jeudi 1 septembre 2016

20 novembre 2014 Roger 1

Jérusalem le vingt novembre deux mil quatorze à seize heures cinquante.

Les livraisons de petits pains.
Suite du fil de mes petits boulots alimentaires.
AnneAnne,
Je reprends mon courriel, essayant de compléter la liste de mes engagements dans le monde du travail.
Je m’aperçois, petit à petit, les souvenirs remontants, que j’ai eu énormément de petits boulots.
J'ai été engagé par Julien, le mari de Paula, sœur de Dadou, gérant d'une boulangerie, pour livrer des petits pains. Ce travail consistait à livrer des petits pains pour les restaurants de Paris et les grandes surfaces (genre « Mammouth »). Je devais commencer les livraisons à cinq heures du matin selon un ordre précis. J'étais seul à conduire une camionnette dont l'arrière était rempli de sacs en papier. Chaque sac contenait le nombre de petits pains correspondant aux commandes. Je garais la camionnette presque devant les endroits concernés et prestement je prenais un sac dans chaque bras. Les sacs étaient ouverts car les petits pains étaient sortis du four juste avant mon départ de la boulangerie.
Selon les quantités commandées, il me fallait parfois faire plusieurs allers-retours, de la camionnette vers les cuisines ou les réceptions de ces restaurants. Il fallait faire vite et prêter attention à ne pas renverser les petits pains.
J’étais obligé de retourner plusieurs fois à la boulangerie pour charger d’autres petits pains. Ma première tournée finissait avant midi, je reprenais les tournées à partir de quinze heures, les restaurants devant recevoir leurs petits pains pour le dîner et le souper.
J'ai du presque faillir à cette mission de pourvoyeur de petits pains. Un jour de pluie, j'ai perdu pendant une seconde le contrôle de la camionnette, la chaussée étant devenue glissante à cause de la pluie. Je me trouvais sur le carrefour qui rejoint les galeries Lafayette à l’Opéra. Il y avait énormément de voitures circulant dans tous les sens.
J'ai eu très peur, mais j'avais réussi à éviter un carambolage.
Je n'ai pas été renvoyé de cette place que j'avais occupée pendant un mois. J'avais remplacé Macona, le frère de Julien et ami de Dadou.
Depuis que je réside en Israël, à chacun de mes voyages à Paris, je rencontre Dadou vers midi au café « Saint Claude » qui se trouve à l'angle du boulevard Beaumarchais et de la rue du Pont-aux-Choux.
J'ai habité au numéro sept de cette rue dans les années mil neuf cent soixante quinze. Lina, la troisième sœur de Dadou, habitait au numéro vingt deux.
Dadou avait trois sœurs, Paula, Janine et Lina.
Nous avons beaucoup ri dans ce café « Saint Claude ».
Macona avait une façon merveilleuse de raconter ce qu’il avait vécu.
Dadou savait faire rebondir la parole de Macona. Une complicité qui aboutissait à des rires et sourires.
AnneAnne,
Je reprendrai ce fil.
Dans l'attente, je t'envoie un sourire amical, plutôt un sac de sourires.
Yves.
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