Jérusalem,
le dix sept avril deux mil quatorze vers onze heures.
L'émotion
de celui qui te lit ne peut s’écrire, ni se dire.
Chaque
lecture est un affluent qui ne sait pas qu'il se dirige vers le fleuve.
Ici,
il commence à faire chaud.
Jérusalem
est presque vide.
Les
israéliens religieux se promènent dans le pays.
Les
israéliens non religieux fuient dans d'autres pays.
Le
pain non levé de la Pâque provoque une hystérie.
Nettoyage,
les rues sont pleines de choses jetées avec lesquelles on pourrait remeubler
des appartements entiers.
Avec
la chaleur, les femmes se sont dénudées très vite.
Le
dos nu, un petit tricot partant un peu au-dessus des seins et s'arrêtant plus
bas que le nombril.
Un
espace pour voir la peau.
Un
petit pantalon court moulant qui commence très bas et s’arrête quelques
centimètres après.
Au
bout des jambes nues, des semelles en plastic coloré, avec deux petits cordons
qui passent pour les tenir entre le gros orteil et l'index des pieds.
Cette
mode commence à partir de trois ans jusqu'à quarante ans.
Les
visions des collants noirs très moulant se font rares à cette époque.
Les
pensées qui montent et tourbillonnent dans la tête en marchant, s'oublient
devant l'écran. Il faudrait pourvoir écrire en marchant et en dansant.
L'oubli
n'est pas triste, mais regrettable. Penser à la réception.
Recevoir
cette écriture de l'oubli. Est-ce une nouvelle vie ?
Vie
de savoir que cette lecture est et vient de la pensée de l'autre.
Un
pantalon indonésien orange pour aller à un mariage anthroposophe, façon
Rudolf Steiner.
Dans
une belle campagne et avec un buffet sur des nappes rouges.
Pas
de regrets d'y avoir assisté.
Pouvoir
écrire à la main sur des papiers de soie.
Imagination
de la roulotte d'une chanteuse espagnole chantant dans les bois des chansons
anti-franquiste.
Voir
les verts des arbres de la forêt du Tarn.
Chercher
à résoudre le problème de l'ordre, mais savoir ne pas classer, du chaos
peut naître l'imprévisible.
Ne
pas prévoir pour se laisser surprendre.
Ne
pas prendre mais accueillir.
Chercher
un visage à travers l'écriture, lire dans ce visage les rides comme des lignes.
Entre
les traits des lèvres et des yeux, un paragraphe, le dernier chapitre, le
dernier chapitre n'est que le début d'un autre livre.
Sentir
que lire est toujours lire le même livre.
Livre
qui est écrit et réécrit et toujours nouveau.
Est-ce
que aimer, c'est aimer la même femme ?
Miracle
de savoir regarder de nouveau, mais à chaque fois nouveau.
L'émotion
de lire, de te lire.
Lire,
dire, écrire.
Rester
en silence et écouter la résonance.
Le
son de la lettre.
L'être
sonne.
Entendre
les cloches des églises à Jérusalem, en même temps que l'appel des muezzins,
tressés avec le murmure incessant de l'étude du Talmud.
Un
appartement à côté du boulevard allant à Hébron, le balcon qui donne sur
un pont blanc, où un jardinier arrose ses fleurs pour la première fois.
Entre,
encore entre, le boulevard qui va à la « Maison du Pain ».
Le tombeau
de Rachel qui annonce Bethléem.
Être
là, entre, encore entre, une table pour peintre, un appareil multimédia
et deux guitares, deux tambours calices et des huiles essentielles.
S’asseoir
pour écrire l'envoi vers.
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