Jérusalem le vingt
sept novembre deux mil quatorze à cinq heures trente.
AnneAnne
J'ai enfin pris
rendez-vous chez le médecin, m'étant enfin décidé en constatant que je devenais
dangereux pour moi.
Je n'ai pas encore
reçu de réponse du vidéaste I. J'ai donc, depuis hier, pris la décision
d'essayer de lui parler pour ne pas rester dans le flou.
J'ai commencé à
rechercher mes curriculum vitae en vue de cette éventuelle exposition.
Je ne retrouve plus
beaucoup de documents et de photos.
J'ai du les effacer.
Mes difficultés de
classement et de manipulation d'ordinateur.
J'écris mes
dernières nouvelles en essayant de me rappeler ce que j'avais écrit hier avec
ma tablette pour continuer mon histoire.
J'en étais au
« videur d'acide »
J'ai habité rue
Pavée, métro Saint Paul, dans l'immeuble adjacent à une synagogue construite
par un architecte très connu, Guiomar.
La chambre se
trouvait sous les toits, dans les soupentes, petite, sans eau.
Il y avait un petit
robinet d’eau à l'étage au-dessous. Cette chambre devait se trouver au septième
étage.
J'avais rencontré
un couple d'espagnols qui a emménagé dans une partie restante du toit. Ces
soupentes étaient des endroits séparés par des cloisons de bois. Elles
servaient de rangements pour les locataires. Nous les avions arrangées dans le
but de les rendre habitables.
Dadou, à cette
époque, avait un atelier au premier étage, dans l'aile gauche de cet ancien
hôtel, qui avait été l'habitation de Madame de Maintenon.
Il avait aussi
repris le rez-de-chaussée, au-dessous de cet atelier. Un artisan y avait
installé des cuves d’acide, pour y tremper des fourchettes, des couteaux et
tous objets qu’il était possible d'embellir. Ils ressemblaient après ce bain à
des objets d'argent ou d'or.
Nous devions remettre
à neuf cet endroit pour que l'équipe de Dadou puisse y travailler.
Les espagnols et
moi étions assez ignorants des effets de l'acide. Nous devions vider ces cuves.
Nous avions donc décidé que ces cuves remplies d'eau très chargée en acide ne
présentaient pas de danger, si nous les vidions dans un trou dans la cour de
l'immeuble. Un trou qui devait rejoindre les égouts parisiens. Nous avions,
comme des enfants, rempli des seaux avec cette eau chargée d’acide. Nous étions
inconscients des conséquences dangereuses que cet acide pouvait avoir pour les
éboueurs.
Après avoir fini ce
vidage, nous avons été mis au courant du danger que notre action aurait pu
avoir.
Les cuves étaient
vidées, nous avons pu continuer notre travail. J’ai depuis ce temps – là un
grand sentiment de culpabilité, en imaginant les brûlures que nous aurions pu
occasionner aux égoutiers.
Je termine ce récit
sans ajouter trop de détails.
Je rêve d'avoir le
temps, le courage et la patience de reprendre toutes ces écritures pour les
corriger et les améliorer.
AnneAnne,
Mes pensées, mes
souhaits de bonne santé avec mon affection.
Ychaï
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