Jérusalem le vingt et un avril deux mil quatorze à dix
huit heures vingt cinq. Déjà…
A mon dernier voyage à Paris, en février, nous avions
décidé avec Dadou de ne plus nous dire « ça va ?».
J'ai donc pris l'habitude, en lui téléphonant, d'écouter
sa voix, de lui demander s'il pouvait parler, car, quand il sort d'un chimio,
il ne peut pas bien parler.
Je lui ai téléphoné ce matin, il pouvait parler mais je ne
l'entendais pas très bien.
Demander « comment ça va ?» est un peu absurde
quand on est malade ou pas en forme.
On peut mentir et dire « oui », ou dire « ça
va pas », ce qui oblige l'autre à chercher une réponse qui serait aussi un
mensonge.
Dadou m'a donné des nouvelles de son cousin germain,
Loulou, qui était un grand ami peintre.
Il m'a dit qu'il se répétait beaucoup et nous avons
diagnostiqué une démence précoce en riant.
Il m'a raconté que son autre cousin germain, Freddy, se
répétait aussi et qu'il voulait les mettre dans la même chambre, mais je n'ai
pas entendu pourquoi.
Dadou chante et connaît les chansons de Brassens. Sa plus
grande tristesse, après les traitements, est de ne pas pouvoir chanter et
penser pendant quelques jours.
Je lui ai demandé de m'enregistrer les chansons avec sa
voix sur son téléphone Ipod, pour me les envoyer et il était très content de
mon idée.
J'avais pensé la veille que j'aimerai apprendre ces
chansons en écoutant la voix de Dadou.
J'ai aussi téléphoné à mes amis, Chémirani, qui habitent à
Saint-Maime, un beau nom pour un village du douzième siècle, entre Manosque et
Fortcalquier. Elisabeth, m'a annoncé qu'elle était tombée de son fauteuil,
parce que le pied du fauteuil a lâché.
Je lui ai demandé comment elle se soignait : - elle m'a
répondu avec une huile essentielle, dont je n'ai pas retenu le nom, je
connaissais cette huile. Nous avons continué la conversation sur les bienfaits
des huiles essentielles. Je lui ai recommandé d’essayer avec le Gaulthérie.
J'écoute obsessionnellement les conférences de la BNF avec
François Jullien. J'ai l'impression de ne pas comprendre à la première écoute,
alors je reprends et reprends inlassablement l'écoute.
J'ai repris la guitare il y a un mois, je n'avais pas joué
depuis dix ans. Comme je ne sais plus rien ou pense que je ne sais plus rien,
je joue pendant des heures seulement la mineur et mi majeur.
Suis-je obsessionnel dans tout ce que je fais ? Ne pas
répondre, s'il te plaît !
Écrire, peindre, jouer de la guitare, du tambour persan,
lire, et ainsi de suite…
D'autre part, je ne voudrais faire qu'une seule chose, et,
quand je commence, ne plus arrêter.
Je me suis de plus en plus attaché à l'écoute, m'étant
aperçu que je ne savais pas lire comme il faut.
Trop d’électricité dans le cerveau.
C'est ainsi que j'ai trouvé mon bonheur avec « A Ne
Pas Rater ».
C'est un petit courriel à pour suivre.
Ychaï
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