jeudi 1 septembre 2016

27 novembre 2014 Roger

Jérusalem le vingt sept novembre deux mil quatorze à cinq heures trente.
AnneAnne
J'ai enfin pris rendez-vous chez le médecin, m'étant enfin décidé en constatant que je devenais dangereux pour moi.
Je n'ai pas encore reçu de réponse du vidéaste I. J'ai donc, depuis hier, pris la décision d'essayer de lui parler pour ne pas rester dans le flou.
J'ai commencé à rechercher mes curriculum vitae en vue de cette éventuelle exposition.
Je ne retrouve plus beaucoup de documents et de photos.
J'ai du les effacer.
Mes difficultés de classement et de manipulation d'ordinateur.
J'écris mes dernières nouvelles en essayant de me rappeler ce que j'avais écrit hier avec ma tablette pour continuer mon histoire.

J'en étais au « videur d'acide »
J'ai habité rue Pavée, métro Saint Paul, dans l'immeuble adjacent à une synagogue construite par un architecte très connu, Guiomar.
La chambre se trouvait sous les toits, dans les soupentes, petite, sans eau.
Il y avait un petit robinet d’eau à l'étage au-dessous. Cette chambre devait se trouver au septième étage.
J'avais rencontré un couple d'espagnols qui a emménagé dans une partie restante du toit. Ces soupentes étaient des endroits séparés par des cloisons de bois. Elles servaient de rangements pour les locataires. Nous les avions arrangées dans le but de les rendre habitables.
Dadou, à cette époque, avait un atelier au premier étage, dans l'aile gauche de cet ancien hôtel, qui avait été l'habitation de Madame de Maintenon.
Il avait aussi repris le rez-de-chaussée, au-dessous de cet atelier. Un artisan y avait installé des cuves d’acide, pour y tremper des fourchettes, des couteaux et tous objets qu’il était possible d'embellir. Ils ressemblaient après ce bain à des objets d'argent ou d'or.
Nous devions remettre à neuf cet endroit pour que l'équipe de Dadou puisse y travailler.
Les espagnols et moi étions assez ignorants des effets de l'acide. Nous devions vider ces cuves. Nous avions donc décidé que ces cuves remplies d'eau très chargée en acide ne présentaient pas de danger, si nous les vidions dans un trou dans la cour de l'immeuble. Un trou qui devait rejoindre les égouts parisiens. Nous avions, comme des enfants, rempli des seaux avec cette eau chargée d’acide. Nous étions inconscients des conséquences dangereuses que cet acide pouvait avoir pour les éboueurs.
Après avoir fini ce vidage, nous avons été mis au courant du danger que notre action aurait pu avoir.
Les cuves étaient vidées, nous avons pu continuer notre travail. J’ai depuis ce temps – là un grand sentiment de culpabilité, en imaginant les brûlures que nous aurions pu occasionner aux égoutiers.
Je termine ce récit sans ajouter trop de détails.
Je rêve d'avoir le temps, le courage et la patience de reprendre toutes ces écritures pour les corriger et les améliorer.
AnneAnne,
Mes pensées, mes souhaits de bonne santé avec mon affection.
Ychaï
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