lundi 1 août 2016

25 septembre 2014 Roger 2

Vingt cinq septembre deux mil quatorze.
Numéro vingt quatre bis du vingt cinq septembre deux mil quatorze.

L'ennui, le rêve.


Jérusalem, le jeudi vingt cinq septembre deux mil quatorze à quinze heures cinquante.

AnneAnne,

Ce long courriel me donne signe que ton épaule va mieux, le côté plein de la bouteille. J'espère que ce mieux deviendra beaucoup mieux. C'est mon côté espérance.
J'ai retenu l'image de Toulouse, qui va alimenter ma banque d'images (non numérique), me faire rêver de Toulouse, une ville que j'aime beaucoup, et me préciser ta position géographique. Marseille, Toulouse, campagne avec table en bois et dos tourné, fil de fer électrique avec vaches et herbe verte, quelques arbres pruniers, pas de palmiers, un muscle maigre, la porte du jardin, pas de taureau, pas de chèvres.
Et Danielle, Toulouse, Nougaro, la vieille ville…
J'ai une Daniella, que je vois assez régulièrement depuis vingt ans.
Dans les papiers de la sécurité sociale, je suis classé obèse. Mais en me pesant ce matin sur ma balance récupérée dans la rue, elle affiche deux kilogramme de moins que celle du docteur D.mon généraliste. Né à Tlemcen, il est le médecin qui rit avec moi après trente ans de souffrance avec les autres médecins. En me pesant ce matin j'ai perdu un kilo. Je lutte pour descendre jusqu'à soixante cinq.
Je suis entouré avec Anne P. dont je suis le body pour la médecine crano-sacrale.
Une ancienne élève m'a retrouvé, Anne-Claire. Avec elle j’essaye d'écrire un livre sur la métaphysique de l'improvisation dans l'éducation musicale. Mais venant d’accoucher, elle n'a pas encore trouvé de temps pour notre projet. Elle m'envoie des photos de son bébé et de sa famille.
Hanna, la femme d'une connaissance ancienne qui ne sait pas devenir ami avec moi, qui est le frère de Carine. Il ne sait pas tenir ses promesses et ment en disant qu'il est très occupé. J'essaye de rompre avec lui depuis plus de quelques années, mais je ne le fais pas car je ne veux pas rompre (mon problème de la séparation). Une sagesse pour laquelle je travaille, ayant compris qu'il n'y a pas de rupture véritable.
Mais il n'y a qu'une AnneAnne, que je ne veux pas ennuyer. Je ne veux pas qu'elle pense que ses courriels d'histoires anciennes ou contemporaines m'ennuient.
J'aimais les ennuis de mon enfance. Ils m'ont permis de rêver.
Il y a aussi Henri, mon frère. Il vient d'arriver pour passer les fêtes avec ses enfants.
Netanel, Avidan et Hovav, les enfants de ma sœur.
J'ai connu aussi Danielle dans le groupe de Meir. Il s'est fâché avec moi, parce que je lui disais que je n'aimais qu'elle me coupe la parole.
Une autre cousine de Nice, Danielle qui m'a téléphoné pendant les événements de ces derniers temps, qui ne me laisse pas parler, engluée dans la nostalgie pied-noir.
Dans mes projets, je voudrais faire une liste des noms que j'ai connus. Heureusement, j'ai gardé tous mes carnets d'adresse, ainsi qu’une liste des livres que j'ai dans ma bibliothèque, incluant ceux que j'ai prêtés et qui n'ont pas été rendu. Je ne me souviens pas desquels car dans mon innocence, j'ai confiance en l’honnêteté des personnes.
Avec l'image que tu as donnée de Danielle, une foule de personne sont apparues.
Daniel, mon voisin du deuxième étage de la rue Pélissier. Je l'ai accompagné en Allemagne en « deux-chevaux » après qu'il ait dragué une allemande quand nous nous promenions dans la rue où un petit théâtre joue depuis cinquante ans « La Cantatrice Chauve » d’E. Ionesco. Il est mort d'alcoolisme quand sa femme l'a quitté. Je me sens triste d'avoir consenti à satisfaire sa demande. Si je n'avais pas accepté, est-ce que cela aurait changé le cours de sa vie ?
Dans ce voyage en hiver la nuit, mes pieds étaient tellement froids, la fatigue augmentant la non visibilité, je suis rentré dans un rond-point, je ne me suis pas arrêter, la voiture a continué sa route. Après ce voyage, je ne l'ai pas revu, sauf quelques années après. Il m'avait invité à voir sa femme et ses enfants.
Daniel était le frère de Nicole, la femme de Guy avec qui j'ai renoué des relations par hasard, lui ayant donné un coup de coude sans m'en apercevoir. Il était assis à la table à côté, au café de chez Isaac, boulevard de « la Maison du Pain ». Il ne voit plus bien, seulement sur les côtés.
La semaine dernière, il m'a invité chez lui. Sa femme était en déplacement. Il m'a demandé de lui lire dans dictionnaire qu'il avait acheté en France afin de savoir l'origine du Djihad. Cette semaine, il m'a téléphoné, enthousiasmé par l'écoute de la passion selon l'évangile de Matthieu de J.S.Bach. Il voulait que je lui lise cet évangile. Il ne peut plus lire.
Ha! Toulouse, je rêve encore. Cette ville m'a plu.
Les images passent avant la pensée. Les mots que tu écris alimentent une imagination qui, je sais, ne correspond pas à ta ou à la réalité, mais qu'importe, parce que je souris. J'espère tu vas sourire sans penser à ton épaule et aux muscles. Il paraît que le sourire et le rire sont les meilleures thérapeutes ou thérapies.
Mon délire pourrait continuer. Je n'ai pas pensé que ces histoires pourraient t'ennuyer.
Te faire sourire pour qu'entre les lettres, l'amitié se faufile et donne plus de transparence à cette toile d'araignée. Comme tu écris, pas la toile, celle de l'internet.
Ha ! Ha ! Ha !

Ychaï.

Je ne suis pas sorti aujourd'hui.


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