lundi 29 août 2016

18 octobre 2014 Roger

Anne Anne,

Merci pour ton dernier courriel, je n'ai pas encore réussi à manipuler cette machine qui fait ce qu'elle veut, quand elle veut, où elle veut.   
Je suis toujours á Saint – Maime, jusqu'à dimanche. Ce sera le jour de mon départ pour Marseille, lundi pour Paris.
Le problème avec cette machine est qu'elle propose des mots. Je ne sais pas comment lui demander de ne pas intervenir, ni comment l'obliger à garder ce que je lui dicte…
Elle est autonome et se fout de moi. Elle m'oblige à recommencer trois ou quatre fois…
J’aime beaucoup être dans cet endroit, pour y parler un peu avec mes amis… Cela change ma façon de vivre, à Jérusalem…
La vie est lente. Je me réveille au milieu des montagnes et regarde se lever les brumes du matin.
J'ai beau lire « la tablette pour les nuls », je ne maitrise pas mieux cette machine.
Je suis (suivre) le temps de vie de mes amis, et le fil de leurs pensées.
Je leur raconte un peu mes histoires.
J'ai connu Djamchid et son tambour dans une maison privée où avait été organisé un concert de musique iranienne. L’estrade était leur table à manger.
Enthousiasmé par la  beauté de cette musique et la qualité du jeu des mains de Djamchid, après le concert, je me suis adressé à lui dans un état d’extase. Nous avons pris rendez – vous avenue d’Iéna, où il résidait alors avec sa femme et sa fille aînée. En lui exprimant mon admiration, je l’ai prié de m'apprendre à jouer de cet instrument. Il a accepté, mais à condition que j'aille acheter instrument en Iran. Ce que j'ai fait dans l'été mil neuf cent soixante neuf.
Dans un état de folie, j’ai convaincu Serge, un élève de guitare, de faire ce voyage. J’ai acheté une moto « Java » d’occasion, et nous sommes partis à l’aventure vers l’Iran. Je ne savais pas conduire une moto, mon permis de conduire automobile me permettait de me servir de la moto sans avoir à repasser un permis spécial. Nous avons mis presque deux semaines avant d’arriver en vue de la Perse.

Je ne parviens pas toujours à maîtriser le clavier d’ordinateur.
Mes nerfs montent á fleur de peau. Je voudrais stopper ces envois que la machine me propose, mais « la tablette pour les nuls » n'a rien à m'apprendre.
Le bout de mon doigt court sur le clavier, pour t'envoyer, appelant le calme de ma pensée et de mon amitié, une invitation à un espoir pour la suite de l'histoire de l'amitié avec les Djam's. Amitié riche en détails et en péripéties.


Ychaï

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