mardi 2 août 2016

3 octobre 2014 Roger

Jérusalem le trois octobre deux mil quatorze, numéro vingt neuf, à quatre heures trente.

La trottinette dans le chapitre des sports.

AnneAnne,
Toujours t'imaginer dans ton rôle de garde malade pour ne pas m’inquiéter et penser que tu vas bien !
Hier, je suis descendu à Tel Aviv, la Montagne du Printemps, pour assister à un concert où était jouée une œuvre de Steve, un ami musicien avec qui j'ai joué depuis mon arrivée ici, jusqu'en mil neuf cent quatre vingt dix huit.
Comme je n'ai pas voyagé depuis longtemps de ce côté du pays, j'ai été tellement étonné de tous les changements que je n'arrivais pas à croire être dans le même pays.

Vélo et trottinette.

Je ne me souviens pas avoir reçu comme cadeau d'enfance ces moyens de communication. Je ne peux donc les inclure dans la liste des sports, si ce n'est à titre négatif.
La natation était l’un de mes sports favoris. Je n'ai pas eu besoin de professeur. Je suis un autodidacte aussi dans ce domaine. J'ai donc créé mon propre style qui n'est pas convaincant du point de vue professionnel, mais qui a été pour moi une source de joie et de libération. L'eau de la mer m'attirait comme un poisson. J’avais du mal à revenir à la terre. J'ai tenté des expériences de piscine, mais je n'ai jamais ressenti la même joie.
Il y a douze ans, n'ayant pas de commodités au studio, j'avais pris un abonnement à la piscine municipale. Elle se trouve à vingt minutes de marche du studio, dans l’une de mes rues préférées, la « Vallée des Fantômes », qui fait partie de mon circuit de marche. Départ de mon appartement en prenant le boulevard de la « Maison du Pain », tout droit, pendant une dizaine de minutes, je tourne à gauche dans l’une des petites rues portant chacune un nom de tribu (Simon, etc…). Je traverse les rails du chemin de fer qui conduisent à la vielle gare de Jérusalem, désaffectée depuis longtemps. Ces rails et la gare ont été réhabilités. Cela donne maintenant une nouvelle vie à la ville. La gare est devenue un lieu de vie, de cafés… Les rails sont devenus une promenade pour les piétons, les coureurs, les chiens et les vélos. J'arrive par ce chemin à la « Vallée des Fantômes », une artère très animée et fréquentée.
La route du studio pour aller à la piscine suit les rails du chemin de fer, transformés en promenade.
Cette piscine, très fréquentée, me permettait de respecter mon hygiène et le respect de moi-même. Malgré mon aversion pour les odeurs de javel, l'odeur d'humidité des douches et la promiscuité des hommes de toutes tailles et grosseurs, j'ai supporté, pendant plus de deux ans, ces lieux. J'ai pu me délier de cette obligation quand j'ai intégré cet appartement au bout du boulevard de la « Maison du Pain ».
Cet appartement assez agréable se trouve dans un ensemble d'immeubles de trois étages, style HLM, pour les prolétaires, construits dans les années cinquante, dans un quartier industriel.
Ces explications me permettent d'inclure dans cette liste, la marche que je pratique beaucoup pour affermir mon cœur.
A mon arrivée à Strasbourg en mil neuf cent cinquante six, j'ai été recruté contre mon gré dans une équipe de football. Nous devions être à six heures du matin sur le terrain pour l’entraînement. J'ai souffert, de ces levers à l'aube, pour arriver sur la terre boueuse du terrain.
Mon père avait essayé en Algérie de n’emmener assister à un match. Je n'avais rien compris aux règles de ce jeu. Je m’ennuyai atrocement.
Je ne pense pas avoir souffert longtemps en tant que joueur apprenti, l’entraîneur ayant senti très vite mes incapacités et mon dégoût du « Viandox » que l'on nous forçait à boire pendant les pauses. Je souffrais du temps, du froid, du gris, de la solitude dans cette équipe.
Mon apprentissage du jeu de football s'est terminé très vite, me laissant libre pour mes rêves de musicien.
Arrivé à Paris, je n'ai rien pratiqué comme sport, l'épuisement de la marche dans les couloirs du métro me semblait suffisant.
Des années sont passées sans pratique ni idée de sport. J'ai commencé les arts martiaux à mon mariage, mon ex-femme m'ayant forcé à faire du Tai-chi. J'ai beaucoup aimé cet art lent et très esthétique.
Je chercherai dans ma mémoire, si j'ai pratiqué d'autres sports.

AnneAnne,

Il est cinq heures, les yeux me piquent, j'ai froid, je vais me recoucher.
Je voyagerai dimanche prochain le douze octobre pour atterrir à Marseille, un ou deux jours pour mes cousines, quelques jours, quatre au maximum, de bonheur avec mes amis les Chem's à Saint-Maine, départ pour Paris, TGV de Marseille. Mon retour est prévu pour le huit novembre à partir de Marseille.
Je pense à toi, en très bonne forme et énergie.
Je t'envoie des amitiés chaudes, pleines de souhaits, de sourires, de clarté.

Ychaï.
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