lundi 4 juillet 2016

19 juillet 2014 Anne

Cher Ychaï

Je n'osais pas ouvrir ma boite aux lettres…
Je suis rassurée.
Et heureuse de ta participation à cette manifestation.
Tu sais ce que je redoute le plus : les ultra orthodoxes font pleins d'enfants, un jour forcément ils seront majoritaires. Quand on voit déjà ce qui se passe maintenant, cette idée fait froid dans le dos.

J'ai bien reçu tes photos. J'aime beaucoup ce travail en cours.
Qu'appelles-tu réponse en oblique ?

Pour tes recettes, un cahier à côté de la cuisinière, et tu notes tout ce que tu fais et avec quoi, ou alors tu prends des photos des différentes étapes de la préparation, et si c'est bon, tu notes les quantités que tu dois avoir encore en tête, en regardant ce que tu n'as pas utilisé ?

Dans tous les sens, mais avec sens, c'est exactement ce que je ressens en te lisant. Dernièrement c'était plus « continu » avec les voyages, mais avant tu sautais d'une personne à l'autre en suivant un fil conducteur.
Le seul problème, qui pourrait mettre ça en ordre, à part toi, qui peut compléter encore en relisant.

Sinon avoir une aide pour tout ce qui est physique dans la peinture, et pour l'informatique, te libèrerait non seulement du temps, mais te laisserai la tête complètement libre, pour écrire et peindre.
Où trouver l'argent ?
Tu connais « Kiss Kiss Bank Bank » ? C'est un organisme qui permet de proposer un projet, faisant appel à des dons allant de 10€ à ce que tu veux. Tu fixes la somme que tu souhaites, et si elle n'est pas atteinte, tout est annulé. Ca ne peut marcher qu'avec le soutien des réseaux sociaux, d'amis qui font circuler l'info, bref il faudrait que beaucoup de personnes te soutiennent moralement et veuillent bien faire connaître ton projet et y participer.

Explique mieux « travail pour moi et contre moi », je le devine, mais ce serait bien que tu le mettes en mots, comme ton refus de la chronologie, du classement.

L'orage arrive, on va couper Internet.

A demain ami. J'ai eu très peur hier. Savoir que tu laisses mes coordonnés me rassure. C'est irrationnel mais c'est vrai.

AnneAnne


18 juillet 2014 Roger

Jérusalem le dix sept juillet deux mil quatorze à vingt deux heures quarante.

AnneAnne,
Je m’inquiète de ton inquiétude et je voudrais pouvoir te rassurer.
La vie est là et continue, et nous continuons avec.
Je ferai comme tu l'écris pour donner les coordonnées et mettre en sûreté ce qu'il y a dans ma mémoire virtuelle.
Je voulais t'écrire dés que j'ai ouvert ton dernier courriel, mais je devais aller à une manifestation pour la paix qui s'est tenue à vingt heures trente sur la place de la mairie.
J'ai fait des photos que je t'envoie sur « Shutterfly » ou par « Web Transfer ».
C'est la première manifestation de ma vie que je vis et à laquelle je participe.
Comme dit le dicton, il n'est jamais trop tard…
Ma journée a été assez agitée avec deux rendez-vous reportés qui m'ont fait perdre la matinée et mon calme.
J'ai lu ton courriel une fois, mais je devais partir. Cela m'a permis de laisser un peu d'écart avec la première émotion. Et de réfléchir. Pour te répondre, bien que je m'efforce de répondre en oblique. J'ai appris l'oblique par les cours sur l’intime de François Jullien, que j'ai entendus ce matin avec grand plaisir.
Merci pour tes offres de correction, que j’accepte avec gratitude. Mais j'attends d'être mieux organisé pour commencer à chercher le « Blog » et la manière de m'en servir.
L'autre solution qui serait la meilleure  serait de :
-Trouver une aide efficace et sachant le français pour s'occuper de mettre de l'ordre dans le désordre de mon ordinateur : écrits, photographies générales et de mes tableaux, faire fonctionner le « Blog », classer, classer…
-Trouver aussi des aides pour faire le travail technique, ce qui me laisserait plus de temps pour peindre et avancer le nouveau projet.
J'écris la description de ce que je voudrais faire pour chercher du financement car le vidéaste voudrait commencer la recherche.
Je perds de l'énergie et de la concentration quand je sens que je dois aller dans toutes les directions. J'ai tendance à abandonner l'ordre pour continuer mon chaos créatif.
Mon autre tendance (ou un défaut) est d'aller de l'avant et d'avoir du mal à corriger mes textes, mes tableaux.
Je m'aperçois, ces temps-ci, où je fais un effort pour améliorer mon alimentation, que mon inventivité me fait inventer et improviser des plats que je ne peux reproduire.
Actuellement, je cherche presque désespérément des aides.
Le vidéaste, s'étant enflammé très vite quand je lui ai expliqué le nouveau projet, voudrait que je finisse la fresque dans un mois en prenant cinq aides. J'ai apprécié son conseil, mais je lui ai opposé le problème financier.
En exposant ma nouvelle conception de la fresque, j'ai enthousiasmé les personnes à qui j'en ai parlé. Il faudrait garder les bonnes énergies et les espoirs.
Quelque part, dans quelque moment, le rêve se concrétise, devient réel, et le réel se transforme en rêve.
Comme pour les fils que nous tissons et comme ma façon d'écrire qui semble aller dans tous les sens mais avec sens, je comprends aussi à travers le « high » de ce projet que c'est toujours une même idée que je poursuis ou qui me poursuit.
La réunion des fils. Tous les fils : fil de l'amitié, fil de l'amour, de l'art, de l'éthique, de la rencontre, etc. Le refus de la séparation, le besoin que tout soit en harmonie.
J'ai l'impression que ces émotions ont conduit toute ma vie et continuent de me porter.
Le refus du classement et du catalogue et même de la chronologie.
 Ce que je continue à faire, classer les photos et les agendas, est un travail pour moi et contre moi.


Les photos de la manifestation, avec quelques autres photos, pourront peut-être diminuer ton inquiétude ou, à travers ce que j'ai vu et choisi en photographiant, lire le message. Vivre ici est autre chose que ce que l’imagination des médias donne.
La vie ici est un tourbillon qui nous jette à terre et nous force à nous relever avec toutes les erreurs et les horreurs.
Quand je suis en France, j'ai l'impression de naviguer sur un lac tranquille. De retour ici, je me sens être sur une barque parmi les éléments déchaînés, vagues, pluies, bourrasques, les voiles que se déchirent.
Cette grande différence accentue le malentendu, l'absence de compréhension, l'impression de ne pas vivre dans le même temps.
Et pourtant, quand tu verras les photos des participants de cette manifestation pour la paix, le cessez le feu et le dialogue, tu sauras qu'il y a des points de rencontre et aussi ici une force pour changer la situation.
Comme tu écris : quelle connerie.
Je dois garder mon calme et mes repères pour vivre dans ces tempêtes et ma propre tempête.
AnneAnne,
Surtout, porte-toi bien, le mieux que tu puisses, et que tu te souhaite, et sans inquiétude, s'il te plaît.
Je te lis et attends tes courriels.
Comme je te l'ai déjà suggéré, de trouver et d'essayer ce logiciel qui écrit la voix, pour économiser ton épaule et selon le désir que tu as manifesté dans ton dernier courriel.
Le désir d'écriture.
Je m'occupe des photos maintenant, il y en a beaucoup. Je ne vais pas choisir. Selon le programme qui voudra bien les accepter, je mettrai des explications.
Bonne nuit avec toute mon amitié. La vraie, celle qui brille.
Ychaï


16 juillet 2014 Roger

Après hier

Jérusalem le seize juillet deux mil quatorze à neuf heures seize, heure israélienne.

A Sainte Anne,
AnneAnne,
J'avais sérieusement pensé à pouvoir me réveiller pour t'écrire, au milieu de la nuit, mais, même m'étant réveillé vers deux heures, j'étais dans un état de « zombie » et je suis retourné dans mon lit jusqu'à six heures vingt.
La journée d'hier avait bien commencé avec un massage Shiatsu Thaïlandais, offert par le centre Yuri Stern, qui m'appelle quand il y a des défections.
La soignante, jeune, adorable, belle avec des yeux bleues si clairs que je m’y suis perdu, Sharar (aube), était d'une efficacité redoutable en appuyant sur les points douloureux de mes épaules. J'ai ainsi pu constater que non seulement l'épaule gauche avait des problèmes, mais aussi l'épaule droite. Cela m'a permis de changer mon diagnostic sur ce que je pensais être comme maladie.
Je suis sorti à regret des mains de Sharar, mon corps ayant été illuminé et transformé par ses yeux et ses mains.
En attendant mon soin, la nouvelle secrétaire est venue s’asseoir à côté de moi pendant que j’étais en train de séduire Ady, une jeune fille bénévole qui s'occupe du standard téléphonique et de distribuer les rendez-vous, pour qu'elle ne m'oublie pas.
Ayala était la nouvelle secrétaire qui a remplacé Gali, que j'avais réussi à inviter au Souk, « Mahané Yeouda », pour un « fish and chips », il y a quelques mois. Ayala, une très belle femme brune, me parla de sa fatigue et de ses occupations, de l'examen qu'elle venait de passer, de ses enfants. Malheureusement, Sharar (l'aube) est venue me chercher pour me traiter et je me suis trouvé déchiré entre l'envie de rester avec Ayala et le désir d'être soigné par Sharar. Très souvent, quand je suis appelé, je ne sais quelle soignante ou soignant me traitera, ni avec quelle médecine alternative.
Je suis étonné de ce que je vais découvrir en allant au centre, par exemple les yeux si bleues de l'aube (Sharar) et ses mains qui ont ressuscité mon corps.
Je suis sorti du centre pour aller au studio avec une force et une joie étonnante.
J'attendrai avec patience la suite des confidences d’Ayala, que j’apprécie et qui peint aussi des beaux tableaux originaux sur soie. 
Je n'ose pas leur demander de les prendre en photo pour que tu voies des visages sur tous les noms qui égrènent mes courriels.
Après ma station au studio où j'ai manipulé et collé des morceaux de papier sur mes draps et toiles de jute, pour essayer différentes sortes de colle et tester la résistance des toiles que j'utiliserai, au lieu des panneaux de bois, je suis parti pour prendre l'autobus à la station centrale.
J'ai voyagé sans m'en rendre compte et sans regarder le paysage. J’essayais plutôt de dormir. L’arrivée à Tel-Aviv est toujours surprenante, surtout après des mois d'absence.
Cette ville change très vite, s'agrandit, avec ses très hauts buildings.
L'angoisse me prenant, j'ai pris un taxi. Je suis tombé sur un chauffeur de taxi religieux qui n'a pas arrêté de parler de la Bible. Ses dents de devant n'existaient pas et ses lèvres reposaient directement sur son menton. Il a réussi à me déposer devant la cinémathèque en me bénissant après avoir demander mon nom et décliné le sien : Moshé (Moïse).
J'étais en avance, j'avais un peu faim, j'ai cherché un café ou un restaurant pour prendre des forces avant le film dont j'ai enfin appris le nom : « l'Opération ».
Je n'ai pas aimé ce quartier où n'y avait pas de cafés accueillants. Je suis entré par désespoir dans un restaurant dont l'intérieur me semblait plus hospitalier, mais j'avais fait une erreur. Je me suis assis, une jeune femme est venue m'apporter le menu, je me suis aperçu que la tendance de ce restaurant était « nourriture du terroir ». Je ne pouvais manger aucun des plats qui m'étaient proposés par le menu. Ayant honte de partir sans avoir consommé, j'ai commandé un plat de légumes qui consistait en du riz blanc, des petits pois avec des morceaux de carotte, et du chou rouge bouilli. J'ai mangé hâtivement en regrettant d'avoir choisi ce restaurant. J'ai erré dans toutes les rues avoisinantes de la cinémathèque pour trouver un café agréable. Je n'en ai trouvé aucun. Ayant vu que la cinémathèque avait ouvert ses portes, j'y suis entré, puis je suis allé à la cafétéria. Pendant que je commandais un « Expresso » et un gâteau au chocolat belge pour me remonter le moral, le metteur en scène Dan Wolman est passé et nous nous sommes salués.
J'ai attendu en dégustant le gâteau sous un climatiseur qui m'a bercé et refroidi.
Le film était intéressant, très bien monté, sans perte de vitesse. J'ai enfin compris l'histoire que Dan voulait raconter. A la fin du film, l'ami persan, Iossi Urshalmi, qui était assis à côté, m'a tapé sur le genou pour manifester son admiration pour mon jeu filmique.
A la sortie, plusieurs personnes m'ont félicité. Une vieille actrice qui avait aussi participé dans ce film, jouant une femme aimant tellement les chats qu'elle avait loué un grand hangar dans les environs, je ne sais plus où, pour héberger et nourrir, la centaine de chat qu'elle avait ramassée, a voulu me féliciter. Croyant que je ne parlais pas l’hébreu, car dans le film je ne parle pas l’hébreu, elle m'a interpellé en anglais.
Je raconterai plus tard l'histoire que le film propose.
Je dois me préparer à un rendez-vous avec Tamar, ma musico thérapeute, qui veut me parler et me dire au revoir. Je n'avais pas participé aux séances depuis quelques temps car je trouvais que nous ne faisions pas assez de musique.
AnneAnne,
J'ai relu ton courriel. Je vais le lire encore. Mais en attendant je te souhaite une bonne journée.
Mon épaule me fait moins mal après les soins de Sharar, l'aube ou le crépuscule, je confonds toujours. Et la persistance de ses yeux si bleus et clairs, des yeux que je n'ai jamais rencontrés de toute ma vie.
Une bonne journée pour toi, sans douleurs.
À tout à l'heure avec toute mon amitié.
Ychaï


15 juillet 2015 Roger 2

Peut-être le récit de la fuite de l'hôpital.

Jérusalem le quatorze juillet deux mil quatorze à onze heures dix.

AnneAnne,
Sainte Anne de Marseille,
Chère Anne Dupont.

Quelle joie devant cette avalanche de courriels et de nouveaux noms, de découvertes.
Marseille, le Mucem, le vieux port avec « Häagen Dazs », sur le même trottoir, plus loin, un restaurant où j'ai dégusté un aïoli avec mon cousin André. Je n'en avais pas mangé depuis cinquante ans.
Mes promenades sur ce même quai jusqu'au musée. 
Toutes les fois que je me trouvais dans cette ville, j'ai pris des photos dont une a reçu un prix et l'honneur d'être publiée dans un journal de Marseille. Mais comme je ne savais pas transformer le « jpeg » en « tiff », ce journal n'a pas publié ma très belle photo.
Beaucoup d'errances, un « mantecao » hors de prix dans un magasin refait à l'ancienne.
L'errance dans ces beaux quartiers près de la basilique en haut de la montagne.
La gare Saint Charles, où j'arrive et d'où je pars, où je prends l'autocar pour Saint Maime, après Manosque, Volx, tourner à gauche sur la petite route, continuer jusqu'à la cité ouvrière, à droite et monter la côte jusqu'au village.
Mes amis les Chemirani habitent une vieille maison juste au-dessous de l'église protégée et classée du douzième siècle. Sur la place, qui sert de parking, il y a la nouvelle église.
La fuite.
Après que l’on m’ait recousu l’arcade et le dessous de mon œil droit, j'ai été conduit dans une chambre dans laquelle Serge me gardait. Nous avions peur. Il entrait et sortait car il devait me surveiller, ainsi que la moto qui était dehors. Nous avons décidé de nous enfuir à la tombée de la nuit de cet hôpital, qui, je ne sais pourquoi, ne nous inspirait pas confiance.
La nuit étant tombé, nos affaires rangées, nous avons poussé la moto, qui était devenu inutilisable, jusqu'à la gare.
J'avais l'intention de mettre la moto sur le train et nous avec, pour arriver à Istanbul et prendre un bateau pour Marseille. Nous avions de moins en moins d'argent et nous avons du lutter littéralement pour nous faire accepter dans ce train, ne voulant pas accepter les prix exorbitants qui était demandé. La moto ayant été rangé avec les chèvres, nous avons du nous faire une place avec les pieds et les mains dans un compartiment bondé.
Je ne me souviens plus de notre arrivée, ni comment nous nous sommes embarqués sur un bateau. Grec ou Turc ?
Pour survivre et manger, je racontais des histoires et les passagers nous apportaient de la nourriture. Il y avait plus de quantités de nourriture que ce que nous pouvions avaler. J'ai pu faire profiter d'autres passagers qui étaient comme nous, dans un état de dénuement alimentaire.
J'ai du raconter beaucoup d'histoires, et je ne me souviens plus dans quelles langues.
Arrivés à Marseille, je suis allé visiter ma famille pour emprunter de l'argent pour que Serge puisse prendre le train pour Paris. J'ai attendu que la moto soit réparée pour reprendre la route quelques jours après.
Je ne pense pas avoir revu Serge, mais j'ai su que ce voyage lui avait donné l'envie de retrouver ses racines (et de me fuir, le voyage ayant été très éprouvant pour lui).
Les dernières nouvelles qui datent d’il y a plus de quarante ans, étaient qu'il faisait partie d'un groupe de Reggae.
Je t'ai envoyé sa photo.
Le récit de ce voyage persan se termine. J'aurais pu raconter et me souvenir de plus de détails, de sentiments et d'étonnements.

Les photos de Persépolis ont été faites par Malie qui est une bonne photographe.

Je voudrais te raconter l'histoire de ma relation avec Malie.

Chère Sainte AnneAnne Coulomb Dupont de Marseille par Yahoo.
Une bonne nuit de repos et de rêves avec mon amitié en nuage (cloud).
Ychaï, Casqueta...

15 juillet 2014 Roger

Sainte AnneAnne,

Retour de Tel-Aviv.
Une alerte quand je cherchais l'autobus pour rentrer à Jérusalem.
Je me suis réfugié sous des arcades qui m'ont fait retourner sous les arcades de la rue d'Arzew et me tenir à côté du glacier espagnol. Une femme en casque sur sa moto m'a regardé. Je l'ai regardée et je lui ai montré le ciel. J'ai pensé à ma petite voisine blonde.
L'alarme a cessé et il y eu plusieurs « boums ».
Un chauffeur de camion « Coca Cola » s'était allongé par terre, à plat ventre, les mains sur sa tête.
Je ne peux qu’essayer de te décrire l'ambiance, la surface.

Trop ému par la première lecture de ton courriel long, riche et proche.
J'hésite à te raconter ma journée. Je veux me reposer pour te lire mot à mot, lettre à lettre.
Etre heureux de ton envie nouvelle d'écrire. Oui, oui, oui…
Je n'arrive pas en ce moment à me lever au milieu de la nuit pour t'écrire!
Je suis touché de la confiance que tu me témoignes.
Pour Daniel, le témoignage est une des plus grandes valeurs.
Je lirai encore ton courriel, pour sentir, non pour savoir, pas savoir mais voir avec le coeur.
Lire avec le coeur.
Je vais m'allonger et penser pouvoir me réveiller plus tard, me lever et t'écrire. Un voyage et le récit de journée.

Sainte,

Il est vingt deux heures vingt cinq ici. Pas d'alarme et même si il y en a, je ne descendrai pas dans les escaliers.
Les photos des épices du balcon pour demain.
J'avais emporté mon appareil de photo pour faire des photos du film et j'ai oublié.
Comme je dois encore voir le film, je n'oublierai pas.

Ychaï


14 juillet 2014

AnneAnne,

Est-ce toi Sainte Anne Marseille? 
Et que dois-je faire?
As-tu passé une bonne journée?
J'ai oublié d'ajouter dans ma recette de l'omelette qu'il faut deux cuillères à soupe de « Tahini » (crème de sésame).
Grandes amitiés pour accompagner ta soirée.

Ychaï


  

13 juillet 2014 Roger

AnneAnne

J'ai oublié de te raconter le plat que j'ai improvisé à dix sept heures.
Je suis rentré vers dix sept heures, ayant très faim et n'ayant pas pu acheter quelque chose.
Je me suis remémoré ce qu'il y avait comme provisions.

Voici ma nouvelle recette:

Trois oeufs parfaitement organiques qui, quand on les casse, le jaune nous aveugle et le blanc (encore ce blanc) nous angélise. On croirait voir la poule qui court dans un champ.
Je les ai cassés dans le récipient de ma machine qui broie et tourne, 
J'ai ajouté des différentes feuilles de mon jardin sur le balcon dont je ne connais pas les noms, versé du lait organique de riz organique, de l'eau, un peu trop, du coriandre, du curcuma, de l'origan, de l'ail en poudre, du sel de Guérande, du persil séché  en poudre, du gingembre en poudre, des petites graines de Nigel, puis fait tourner la machine.
Après avoir obtenu le mélange, (je n'ai pas fait assez tourner), j'ai versé dans une poêle qui ne fait pas coller les aliments. Je l'avais chauffée préalablement. J'ai ajouté pendant que l'omelette cuisait des graines de Chia et de fleurs du soleil.
Comme la cuisson prenait trop de temps à cause du surplus d'eau qui surnageait, j'ai placé la poêle dans le four. 
Il en est sorti un plat odorant et beau, que j"ai servi sur ma petite table carrée. Depuis quelque temps j'essaye de me considérer comme un roi pour mon repas, le docteur Lipot m'ayant appris à manger lentement et à considérer les aliments que je mange, à les admirer, à les goûter.
Ce fut un repas merveilleux et très bon, ayant, moi-même, été vraiment étonné.
Je ferai des photos des herbes dont je me suis servi et tu pourras les reconnaître.

AnneAnne,

 Bonne nuit, bonne nuit,
Bon repos, bon repos. bon, bon , bon,,.......!

Ychaï