortaient du magasin, constatant leur impuissance.
J'ai suivi les cours
de ce club, malgré mon dégoût de l'odeur de la transpiration de tous ces athlètes.
On a essayé de m'éduquer sur l’apprentissage du trapèze et des anneaux. J'avais
déjà une grande expérience de la voltige. Je déployais une résistance à
toutes formes de contraintes.
J'ai continué ces
exploits jusqu'à mon internement dans une clinique où j'ai reçu des traitements
durs pour l'enfant innocent que j’ai toujours été.
Il va sans dire que
le club n'a pas pu me supporter longtemps et m'a signifié mon congé.
Je l'ai quitté sans
regret et avec un soulagement réel car je n'en pouvais plus des odeurs de
vestiaire et des conversations d'athlète.
Je ne me rappelle
plus si l'on m'a forcé à pratiquer d'autres sports dans cette période
algérienne.
Mais, me prenant pour
James Dean, influencé par son amour de la vitesse, je volais la voiture « Simca
Versailles » de mes parents. Elle était stationnée dans la rue. Je la
démarrais avec une lime à ongles.
J'embarquais Daniel,
mon voisin, nous partions sur le boulevard Front de Mer (c'était son vrai nom),
vide. On y imitait les courses de James.
Je m'étonne encore de
n'avoir jamais été arrêté par la police.
AnneAnne,
La suite à tout à
l'heure. Je pense à toi et à ton travail de garde malade.
Grandes amitiés.
· Ychaï
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