mardi 2 août 2016

3 octobre 2014 Anne

Cher Ychaï

Peut-être vas-tu te connecter pendant ton absence. Te savoir en France me semble irréel. Tu me sembles irréel tout court tant ta vie est passionnante et pleine de rebondissements qui me surprennent toujours.
Je devrais faire la liste de nos points de ressemblance, mais écrire sur moi n'est pas mon truc en ce moment
J'ai aussi été une grande nageuse, à certains moments 1 km par jour, moi aussi autodidacte. J'ai mis un an à apprendre le crawl seule. Si je faisais très bien les bras et la respiration, mon jeu de jambes était nul. Une fois, lors d'un voyage incognito dans la ville où vécut ma grand-mère, je me suis inscrite à un concours de natation. Pas la vitesse mais la distance. Je suis partie pour le Km en crawl, ce que je n'avais jamais fait, alternant d'habitude avec brasse coulée ou dos crawlé. Il ne fallait pas faire de pause. Quelqu'un comptait les longueurs. J'ai cru finir sur les genoux, mais j'y suis arrivée. Il y avait de la musique, « Souvenirs, souvenirs », de Johnny Hallyday. C'était bien vu. Je n'étais jamais revenue depuis plus de 20 ans, c'était mon premier voyage solitaire, moitié Millau, moitié Marseille. Si tu as le temps vas au Corbusier, c'est là que j'ai vécu, d'abord au 138, puis au 240.
A Millau je campais, j'avais une tente géniale, vieille et lourde mais qui s'ouvrait comme un parapluie, montée en 30 secondes. C'était grand, j'adorais ça. J'étais à Millau Plage, ça avait à peine changé depuis le temps où l'on venait se baigner au bord du Tarn. J'ai passé mon temps à écrire. Un carnet pour le présent, un autre pour tout ce qui revenait en mémoire.
Donc pour ce concours, je m’étais inscrite sous un faux nom, imagine que les résultats paraissent dans le « Midi Libre » !
J'avais de la famille, que j'ai revue plus tard avec délice. Ma tante, son mari et moi formions une vraie bande de complices. Je n'aimais pas mes cousins qui avaient mon âge. Ils m'ennuyaient, le passé ne les intéressait pas. Nous trois menions l'enquête. C'est comme ça que j'ai rencontré Simone qui vivait dans une ville de moyenne importance où avait vécu toute la branche maternelle de ma grand-mère. Deux curés, et tout un mélange de classe sociale. Mon père et ses frères et sœurs y avaient passé toutes leurs vacances. Simone était la fille d'un cousin germain de ma grand-mère. On s'est tout de suite plu. Elle disait en roulant les « r » : « un véritable coup de foudre! ». Je suis revenue la voir seule depuis Toulouse, prise dans une tempête de neige en haut d'un col, ne sachant pas de quel côté j'allais redescendre. Finalement j'ai continué à 20 à l'heure et quand elle m'a vu arriver, elle a gravé de moi une image avec une écharpe que je n'avais pas ! Ensuite elle m'a surnommé son perce-neige. Je ne suis pas restée longtemps, à cause de l'état des routes. Je l'ai revue une autre fois avec une de ses cousines que j'ai détestée tout de suite, puis une autre fois à une réunion de famille où nous nous sommes avouées toutes les deux qu'on était venues uniquement avec l'espoir de se voir.
Puis je suis tombée malade. Fini les voyages. Mais on se téléphone. Elle a 94 ans. On se marre comme des bossues, comme si on était amies d'enfance.
Donc j'étais là incognito et je m'inscris avec le nom d'une collègue de travail. Celui qui remplit les diplômes veut marquer « nage libre », non, moi je veux crawl. Et puis on m'appelle pour récupérer le papier, une fois, deux fois avant que je réalise que c'était moi. Comme une idiote je lui ai donné le diplôme puisqu'il y avait son nom, on s'est fâchées, et je regrette bien de ne pas l'avoir.
Tu m'as eue, je n'avais pas l'intention d'écrire.
Et la trottinette comme sport, là j'ai éclaté de rire !
Je t'embrasse
AnneAnne


J'allais dire de saluer la France pour moi, comme si ce n'était pas là que j'habitais ! Ha ! Ha !
Tu chercheras sur une carte, je suis à Saint Michel de Vax, nord ouest du département du Tarn. Attends, je cherche une carte.
- Les deux villes surlignées en jaune, je suis à 5km de Vaour et à 9 de St Antonin. Combien de fois j'ai raté l'embranchement et je suis allée jusqu'à St Antonin ? Je n'ai pas compté.
- En rose c'est une partie de l'itinéraire. Il manque la partie Toulouse Rabastens.
- Encadré de bleu, Monestiès, où est née ma grand-mère.
- Lacaune où vit Simone.
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3 octobre 2014 Roger

Jérusalem le trois octobre deux mil quatorze, numéro vingt neuf, à quatre heures trente.

La trottinette dans le chapitre des sports.

AnneAnne,
Toujours t'imaginer dans ton rôle de garde malade pour ne pas m’inquiéter et penser que tu vas bien !
Hier, je suis descendu à Tel Aviv, la Montagne du Printemps, pour assister à un concert où était jouée une œuvre de Steve, un ami musicien avec qui j'ai joué depuis mon arrivée ici, jusqu'en mil neuf cent quatre vingt dix huit.
Comme je n'ai pas voyagé depuis longtemps de ce côté du pays, j'ai été tellement étonné de tous les changements que je n'arrivais pas à croire être dans le même pays.

Vélo et trottinette.

Je ne me souviens pas avoir reçu comme cadeau d'enfance ces moyens de communication. Je ne peux donc les inclure dans la liste des sports, si ce n'est à titre négatif.
La natation était l’un de mes sports favoris. Je n'ai pas eu besoin de professeur. Je suis un autodidacte aussi dans ce domaine. J'ai donc créé mon propre style qui n'est pas convaincant du point de vue professionnel, mais qui a été pour moi une source de joie et de libération. L'eau de la mer m'attirait comme un poisson. J’avais du mal à revenir à la terre. J'ai tenté des expériences de piscine, mais je n'ai jamais ressenti la même joie.
Il y a douze ans, n'ayant pas de commodités au studio, j'avais pris un abonnement à la piscine municipale. Elle se trouve à vingt minutes de marche du studio, dans l’une de mes rues préférées, la « Vallée des Fantômes », qui fait partie de mon circuit de marche. Départ de mon appartement en prenant le boulevard de la « Maison du Pain », tout droit, pendant une dizaine de minutes, je tourne à gauche dans l’une des petites rues portant chacune un nom de tribu (Simon, etc…). Je traverse les rails du chemin de fer qui conduisent à la vielle gare de Jérusalem, désaffectée depuis longtemps. Ces rails et la gare ont été réhabilités. Cela donne maintenant une nouvelle vie à la ville. La gare est devenue un lieu de vie, de cafés… Les rails sont devenus une promenade pour les piétons, les coureurs, les chiens et les vélos. J'arrive par ce chemin à la « Vallée des Fantômes », une artère très animée et fréquentée.
La route du studio pour aller à la piscine suit les rails du chemin de fer, transformés en promenade.
Cette piscine, très fréquentée, me permettait de respecter mon hygiène et le respect de moi-même. Malgré mon aversion pour les odeurs de javel, l'odeur d'humidité des douches et la promiscuité des hommes de toutes tailles et grosseurs, j'ai supporté, pendant plus de deux ans, ces lieux. J'ai pu me délier de cette obligation quand j'ai intégré cet appartement au bout du boulevard de la « Maison du Pain ».
Cet appartement assez agréable se trouve dans un ensemble d'immeubles de trois étages, style HLM, pour les prolétaires, construits dans les années cinquante, dans un quartier industriel.
Ces explications me permettent d'inclure dans cette liste, la marche que je pratique beaucoup pour affermir mon cœur.
A mon arrivée à Strasbourg en mil neuf cent cinquante six, j'ai été recruté contre mon gré dans une équipe de football. Nous devions être à six heures du matin sur le terrain pour l’entraînement. J'ai souffert, de ces levers à l'aube, pour arriver sur la terre boueuse du terrain.
Mon père avait essayé en Algérie de n’emmener assister à un match. Je n'avais rien compris aux règles de ce jeu. Je m’ennuyai atrocement.
Je ne pense pas avoir souffert longtemps en tant que joueur apprenti, l’entraîneur ayant senti très vite mes incapacités et mon dégoût du « Viandox » que l'on nous forçait à boire pendant les pauses. Je souffrais du temps, du froid, du gris, de la solitude dans cette équipe.
Mon apprentissage du jeu de football s'est terminé très vite, me laissant libre pour mes rêves de musicien.
Arrivé à Paris, je n'ai rien pratiqué comme sport, l'épuisement de la marche dans les couloirs du métro me semblait suffisant.
Des années sont passées sans pratique ni idée de sport. J'ai commencé les arts martiaux à mon mariage, mon ex-femme m'ayant forcé à faire du Tai-chi. J'ai beaucoup aimé cet art lent et très esthétique.
Je chercherai dans ma mémoire, si j'ai pratiqué d'autres sports.

AnneAnne,

Il est cinq heures, les yeux me piquent, j'ai froid, je vais me recoucher.
Je voyagerai dimanche prochain le douze octobre pour atterrir à Marseille, un ou deux jours pour mes cousines, quelques jours, quatre au maximum, de bonheur avec mes amis les Chem's à Saint-Maine, départ pour Paris, TGV de Marseille. Mon retour est prévu pour le huit novembre à partir de Marseille.
Je pense à toi, en très bonne forme et énergie.
Je t'envoie des amitiés chaudes, pleines de souhaits, de sourires, de clarté.

Ychaï.
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2 octobre 2014 Roger

Jérusalem le deux octobre deux mil quatorze à onze heures trente cinq.

Numéro vingt huit du deux octobre deux mil quatorze.

Les sports.

AnneAnne,

Un peu de tristesse m'a empêché d'écrire hier. Conséquences de mes hauts et bas.

Mes parents, croyant canaliser mon surplus d'énergie, m'avaient fait participer à un club d'athlétisme. Il est vrai que très jeune vers les dix ans, je croyais être Tarzan quelquefois, prenant les toits des immeubles de la rue Pélissier pour une jungle africaine.
J'étais tenté aussi par l'acrobatie du cirque. Dans la continuation de ce rêve, je pratiquais cette science en me suspendant à la barre de fer des stores nous protégeant du soleil. Je faisais ces exercices de haute voltige en escaladant la barrière du balcon et en me suspendant au dessus du vide du quatrième étage, paralysant ainsi la rue principale et l'école de filles qui se trouvait en face. Mes parents sortaient du magasin, constatant leur impuissance.
J'ai suivi les cours de ce club, malgré mon dégoût de l'odeur de la transpiration de tous ces athlètes. On a essayé de m'éduquer sur l’apprentissage du trapèze et des anneaux. J'avais déjà une grande expérience de la voltige. Je déployais une résistance à toutes formes de contraintes.
J'ai continué ces exploits jusqu'à mon internement dans une clinique où j'ai reçu des traitements durs pour l'enfant innocent que j’ai toujours été.

Il va sans dire que le club n'a pas pu me supporter longtemps et m'a signifié mon congé.
Je l'ai quitté sans regret et avec un soulagement réel car je n'en pouvais plus des odeurs de vestiaire et des conversations d'athlète.
Je ne me rappelle plus si l'on m'a forcé à pratiquer d'autres sports dans cette période algérienne.
Mais, me prenant pour James Dean, influencé par son amour de la vitesse, je volais la voiture « Simca Versailles » de mes parents. Elle était stationnée dans la rue. Je la démarrais avec une lime à ongles. 
J'embarquais Daniel, mon voisin, nous partions sur le boulevard Front de Mer (c'était son vrai nom), vide. On y imitait les courses de James. 
Je m'étonne encore de n'avoir jamais été arrêté par la police.

AnneAnne,

La suite à tout à l'heure. Je pense à toi et à ton travail de garde malade.
Grandes amitiés.

·  Ychaï 
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lundi 1 août 2016

30 septembre 2014 Roger

Est-ce le numéro vingt sept du trente septembre deux mil quatorze.

Frisson Frémissement.

Jérusalem le trente septembre deux mil quatorze à sept heure vingt, repris à dix sept heure trente cinq.

AnneAnne,

Tes explications, ton soutien, me sont d’une grande aide.
Écrire combien ta proposition de faire chanter les textes m'a beaucoup plu.
Ces dernières nuits, malgré mon envie de continuer la description explicative de mon projet, ont été surtout occupées par beaucoup de sommeil.
Je règle la sonnerie du réveil à quatre heures, je me lève, je lui coupe la parole, puis je me recouche jusqu'à six heures.
Est-ce qu'un réveil peut me parler à travers sa sonnerie, me rappeler à une intention ?
Je crois pouvoir formuler des propositions dans ma tête, mais je n'en sors pas grand-chose pour l'instant. Une tête récalcitrante.
J'en suis arrivé à la conclusion, pour être clair, de ne pas vouloir écrire le tout, mais de séparer les idées et les intentions.
Le désir de dire, d'écrire tout, révèle-t-il un besoin de se sentir entier, de combler un vide, un manque ? Être un bavard ?
Le tout est impossible, cette illusion d'une possibilité de tout, me fait tomber dans le piège.
Il paraît que nous possédons cinquante mille mots dans notre vocabulaire, mais j'ai l'impression que je n'en possède pas un centième !
J'élague.
Je devrai écrire deux textes, un papier concentré sur une explication simple, compréhensive, pour espérer un résultat concret, un autre papier où j'écrirai les analyses et les chemins qui m'ont fait arriver au désir de construire ce projet.
-Une intention dirigée sur le désir d'un résultat pour avoir de l'aide extérieure sous formes de bourses, de possibilités d'expositions, etc…
-L'autre papier, celui qui m'enthousiasme, serait l'écriture de tous les fils, chemins, routes, rêves, besoins, angoisses, analyses psychologiques, qui m'ont fait arriver à vouloir mettre à jour, à enfanter ce projet. Ce que j’appelle le tout. Le tout impossible.
Les motivations conscientes ou inconscientes, les dérives, les folies, les capacités ou incapacités.
Non pas la vision de l'araignée tissant avec ordre sa toile pour un but.
Cette vision appartient déjà au collage « A Deux Mains ».
Ce serait un fil, un chemin de visage en visage, de mouvement en mouvement, le contraire de mon incohérence, de mon chaos.
Un fil d'une construction idéale où les nœuds, brisures, chutes, redressements ne seront pas visibles.
Le symbole du labyrinthe. La difficulté de l'entrée et de la sortie.
Un volcan qui déverserait et mettrai à jour le dedans, cette lave visible dans le désordre, un dehors où s’estomperait le trop de clarté.
Le respect de l'entre. Entre deux, entre le visible et l'invisible.
-La recherche à travers le parcours dans ce labyrinthe, où le visible se ferait par des transformations, des variations lentes où apparaîtrait sans violence, dans le mystère de la couleur, de la ligne, de la musique, de l'obscurité et de la lumière, un visage.
Je remarque que j'écris et promet à chaque courriel une continuation proche et immédiate, une promesse que je ne tiens pas toujours.
Serait-il possible dans ce papier pour le projet, de respecter ces conditions, ces désirs ?
Partir d'un point qui aboutit à un autre point. Une cause à un résultat. La ligne droite.
Vouloir la résolution des intentions en une unité?
Une course de chevaux (de spermatozoïdes) au départ avec un gagnant à l'arrivée ?
Ha ! Ha ! Ha ! Je m'éloigne, en même temps, je me rapproche.
Dérouler la pelote en pensant qu'il y a un commencement et une fin.
Regrouper et assembler tous les morceaux d'une ficelle d'une vie morcelée.
Faire des liens avec les petits bouts de fil.

Les ficelles.
Je passais des heures à voir mon père, défaire les nœuds des ficelles, qui attachaient les paquets qu'il recevait ou les fils de nylon de sa canne à pêche. Pèche. Pêche. Péché. Pêché. Ne pas couper.
Il ne voulait pas couper la ficelle. Ne pas jeter le lien.
J'ai hérité de ce comportement car je n'ai rien jeté. Mes archives personnelles m'ont permis de puiser des renseignements dans ces trésors, pour écrire mon journal chronologique.
Je comprends maintenant pourquoi je n'ai rien jeté, leur valeur m'a été cachée pendant des années.
Les peintures gardées, non classées, conservées, assemblées, dans le but de faire un montage comme dans un film.
Le montage mettant en valeur un tableau par rapport à un autre.
Les rendre solidaires, difficiles à vendre, sauf à de vrais collectionneurs ou à des musées.
Pourquoi me mettre des bâtons dans les roues ?
Ne jamais aller vers la facilité.
Un projet modulable, adaptable, inclassable, par le mélange de genres.

Je pourrais continuer cette investigation mais je ne veux pas continuer à t'imposer mon délire.
Ne prends pas au sérieux toutes ces explications, malgré leur lourdeur, leur confusion. Les explications sans justifications cherchent à te faire sourire et à me rendre moins confus.
Retarder, faire un pas en arrière pour mieux sauter.
Être un peintre qui va et vient, qui s'éloigne et se rapproche de son chevalet.
Dans le prochain courriel, vraie promesse, je m'efforcerai de commencer l'écriture de ce papier. L'historique du projet « Ma Mère,
 Figures et Mouvements, Entrée dans mon Labyrinthe ».
Brochure, catalogue, ou autre chose.
AnneAnne,
Une bonne journée avec une amitié attentive, affectueuse donnant l'espace et le blanc entre les lignes et les lettres.
Je sens « l'abrazo ». Être dans les bras.
Em-bras-sement, embrasement, dont les fragments étonnent.

Ychaï


29 septembre 2014 Anne

Cher Ychaï,

Me voilà à nouveau dans mon rôle de garde chiourme avec en retour de toute l'agressivité de quelqu'un dans le déni complet du problème, et du contexte d'une myopathie où une déchirure musculaire sur toute la jambe est grave. Son interprétation du repos absolu me fait grimper aux rideaux. Il croit en la magie des mots « ça va, c'est rien », et en aucun cas ne compte annuler ce qu'il a décidé de faire. J'ai pu éviter le jardinage mais c'est tout. Ma dépendance me fait culpabiliser, d'où mon silence.

Ne te tracasse pas pour les mails que tu juges ratés ou brouillons. Je ne mets pas des notes !
L'écriture passe par cette étape, ça me permet de voir où ça coince. Je n'interviendrai que sur ta demande, mais tu ne peux faire l'économie du « re travail », jusqu'à ce que (sans tenir compte du style, des fautes que je peux revoir) tu aies exprimé ce qui est important.
Ca ne concerne que ta présentation du projet, pour les listes, les souvenirs, le langage parlé est très bien. Si tu commence à réfléchir au style, tu vas perdre en spontanéité.

La règle que je m'impose pour écrire :
- Premier jet
- Elaguer pour arriver à un texte qui, indépendamment de ce que je veux dire, soit déjà rêvant, donne à voir même si, et c'est le but à atteindre, le lecteur voit autre chose, que ton travail rendra encore plus magique.
Elaguer veut dire enlever toute les formules explicatives (« alors là, il y aura », « c'est pour ça que » etc…). Je fais cet élagage plusieurs fois.
Quand il me semble que ça va, je passe à autre chose, je reviens lire l'esprit vide, comme si ce n'était pas moi qui avais écrit, souvent j'y travaille encore pour changer un mot, intervertir des phrases
- Faire des phrases courtes. Supprimer des verbes. Une phrase sans verbe si l'image est forte, est comme un choc entre les deux yeux. Dans les énumérations au lieu d'une longue phrase avec des virgules des « : ». Une phrase introductive, puis une succession de phrases sans verbes.

Un exemple, écris vite avec les pieds !

1 Hier soir, il y a eu un orage extraordinaire avec des éclairs qui jaillissaient dans tout le ciel, le tonnerre qui éclatait en rafales, et la pluie dont on voyait les trainées de gouttes traverser le paysage.

2 Soirée tranquille, silencieuse. L'orage a éclaté, inatendu ! Lever de rideau. Accrochées à un fil, trainées de pluies ondulant dans les bourrasques. Tonnerre en rafales. Eclairs zébrant le ciel de toute part. Chants et contrechants. Et le calme à nouveau…
D'un côté une description de successions d'évènements.
De l'autre un petit film où les images du lecteur remplissent les vides.

- La ponctuation peut t'aider, te donner un cadre. Supprimer : « ; » et remplacer par des points. Utiliser en fin de séquences… et une fois ! Encore faut-il le placer au bon endroit.

Ensuite, il faut que chaque phrase sonne, là c'est un travail avec le dico des synonymes, http://www.crisco.unicaen.fr/des/synonymes/avoir jusqu'à ce qu’elle chante à l'oreille.
Mais cette partie là, je veux bien m'en charger.

Chaque fois que tu sors une nouvelle liste, tu me fais sourire. Je pourrais suivre tes pistes, mais ça viendra plus tard.

Attention à la taille des polices, certaines ne supportent pas une grande taille et les lignes se chevauchent. Dans ces cas la, clique à n'importe quel endroit du texte, fait CTRL+A, diminue la taille jusqu'à ce que le problème disparaisse.

A plus tard, une poignée de mains, un « abrazo » (tu as remarqué que certaines langues ont un mot « juste », intraduisible, qui exprime exactement ce qu'il faut dire avec plusieurs mots en français).
Les latinos américains sont très physiques dans leurs contacts. « L'abrazo », c'est plus qu'une accolade, c'est quelque chose de chaleureux, on s'empoigne, on s'embrasse, on se tape dans le dos, ça peut durer longtemps, c'est l'affection à l'état pur, toujours sincère, qui dit sans mots tout ce que l'on ressent.

AnneAnne




28 septembre 2014 Roger

Un courriel entre les numéros. 
Ne rien écrire pour dire tout.
Ne rien écrire pour tout dire.

Anne Anne, 

Je suis désolé de t'avoir envoyé ce mauvais texte. J'ai retrouvé les indications que tu m'avais envoyées. Je vais essayer de le reprendre à partir de ton plan qui aidera à me sortir de l'incohérence.
J'ai aussi trouvé une idée de nouveau fil-liste.
Celle de tous les sports que j'ai pratiqués.
Un peu, beaucoup, mais surtout, ceux qui sont restés, ceux dont j'ai été expulsé, ceux que j'ai aimé, ceux que j'ai détestés (le football). Dans cette liste, j'inclus aussi les arts martiaux.

 Mais ce soir, je t'envoie mes amitiés, celles de ce soir un peu frais.

Ychaï.  


27 septembre 2014 Roger 2

AnneAnne, 

Relisant ce que j'ai écrit il y a plusieurs heures, je suis désolé de te l'avoir envoyé.
Je trouve très mauvais ce rien que j'ai appelé commencement.
Amitiés,
Je dois relire tes conseils!
Ychaï