Vingt cinq
septembre deux mil quatorze.
Numéro vingt quatre
bis du vingt cinq septembre deux mil quatorze.
L'ennui, le rêve.
Jérusalem, le jeudi
vingt cinq septembre deux mil quatorze à quinze heures cinquante.
AnneAnne,
Ce long courriel me
donne signe que ton épaule va mieux, le côté plein de la bouteille. J'espère
que ce mieux deviendra beaucoup mieux. C'est mon côté espérance.
J'ai retenu l'image
de Toulouse, qui va alimenter ma banque d'images (non numérique), me faire
rêver de Toulouse, une ville que j'aime beaucoup, et me préciser ta position
géographique. Marseille, Toulouse, campagne avec table en bois et dos
tourné, fil de fer électrique avec vaches et herbe verte, quelques arbres
pruniers, pas de palmiers, un muscle maigre, la porte du jardin, pas de
taureau, pas de chèvres.
Et Danielle, Toulouse,
Nougaro, la vieille ville…
J'ai une Daniella,
que je vois assez régulièrement depuis vingt ans.
Dans les papiers de
la sécurité sociale, je suis classé obèse. Mais en me pesant ce matin sur ma balance
récupérée dans la rue, elle affiche deux kilogramme de moins que celle du docteur
D.mon généraliste. Né à Tlemcen, il est le médecin qui rit avec moi après
trente ans de souffrance avec les autres médecins. En me pesant ce matin j'ai
perdu un kilo. Je lutte pour descendre jusqu'à soixante cinq.
Je suis entouré
avec Anne P. dont je suis le body pour la médecine crano-sacrale.
Une ancienne élève
m'a retrouvé, Anne-Claire. Avec elle j’essaye d'écrire un livre sur la
métaphysique de l'improvisation dans l'éducation musicale. Mais venant d’accoucher,
elle n'a pas encore trouvé de temps pour notre projet. Elle m'envoie des photos
de son bébé et de sa famille.
Hanna, la femme
d'une connaissance ancienne qui ne sait pas devenir ami avec moi, qui est le
frère de Carine. Il ne sait pas tenir ses promesses et ment en disant qu'il est
très occupé. J'essaye de rompre avec lui depuis plus de quelques années, mais
je ne le fais pas car je ne veux pas rompre (mon problème de la séparation). Une
sagesse pour laquelle je travaille, ayant compris qu'il n'y a pas de rupture
véritable.
Mais il n'y a qu'une
AnneAnne, que je ne veux pas ennuyer. Je ne veux pas qu'elle pense que ses
courriels d'histoires anciennes ou contemporaines m'ennuient.
J'aimais les ennuis
de mon enfance. Ils m'ont permis de rêver.
Il y a aussi Henri,
mon frère. Il vient d'arriver pour passer les fêtes avec ses enfants.
Netanel, Avidan et
Hovav, les enfants de ma sœur.
J'ai connu aussi
Danielle dans le groupe de Meir. Il s'est fâché avec moi, parce que je lui
disais que je n'aimais qu'elle me coupe la parole.
Une autre cousine
de Nice, Danielle qui m'a téléphoné pendant les événements de ces derniers
temps, qui ne me laisse pas parler, engluée dans la nostalgie pied-noir.
Dans mes projets,
je voudrais faire une liste des noms que j'ai connus. Heureusement, j'ai gardé
tous mes carnets d'adresse, ainsi qu’une liste des livres que j'ai dans ma
bibliothèque, incluant ceux que j'ai prêtés et qui n'ont pas été rendu. Je ne
me souviens pas desquels car dans mon innocence, j'ai confiance en l’honnêteté
des personnes.
Avec l'image que tu
as donnée de Danielle, une foule de personne sont apparues.
Daniel, mon voisin
du deuxième étage de la rue Pélissier. Je l'ai accompagné en Allemagne en « deux-chevaux »
après qu'il ait dragué une allemande quand nous nous promenions dans la rue où
un petit théâtre joue depuis cinquante ans « La Cantatrice Chauve »
d’E. Ionesco. Il est mort d'alcoolisme quand sa femme l'a quitté. Je me sens
triste d'avoir consenti à satisfaire sa demande. Si je n'avais pas accepté, est-ce
que cela aurait changé le cours de sa vie ?
Dans ce voyage en
hiver la nuit, mes pieds étaient tellement froids, la fatigue augmentant la non
visibilité, je suis rentré dans un rond-point, je ne me suis pas arrêter, la
voiture a continué sa route. Après ce voyage, je ne l'ai pas revu, sauf quelques
années après. Il m'avait invité à voir sa femme et ses enfants.
Daniel était le frère
de Nicole, la femme de Guy avec qui j'ai renoué des relations par hasard, lui
ayant donné un coup de coude sans m'en apercevoir. Il était assis à la table à
côté, au café de chez Isaac, boulevard de « la Maison du Pain ». Il
ne voit plus bien, seulement sur les côtés.
La semaine
dernière, il m'a invité chez lui. Sa femme était en déplacement. Il m'a demandé
de lui lire dans dictionnaire qu'il avait acheté en France afin de savoir
l'origine du Djihad. Cette semaine, il m'a téléphoné, enthousiasmé par l'écoute
de la passion selon l'évangile de Matthieu de J.S.Bach. Il voulait que je lui
lise cet évangile. Il ne peut plus lire.
Ha! Toulouse, je
rêve encore. Cette ville m'a plu.
Les images passent
avant la pensée. Les mots que tu écris alimentent une imagination qui, je sais,
ne correspond pas à ta ou à la réalité, mais qu'importe, parce que je souris. J'espère
tu vas sourire sans penser à ton épaule et aux muscles. Il paraît que le
sourire et le rire sont les meilleures thérapeutes ou thérapies.
Mon délire pourrait
continuer. Je n'ai pas pensé que ces histoires pourraient t'ennuyer.
Te faire sourire
pour qu'entre les lettres, l'amitié se faufile et donne plus de transparence à
cette toile d'araignée. Comme tu écris, pas la toile, celle de l'internet.
Ha ! Ha !
Ha !
Ychaï.
Je ne suis pas
sorti aujourd'hui.
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