Jérusalem le vingt avril deux mil quatorze, ce matin à dix
heures vingt, heure d’Israël.
Bonjour Anne.
J'ai lu avec toujours beaucoup de plaisir ton courriel
ainsi que le « blog ».
J'ai relevé des croisements dans la tapisserie, auxquels
je ferai allusion au cours de mes courriels, sans le faire systématiquement et
au gré de ma mémoire.
Je me suis perdu dans ton « blog », j'ai vu les
photos et lu quelques textes.
J'ai copié un photo que ressemblait au Cap Falcon et que
je te l'enverrai en attaché.
J'ai aussi quelques « blogs » personnels, mais
je ne m'en occupe pas bien.
Ta proposition de faire un « blog », mais privé,
est intéressante et demande à être envisagée.
Est-ce que les corrections sont admises même après
publication ?
Naturellement tes courriels me donnent une énergie pour
continuer l'écriture et active ma mémoire. Ils me donnent l'envie de t'écrire,
que je m’efforce de retenir et de m'en tenir si possible à un courriel par
jour.
Pour ce faire, j'écris sur mon logiciel Linux pour pouvoir
ajouter, s'il me prend, l'envie de faire des ajouts. J'enverrai mes courriels
en fin de journée.
L’empressement de dire ou d'envoyer sans attendre, vient
de l'angoisse d'oublier les idées.
D'autre part, je pense que je me répète souvent et ne fait
que des variations sur mes souvenirs.
Je me demande s'il ne faudrait passer par un mélange avec
la fiction pour aiguiser l’intérêt.
J'ai reçu une réponse de Stéphane (ANPR), sur une question
que je lui avais posée à propos du logiciel « J Downloader », mais je
n'ai pas réussi à appliquer ses conseils.
Je n'arrive pas à dérouler en cliquant à gauche le menu
déroulant.
Je m'adresse aussi à tes lumières, et me demande si ce
n'est pas encore Linux qui bloque.
L’après-midi. Dix sept heure quarante.
En rangeant des papiers, j'ai retrouvé des informations
que j’avais oubliées, malgré leur importance.
Je suis né à Oran dans une clinique privée, au numéro
huit, square du Souvenir, je suis heureux que l'endroit où je suis né s’appelle
« souvenir ». Fin de l'année mil neuf cent cinquante six, j'ai fait
un séjour dans la clinique du Docteur Micheline Saint-Jean à Alger, au numéro
un, rue du Danemark.
J'y ai reçu des électrochocs et une cure
d’insulinothérapie qui a duré trois mois. Les honoraires de cette clinique ont
du être très chers car j'ai retrouvé dans les papiers de mon père une lettre où
il demande des explications sur cette facture très élevé.
Ma grand-mère maternelle, Rosine Saiman, s'était mariée
très jeune avec mon grand-père Sportes.
Pour l'instant, je ne retrouve plus son prénom (Aaron,
j'ai retrouvé). Elle avait peut-être vingt ans et a enfanté deux filles,
Rolande et Éliane, ma mère qui est né en mil neuf cent treize. Ma mère n'a pas
connu son père, mort à Verdun en mil neuf cent quatorze. Il était parti à la
guerre, laissant ma grand-mère enceinte. Elle est devenue veuve de guerre,
s’est mise à travailler en dessinant des modèles sur papier que les femmes
achetaient pour faire de la dentelle. Elle devait gagner sa vie pour élever ses
deux filles. J'ai des photos de mon grand-père, datant de mil neuf cent treize et
mil neuf cent quatorze où on le voit dans les tranchées. Je peux les envoyer
car elles sont belles. Si elles t’intéressent ?
Ma grand-mère Rosine est partie quelques temps après le décès
de son mari à Paris. Elle a été aidée par des parents qui étaient depuis plus longtemps
en France. Elle a loué un magasin Rue Chabrol dans le onzième arrondissement (je
ne sais pas si le numéro de l'arrondissement est juste). Elle est revenue en
Algérie plus tard et a vécu avec ma tante Rolande après que celle – ci se soit
mariée à Albert Karsenti. Ils ont habité à Ain-Temouchent, à cent kilomètres d'Oran.
Albert Karsenti fabriquait du vin et avait une ferme. Je t'ai déjà écrit sur
une de mes seules relations avec cet ouvrier arabe que j'aimais beaucoup. Il me
prenait sur une charrette, tirée par un seul cheval, pour aller livrer les
bouteilles de vin. Quand je faisais des fugues, il me cherchait dans tout le
village et seulement avec lui, j’acceptais de rentrer chez ma tante.
Albert Karsenti est mort très jeune. Ma tante, jeune
veuve, a du s’occuper de la cave et de la ferme, sans aucune expérience.
J'aimais beaucoup ma tante. Elle est morte à Marseille
l'année dernière. Quelques mois avant d’atteindre cent ans.
A chacun de mes voyages, je passe quelques jours à Marseille,
pour voir mes cousines et mon cousin.
J'ai fait un voyage en février pour voir mon cousin
Charles, qui était à l’hôpital, pour subir une chimio thérapie.
Je suis monté ensuite à Paris pour voir un très grand ami,
Dadou N., que j'ai connu à son arrivée à Paris après l'expulsion des français
et des juifs de Tunisie.
Dadou, David, est dans sa deuxième année de chimio.
D’habitude, je ne voyage pas à cette période. Cette
famille est arrivée à Marseille en catastrophe en mil neuf cent soixante deux.
Date de l'indépendance de l'Algérie.
Ma tante s'était installée à Marseille, Boulevard Chave,
et a loué un magasin d'alimentation.
Je venais de Paris et résidait chez elle souvent.
J’entends encore le tramway qui montait le boulevard, pour arriver en haut plus
loin à une gare de chemin de fer.
Ils ont changé d'appartement et habitent avenue du Prado.
J'ai voyagé l'année dernière pour le premier anniversaire
de sa mort.
En me promenant en bas de la rue de Rome, presque à la
fin, à droite, j'ai trouvé un petit magasin tenu par un arabe et j'ai acheté deux
pantalons en lin pour vingt euros.
Je ne supporte pas le synthétique, j’hésite longtemps avant d’acheter. La plupart du temps je reçois des vêtements. Cela est très bien car je déteste et je ne sais pas acheter dans les magasins.
Je ne supporte pas le synthétique, j’hésite longtemps avant d’acheter. La plupart du temps je reçois des vêtements. Cela est très bien car je déteste et je ne sais pas acheter dans les magasins.
J'avais de l'huile de Gaulthérie et, sur ton conseil d'hier,
je me suis frictionné avec. Cela a amélioré ma condition, je vais un peu mieux
mais j'ai encore mal.
Je me suis tordu le dos en travaillant au studio sur mon
nouveau projet. J’avais oublié mon âge.
Je fais souvent cet oubli. Erreur qui me fait me retrouver
avec un dos tordu.
Depuis deux ans, grâce aux «news letters » que je reçois,
j'ai appris à être un homme « huilée essentiellement » (c'est un peu faible).
J'ai repris des forces avec les traitements naturels. J'ai
réussi à guérir mon genou gauche qui me faisait atrocement souffrir. Pendant
des mois, j’ai fait des compresses avec de l'argile verte. Je n’ai pas voulu
recevoir ni piqûre ni traitement médical. J’ai réussi à guérir ce genou. J'ai
été, il y a trois ans, dans un état de fatigue terminale.
Avec l'aide des danseuses anthroposophes, j'ai retrouvé
mes forces et plus de joie.
Je fais aussi du Chi-Kong, de la gymnastique Feldenkreis,
et des massages Chia-tsu grâce à des associations de bénévoles qui m'ont pris
en charge.
Je dois m’arrêter non parce que je dois, ou n'ai plus rien
à écrire, mais parce que mes yeux sont fatigués.
Ce soir, c'est encore férié, la fin de la Pâque est demain
soir. Donc le calme, sans bruit…
Bonne soirée et merci de ta patience.
Ychaï
J'ai d'autres prénoms que tu peux choisir et mettre des
couleurs selon les catégories et le classement de nos
courriels.
Par exemple. Roger = noir
Ychaï = bleu
Emile = vert
Haïm (les vies) = orange
Naturellement, ce n'est qu'un exemple, tu es libre de
choisir.
A bientôt
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