Jérusalem le trois
octobre deux mil quatorze, numéro vingt neuf, à quatre heures trente.
La trottinette dans
le chapitre des sports.
AnneAnne,
Toujours t'imaginer
dans ton rôle de garde malade pour ne pas m’inquiéter et penser que tu vas bien
!
Hier, je suis
descendu à Tel Aviv, la Montagne du Printemps, pour assister à un concert où
était jouée une œuvre de Steve, un ami musicien avec qui j'ai joué depuis mon
arrivée ici, jusqu'en mil neuf cent quatre vingt dix huit.
Comme je n'ai pas
voyagé depuis longtemps de ce côté du pays, j'ai été tellement étonné de tous
les changements que je n'arrivais pas à croire être dans le même pays.
Vélo et
trottinette.
Je ne me souviens
pas avoir reçu comme cadeau d'enfance ces moyens de communication. Je ne peux
donc les inclure dans la liste des sports, si ce n'est à titre négatif.
La natation était l’un
de mes sports favoris. Je n'ai pas eu besoin de professeur. Je suis un
autodidacte aussi dans ce domaine. J'ai donc créé mon propre style qui n'est
pas convaincant du point de vue professionnel, mais qui a été pour moi une
source de joie et de libération. L'eau de la mer m'attirait comme un poisson.
J’avais du mal à revenir à la terre. J'ai tenté des expériences de
piscine, mais je n'ai jamais ressenti la même joie.
Il y a douze ans,
n'ayant pas de commodités au studio, j'avais pris un abonnement à la piscine
municipale. Elle se trouve à vingt minutes de marche du studio, dans l’une de
mes rues préférées, la « Vallée des Fantômes », qui fait partie
de mon circuit de marche. Départ de mon appartement en prenant le boulevard de
la « Maison du Pain », tout droit, pendant une dizaine de minutes, je
tourne à gauche dans l’une des petites rues portant chacune un nom de tribu (Simon,
etc…). Je traverse les rails du chemin de fer qui conduisent à la vielle gare
de Jérusalem, désaffectée depuis longtemps. Ces rails et la gare ont été
réhabilités. Cela donne maintenant une nouvelle vie à la ville. La gare est
devenue un lieu de vie, de cafés… Les rails sont devenus une promenade
pour les piétons, les coureurs, les chiens et les vélos. J'arrive par ce chemin
à la « Vallée des Fantômes », une artère très animée et fréquentée.
La route du studio
pour aller à la piscine suit les rails du chemin de fer, transformés en
promenade.
Cette piscine, très
fréquentée, me permettait de respecter mon hygiène et le respect de moi-même.
Malgré mon aversion pour les odeurs de javel, l'odeur d'humidité des douches
et la promiscuité des hommes de toutes tailles et grosseurs, j'ai
supporté, pendant plus de deux ans, ces lieux. J'ai pu me délier de cette obligation
quand j'ai intégré cet appartement au bout du boulevard de la « Maison du
Pain ».
Cet appartement
assez agréable se trouve dans un ensemble d'immeubles de trois étages, style HLM,
pour les prolétaires, construits dans les années cinquante, dans un quartier industriel.
Ces explications me
permettent d'inclure dans cette liste, la marche que je pratique beaucoup pour
affermir mon cœur.
A mon arrivée à
Strasbourg en mil neuf cent cinquante six, j'ai été recruté contre mon gré dans
une équipe de football. Nous devions être à six heures du matin sur le terrain
pour l’entraînement. J'ai souffert, de ces levers à l'aube, pour arriver
sur la terre boueuse du terrain.
Mon père avait
essayé en Algérie de n’emmener assister à un match. Je n'avais rien compris aux
règles de ce jeu. Je m’ennuyai atrocement.
Je ne pense pas
avoir souffert longtemps en tant que joueur apprenti, l’entraîneur ayant senti
très vite mes incapacités et mon dégoût du « Viandox » que l'on nous
forçait à boire pendant les pauses. Je souffrais du temps, du froid, du
gris, de la solitude dans cette équipe.
Mon apprentissage
du jeu de football s'est terminé très vite, me laissant libre pour mes rêves de
musicien.
Arrivé à Paris, je
n'ai rien pratiqué comme sport, l'épuisement de la marche dans les couloirs du
métro me semblait suffisant.
Des années sont
passées sans pratique ni idée de sport. J'ai commencé les arts martiaux à mon
mariage, mon ex-femme m'ayant forcé à faire du Tai-chi. J'ai beaucoup aimé cet art
lent et très esthétique.
Je chercherai dans
ma mémoire, si j'ai pratiqué d'autres sports.
AnneAnne,
Il est cinq heures,
les yeux me piquent, j'ai froid, je vais me recoucher.
Je voyagerai
dimanche prochain le douze octobre pour atterrir à Marseille, un ou deux jours
pour mes cousines, quelques jours, quatre au maximum, de bonheur avec mes amis
les Chem's à Saint-Maine, départ pour Paris, TGV de Marseille. Mon retour
est prévu pour le huit novembre à partir de Marseille.
Je pense à toi, en
très bonne forme et énergie.
Je t'envoie des
amitiés chaudes, pleines de souhaits, de sourires, de clarté.
Ychaï.
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